La Pop-Pouffe d’octobre

 

 

 

C’est peu dire que le comeback de Gwen Stefani, entamé il y a plus d’un an, peine à faire des vagues. Vu les résultats de Baby Don’t Lie et Spark The Fire dans les charts, on peut même parler de cata : toujours respectée par la profession et attendue comme le messie par une horde de fans gays qui n’achètent plus de disques surmotivés, Gwen Stefani ne pâtit pas encore trop, en termes d’image, de son grand âge (46 ans) qui, il y a une petite décennie, valait déjà à une Madonna une image de cougar / mamie / vieille peau en perte de vitesse. Et pourtant, c’était l’époque de Hung Up, c’est dire si on fait à Madonna un procès en jeunisme et en coolitude qu’on ne songerait pas un instant à faire à Gwen. L’aura « lead singer de groupe de rock », peut-être…

 

 

 

Après, on ne va pas se mentir : si elle a eu du succès il y a dix ans, Gwen Stefani n’a jamais été un énorme raz-de-marée pop à l’omniprésence comparable à celle d’une Lady Gaga circa 2010 non plus. Son premier hit, What You Waiting For?, probablement le plus gros de sa carrière à ce jour (sauf à considérer Hollaback Girl) n’a d’ailleurs même pas été un énorme tube numéro 1 partout sur la planète et présent sur toutes les playlists pendant des lustres. Gwen en solo, c’est une artiste qui a su développer un univers pop léger et impertinent, sans entrer en contradiction avec son travail musical au sein de No Doubt, et qui a eu du succès dans les deux cas : un petit tour de force, mais pas non plus le phénomène de société à la Justin Timberlake auquel il était devenu impossible d’échapper. Alors la voir revenir avec un hit, en 2015 ou 2016, vendu en masse à des ados qui, sans The Voice US, ne sauraient, pour certains, même pas qui elle est, c’est pas gagné. Cela fait tout simplement trop longtemps et ses singles, qui ont globalement eu de moins en moins de succès au fur et à mesure qu’ils ont tourné en radio (What You Waiting For? > Rich Girl > Hollaback Girl > Cool > The Sweet Escape4 In The Morning… allez, on va dire que Hollaback Girl et The Sweet Escape ont été de petits rebonds) n’ont pas assez marqué le grand public pour qu’elle soit réellement attendue au tournant comme une Adele.

 

 

 

Pourtant, Used To Love You est une jolie ballade, hein. Mais elle n’a pas la puissance mélodique de ses précédentes break-up songs, Don’t Speak (si, si, ça compte), Cool ou Early Winter : c’est bien mais pas top, catchy mais pas trop, avec son intro à la James Blunt et son refrain un chouïa pas assez tire-larme. La comparaison avec le comeback d’Adele ne joue pas non plus en sa faveur. Et surtout, il y a ce clip atroce, « épuré » au possible, dont je croyais qu’il servait seulement de vidéo de fond de scène pour sa première prestation live du titre (ce qui aurait été une utilité bien suffisante pour un tel truc), et qui se retrouve finalement seul support de promo du single : 3 minutes 40 de Gwen jetant des regards tristes à la caméra, avec son acting douteux et ses lèvres pincées dont on se demande si elles ont toujours été aussi énormes. No way, comment tu veux qu’on se mate ça en boucle ? Le malaise est total, et la chanson pas assez addictive pour qu’on s’inflige ça. Dommage, donc, encore un mauvais lancement pour le comeback de Gwen, que j’aime pourtant toujours autant. On attend désormais l’album, dont on ne désespère pas qu’il arrive avant 2017.

Une réflexion au sujet de « La Pop-Pouffe d’octobre »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*