Mylène Farmer feat. Sting – Stolen Car

 

 

 

Pour rester rentable, Mylène Farmer, la superstar française qui a plein de disques de diamants même si de nos jours il suffit de vendre douze exemplaires de son album pour en avoir un, enchaîne les comebacks, au point qu’on ne peut plus vraiment dire comeback. Cela lui permet surtout d’enchaîner les tournées, le seul truc qui reste vraiment une poule aux œufs d’or dans la pop. Et si, dans les années 90, elle pouvait faire poireauter ses fans pendant presque cinq ans entre deux albums, le rythme s’est donc considérablement accéléré. Il n’y a qu’à voir : Interstellaires, prévu pour novembre, sera son dixième album studio et… son cinquième album depuis 2005. Alors qu’elle avait publié ses cinq premiers albums sur une période s’étalant de 1986 à 1999, la machine Farmer s’est donc peu à peu huilée, revenant à peu près tous les deux ans avec le combo album / tournée vendue à prix d’or (à peu près un album sur deux) qui fait d’elle l’une des plus grosses pointures du showbiz français, qu’on aime ou qu’on aime pas.

 

stolen car sting mylene farmer

 

Pour ma part, j’ai déjà largement exprimé mon impression, désagréable, que l’univers musical Farmer, tout cohérent qu’il soit, commençait à donner l’impression que sa reine-mère s’en foutait désormais assez royalement. Évidemment, ce n’est pas aussi facile à 50 balais qu’à 30 d’intéresser le jeune public et NRJ et de faire des tubes au kilomètre. Mais franchement, A l’ombre ? Oui mais Non ? Bleu Noir ? Monkey Me ? Sextonic ? La meuf pensait vraiment faire des hits à la hauteur de Désenchantée ou Les Mots avec ces machins ? Des numéros 1, oui, sans problème : comme Johnny Hallyday, Mylène Farmer draine une telle communauté d’environ 5 000 fans hardcore prêts à acheter la moindre de ses actus en deux exemplaires (un pour écouter, et un pour laisser sous plastique dans un mausolée dédié), que son record de singles numéros 1 qui retombent à la 38ème place du Top 50 en deuxième semaine n’a rien d’étonnant.

 

stolen car hotel suite

 

Mais cette fois-ci, je trouve qu’elle fait plutôt les choses bien. Enfin, je veux dire, au regard de ses derniers essais, quoi. Le clip de Stolen Car est plutôt réussi, pas trop cheap, malgré son côté soap « on glousse comme des dindes dans une berline volée » et son culte mais grotesque « tu es company director ». Au moins elle articule, on comprend à peu près ce qu’elle chante. Et le refrain est plus catchy qu’il n’y paraît à la première écoute. On est loin des catastrophes A l’Ombre ou même Oui… Mais Non, qui n’était que du sous-Red One pour Lady Gaga, limite gênant tant le plagiat était musicalement et visuellement évident. Ici, on est dans une reprise d’un titre que peu de gens connaissaient, avec un remix bien dans l’air du temps par The Avener : c’est mort pour les boîtes de nuit et pour NRJ, mais il y a sûrement quelque chose à faire sur les chaînes TV musicales et sur RFM.

stolen car mylene farmer legs

La vidéo évoque la bonne vieille dualité entre l’épouse et la putain, que Farmer affectionne depuis les 90’s. D’ailleurs, ces scènes de lingerie et de chambre d’hôtel font penser aux clips de California et de Q.I., deux vidéos dans lesquelles la chanteuse faisait montre de sa féminité glamour et bourgeoise. Car oui, si Mylène Farmer continue à écrire, chanter et mettre en scène son personnage dans des vidéos évoquant le sexe, la religion et la mort, le cadre glamour de la bourgeoisie fait aussi régulièrement partie de ses thèmes de prédilection, quand bien même elle l’assortit d’une main d’homme qui se glisse sous des bas résille. C’est que tout cela se marie à merveille avec son personnage artistique, la « rousse incendiaire » face au monde, dont elle livre, clip après clip, une lecture mystique, sociologique, religieuse, sexuelle, morale. Qu’elle questionne ce cadre bourgeois ou qu’elle l’utilise pour flatter les bas instincts élitistes et consuméristes de ses fans gays, qui cherchent et commentent bien vite le designer de la robe, le créateur des chaussures et la marque de la caisse, au final peu importe : même si elle ressemble désormais plus à Armande Altaï qu’au tomboy de l’époque L’Autre, Mylène Farmer n’est jamais aussi superbe, face caméra, que quand elle se pare de 50 000 balles de fringues, de bijoux et de brushing Massato. Comme tout le monde, tu me diras. Mais bon, c’est Mylène, on va pas chercher à être plus edgy que Róisín Murphy à ce stade d’une carrière, hein, on a du Bercy à 300 boules à écouler.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*