Regression

 

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Difficile de parler du dernier film d’Alejandro Amenábar sans passer par une phase de spoiler : comme M. Night Shyamalan, dans la foulée duquel il a « éclos » aux yeux du public international grâce à The Others, Amenábar a cette image de cinéaste à la filmographie sombre, essentiellement composée de thrillers psychologiques flirtant avec  le surnaturel, et affectionnant particulièrement les scénarios à twist. Ce qui, d’une part, est faux, mais d’autre part, exige un haut niveau d’excellence narrative, face à un public de plus en plus basé à mesure qu’il s’attend déjà à ce qu’il y ait un leurre dans l’histoire telle qu’elle nous est présentée. Dans ce registre, Regression n’est pas le grand coup de flip espéré.

 

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Le pitch, selon Allociné :

Minnesota, 1990. L’inspecteur Bruce Kenner enquête sur un crime révoltant dont la jeune Angela accuse son père, John Gray. Lorsque John avoue sa culpabilité de façon tout à fait inattendue et sans garder le moindre souvenir des faits, le docteur Raines, un célèbre psychologue, est appelé à la rescousse. Il va devoir aider John à retrouver la mémoire, mais ce qu’ils vont découvrir cache un terrifiant mystère qui concerne le pays tout entier…

 

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Dans une ambiance de petit thriller à l’ambiance très 90’s (on se prend même à imaginer, avec ces plans flous et ces cadrages pas très HD, que le film aurait eu exactement la même tronche il y a vingt ans), on se prend donc vite au jeu mais, faute d’une intrigue vraiment révolutionnaire, on entrevoit la solution bien avant la fin. Que ce soit face à ce flic, a priori raisonnable et taiseux, qui fonce tête baissée dans les théories fumeuses sur l’hypnose régressive (qui donne son titre au film) ou sur le satanisme, ou face aux accusations qui s’accumulent, on ne peut que se retenir de hurler devant l’écran : MAIS BORDAYL ARRÊTEZ D’ESSAYER DE NOUS FAIRE FLIPPER, OU SONT LES PREUVES ??? Car seule la reine des preuves, l’aveu, nous est assenée sans cesse dans ce film, dont l’issue paraît inexorable à mesure qu’il avance sans que rien de concret ne se manifeste. Après, c’est sûr, on a plusieurs choix. Mais quelqu’un ment. La victime ? Le criminel ? Les collègues du flic ? Le flic lui-même ? La grand-mère ? L’idée même d’une secte, qui serait en fait une organisation terroriste quelconque ? Le FBI, qui aurait enterré l’affaire ?…

 

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Plus convaincant dans sa description de la paranoïa grandissante et des faiblesses de l’esprit humain  que dans ses moments censés nous faire flipper, Regression pâtit de son scénario, qui instille trop tôt le doute en nous pour qu’on se laisse porter par la même peur que son héros. Dommage, Emma Watson y est plutôt bien (même si ça commence à se voir qu’elle n’est plus mineure) et Ethan Hawke y surfe encore, très à l’aise, sur sa vague de regain d’intérêt du public post-Boyhood.

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