The Hunger Games – Mockingjay: Part 2

hunger games mockingjay part 2

Ils ont fait traîner le truc un peu moins longtemps que Harry Potter ou Twilight, mais tout de même : enfin, nous voila arrivés au bout de la saga Hunger Games au ciné. Passé d’une tentative timide de Lionsgate pour s’incruster dans le filon de la saga young adult à un blockbuster incontournable de fin d’année, le triste destin de Katniss Everdeen a changé de réalisateur et doublé de budget dès son deuxième volet, le studio étant entretemps devenu certain de la rentabilité de son produit. C’est donc sans surprise qu’ils ont décidé de séparer le troisième et dernier volet en deux films, ce qui leur a permis d’allonger la sauce sur quatre films au lieu de trois.

 

hunger games katniss

 

Le pitch, selon Allociné :
Alors que Panem est ravagé par une guerre désormais totale, Katniss et le Président Snow vont s’affronter pour la dernière fois. Katniss et ses plus proches amis – Gale, Finnick, et Peeta – sont envoyés en mission pour le District 13 : ils vont risquer leur vie pour tenter d’assassiner le Président Snow, qui s’est juré de détruire Katniss. Les pièges mortels, les ennemis et les choix déchirants qui attendent Katniss seront des épreuves bien pires que tout ce qu’elle a déjà pu affronter dans l’arène…

 

 

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Un peu merdique, ce pitch : il ne part même pas du point de départ du film (Peeta et son lavage de cerveau) et fait comme si Katniss avait été envoyée en mission pour assassiner le Président Snow, alors que c’est son initiative, et de l’insubordination de sa part. Mais bon, la fiche doit repomper un vieux communiqué, on va dire.

 

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Ce qui est chiant, avec cette manie de diviser des bouquins de 400 pages en deux films, c’est que l’action vient à manquer, rendant les personnages tantôt bavards pour meubler, tantôt taiseux et contemplatifs, pour meubler aussi. Ici, c’est essentiellement le volet précédent, sorti en 2014, qui a pâti de cette disette : il ne s’y passait pas grand-chose d’autre que « l’unification » des districts, des vidéos de propagandes débiles et grossières, et une attaque sur le district 13, cette gigantesque ville souterraine, reconstruite avec on ne sait quel argent, on ne sait quel matos, on ne sait quelle armée et on ne sait quelle organisation politique, après avoir été rasée et décimée par le Capitole. A la fin, il ne restait à Katniss que deux enjeux : réparer le pauvre Peeta revenu taré de ses semaines d’otage du Président Snow, et conquérir le Capitole. Ce qui fait peu, pour un film entier.

 

hunger games mockingjay part 2 gale

 

Le dernier volet de la saga Hunger Games choisit donc d’appuyer lourdement sa réflexion, déjà entamée dans les précédents films, sur la propagande et la manipulation engendrée par l’illusion de réalité que permet le tout-filmé. Et, histoire qu’on retrouve un peu de l’ambiance du principe de départ (une arène, des pièges et épreuves, un écran qui annonce les morts, un seul survivant à la fin), transforme le trajet de Katniss et ses potes en véritable jeu de massacre, où les victimes (le gars qui vient de se marier et de mettre sa meuf enceinte, le lieutenant black plein de droiture, la sous-chef un peu vieille) et les survivants (la meuf qui filme, le triangle amoureux, le quota handicapé que c’est pas croyab’ qu’il s’en soit sorti alors que son frère était tellement plus athlétique) sont assez prévisibles. A ce titre, on prend effectivement un certain plaisir à revoir les héros se confronter à des obstacles sadiques et à se demander au nom de quoi ils doivent subir ça (c’est même pas télévisé), bien qu’on continue à se demander pourquoi il n’y a qu’eux et les trois pékins du district 13 pour s’être rendus compte qu’ils vivaient dans une dictature. Il y a notamment une séquence anxiogène dans des égouts, pleine de suspense, de recoins mal éclairés et de couloirs dangereux à arpenter, dont le déchaînement d’action et de violence n’est pas sans évoquer la saga Alien. D’ailleurs, c’est quoi cette histoire de « mutants » ? Pourquoi ils sont si bons à te choper et si nuls à te mordre ? Ils sortent d’où ? Ils étaient où dans les précédents films ? Ils sont où à la fin du film ?… Bref, comme souvent, un danger est un danger dans une séquence, puis cesse d’exister, ou reste confiné dans son coin, une fois que la séquence est terminée.

 

hunger games gale katniss

 

Bien plus réussie, profonde et intéressante que Twilight, l’autre saga ado à laquelle on la compare un peu trop, la saga Hunger Games s’achève, comme Harry Potter, sur une séquence un peu grotesque « des années plus tard… », permettant de voir comment Katniss est, en vieille (en résumé, elle est pareille, mais elle porte une robe à fleurs de vieille) (genre elle a 25 ans). Sympa mais un peu longuet, le film se flingue un peu avec cette fin anti-climactic, un peu flat, qui nous laisse sur une impression d’inachevé, le sort des personnages secondaires étant, de son côté, largement oublié (Cressida ? Pollux ? et que vient foutre Gwendoline Christie dans ce rôle inutile à la limite du caméo ?), et l’héroïne lâchée seule dans un district rasé, sans relations sociales ni infrastructures apparentes, en dehors d’un facteur, apparemment, pour lui apporter du courrier (on n’a jamais trop compris si Panem était un gros ou un petit pays, les districts des régions de centaines de milliers de mètres carrés ou des petites villes… : t’imagines si Katniss finie excommuniée, seule, sans nourriture, sans médecin, sans soutien psychologique, sans Carrefour Market, sur un territoire grand comme la Belgique ? C’est peut-être là l’échec principal de la saga, sa géopolitique qui ne s’inscrit dans aucun espace précis, nous empêchant de comprendre si elle est une métaphore d’une société occidentale existante ou un pays devenu le seul sur Terre).

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