Angel From Hell

 

Angel from Hell - poster

 

Jane Lynch a trouvé son projet de rebond après Glee : une nouveauté comique sur CBS, nommée Angel From Hell. Elle y campe une variation, gentille, sur son personnage de Sue Sylvester, avec qui elle partage son apparente absence de filtres sociaux et son franc-parler qui peut s’apparenter à un manque de tact. Mais en beaucoup, beaucoup plus gentille, quoi. A priori, pas la sitcom de l’année, mais difficile de ne pas éprouver un minimum de sympathie pour le cast devant ce pilote inégal (le deuxième épisode sera diffusé ce 14 janvier).

 

ANGEL FROM HELL, starring Jane Lynch (right), is CBS's new single camera comedy about Amy (Lynch), a colorful, brassy woman who insinuates herself into Allison's (Maggie Lawson, left) organized and seemingly perfect life, claiming to be her "guardian angel." ANGEL FROM HELL premieres Thursday November 5, (9:30-10:00 PM, ET/PT) on the CBS Television Network. Photo: Darren Michaels/CBS ©2015 CBS Broadcasting, Inc. All Rights Reserved.

 

Le pitch, selon Allociné :
Amy, une jeune femme effrontée, s’insinue dans la vie organisée et en apparence parfaite d’Allison en prétendant être son ange gardien. Allison qui est un docteur, est alors persuadée qu’Amy est juste folle jusqu’à ce que tous ses avertissements se révèlent véridiques. Amy lui ayant demandé de garder le secret, Allison ne peut en parler ni à son père et associé, Mark, un dermatologue qui partage un bureau avec elle, ni à son petit frère, Brad, un représentant pharmaceutique qui vit au-dessus de son garage. Toutes deux vont former un duo improbable. Mais Amy est-elle vraiment un ange… ou simplement cinglée ?

 

 

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Ouais alors déjà, « Amy, jeune femme effrontée », bon bah je veux pas être méchant envers Jane Lynch, mais « jeune femme effrontée » n’est pas exactement la description qui vient spontanément à l’esprit lorsqu’on la voit. On voudrait plutôt dire « Amy, femme efflanquée entre deux âges », ce qui contribue d’ailleurs à l’aura du personnage : à la fois inoffensive en apparence et un peu flippante, à la limite de la clocharde schizophrène qui aurait égaré ses médocs depuis belle lurette. En vrai, le pitch de cette série, dont le pilote laisse entrevoir un joli taux de bons sentiments (l’héroïne est orpheline, elle adore son frère, son papa a du mal à reprendre sa vie amoureuse, elle est trop sérieuse…), est à la limite d’un épisode de Joséphine Ange Gardien, mais avec un ange gardien qui se sentirait obligé de dévoiler son statut à son protégé. Sur le papier, ça fait pas rêver.

 

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Et c’est vrai que le pilote n’est pas une réussite : les caractérisations sont sommaires, les sociotypes attendus (l’héroïne sérieuse comme une nonne qui se réfugie dans le professionnalisme pour échapper à la sensation de ne pas maîtriser sa vie, le père raisonnablement distant avec son brin d’humour sarcastique, le petit frère charmant qui tarde à prendre son envol, le fiancé branleur qui se cache derrière son bullshit de start-up qui ne décollera jamais), les situations déjà vues, les gags pas franchement hilarants (les répliques « trash » sur l’alcoolisme d’Amy ou les suites scato de sa consommation d’un taco tombent un peu à plat). Mais la curiosité est tout de même titillée. Tout d’abord, il y a ce doute, que la série laisse malicieusement planer sur le personnage principal : Amy est-elle vraiment un ange, avec des dons surnaturels, ou une cinglée très douée en Photoshop et en recherche sur Internet ? Je pense que l’un des atouts de la série consistera à régulièrement jouer sur le doute, en sachant très bien laquelle des deux réponses décevrait plus le public, ou changerait radicalement le ton et l’ADN du projet…

 

angel from hell pilot

 

Et puis, il y a cette tolérance dont on a envie de faire preuve, pour Jane Lynch, pour Maggie Lawson (Mon Oncle Charlie) ou pour Kevin Pollak (Mom). Déjà, on a du mal à les prendre en grippe, et puis on se souvient que des pilotes pas terribles, on en a vue une flopée, pour des séries qui ont par la suite trouvé leur ton et qui sont devenues plutôt chouette, pour qui était sensible à l’univers et au type d’humour qu’elles avaient fini par mettre en place : Suburgatory, New Girl ou Happy Endings avaient par exemple eu des pilotes assez nuls, consistant essentiellement à mettre en place des personnages qui n’avaient pas encore trouvé leur identité et leur drôlerie, et ont par la suite réussi à évoluer et à devenir de bonnes séries pour se meubler des soirées couch potato. Je continue même à beaucoup regretter la fin d’Happy Endings, dont les saisons 2 et 3 étaient vraiment géniales.

 

angle from hell cbs pilot 2016 season 1

 

 

Alors certes, le pitch de Angel From Hell n’a pas grand-chose de révolutionnaire : un personnage 1, perché / cinglé / amoral / invivable, vient bousculer la vie d’un personnage 2 sérieux / banal / pour qui tout semblait rouler jusqu’à présent ; les contraires s’attirent, font des étincelles, ils restent ensemble et ça fait un duo comique, ou un trio ou un quatuor, si les personnages secondaires s’intègrent bien. Rien de neuf, et une exécution pas transcendante pour l’instant. Mais son mauvais pilote ne l’empêche pas de mériter qu’on tente de s’y accrocher pendant deux-trois épisodes. Probablement pas plus, cela dit, si ça ne décolle pas vers des gags plus trash, moins convenus, ou une loufoquerie plus addictive…

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