The Magicians

 

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La mi-saison 2015-2016 a livré son lot de séries plus ou moins oubliables, dont certaines ont d’ores et déjà été annulées, et comme tous les ans c’est un peu le jeu de massacre, on ne sait pas trop où donner de la tête entre les trois-quatre séries qui ont tellement la hype qu’on n’arrive plus à leur échapper sur Twitter et dans les médias, et celles, plus nombreuses, qui sont un peu condamnées à avoir un public confidentiel d’aficionados. The Magicians rentre facilement dans cette seconde catégorie, estampillée Fantasy / SF et diffusée sur SyFy, une chaîne qui n’intéresse que rarement les Emmy Awards ou Télérama.

 

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Le pitch, selon Allociné :
Bientôt diplômé, Quentin Coldwater a du mal à se projeter dans son avenir en laissant de côté la magie qui le passionne depuis sa tendre enfance. A sa grande surprise, le jeune homme est admis à Brakebills, une école secrète qui forme les futurs magiciens. Il y fait la connaissance d’Alice, Penny, Margo et Eliot , avec lesquels il entretient des relations tantôt complices et souvent conflictuelles. Ensemble, ils vont pourtant devoir faire face à de grands dangers, des forces maléfiques venus de contrées insoupçonnées. Pendant ce temps, Julia, la meilleure amie de Quentin, qui a échoué aux tests d’admission de Brakebills, suit son propre chemin. Un chemin obscur et dangereux qui pourait la mener à sa perte…

 

 

THE MAGICIANS -- Season:1 -- Pictured: Olivia Taylor Dudley as Alice -- (Photo by: Rodolfo Martinez/Syfy)

 

Bon, alors clairement, et vous pourrez le lire à peu près partout où l’on parle de la série sur le web, c’est un mix entre Harry Potter et Narnia à la sauce young adult. Le cousinage est d’ailleurs assumé par la série, qui fait notamment un clin d’oeil au sort Avada Kedavra de la saga de J.K. Rowling dès le deuxième épisode. Très « littéraire » et méta, en somme. Et pour cause, The Magicians est adapté d’un livre de Lev Grossman sorti en 2009, et qui s’inscrit typiquement dans cette veine littéraire popularisée par Stephenie Meyer et Suzanne Collins : après les vampires, les loup-garous et les rebelles idéalistes du futur, voici donc les magiciens. Ça ne respire pas l’originalité, quoi.

 

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Au bout de quelques épisodes, on commence à y voir un peu plus clair, mais tout de même, la série a clairement les défauts de son genre : jeunes gens beaux et têtes à claques, caractérisations un peu archétypales, enjeux binaires, seconds rôles comic relief, potes agaçants du héros dont on se demande bien pourquoi il s’emmerde à les côtoyer… Le plus irritant, dès le pilote (qui se déroule pourtant à un rythme assez effréné), c’est tout de même ce trope insupportable des fictions young adult, qui veut que l’histoire a deux niveaux d’information.

 

 

On a globalement les « anciens » d’un côté (ici, des profs, mais ailleurs ce seraient les adultes, les plus anciens prisonniers – comme dans Le Labyrinthe, Harry Potter ou Hunger Games) qui sont quasiment omniscients et qui parlent entre eux, de manière cryptique, des enjeux stratégiques, des raisons profondes derrière toute l’histoire, et du danger qui guette le héros / l’héroïne ; et les « jeunes » d’un autre côté (en résumé, le héros et ses potes de classe), qui n’ont aucune vision de ce qui se passe, naviguent à vue, vivent les aventures et les dangers concrets. Bien évidemment, les premiers ne jugent jamais bon ou utile d’informer les seconds de la big picture : qu’untel est l’élu, qu’unetelle a pour destin de changer le monde, que le gros méchant va venir affronter bidule pour le tuer. Et pourquoi les profs n’informent-ils pas leurs élèves de la très probable venue d’un gros méchant qui va leur arracher les yeux ? POUR ABSOLUMENT AUCUNE PUTAIN DE RAISON, si ce n’est pour générer du reveal au bout de plusieurs épisodes. Du coup, les « jeunes » héros font une énorme quantité d’âneries qu’ils n’auraient jamais commises s’ils avaient été un peu mieux informés. Genre convoquer des esprits en mode ouija et s’étonner d’avoir ramené le big bad dans notre monde.

 

 

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Il n’y a, pourtant, pas tout à jeter dans The Magicians, en tant que série. L’idée d’avoir séparé les deux « héros » théoriques de la série (en gros, les deux personnages qu’on suit depuis le début, Quentin et sa copine Julia, deux humains ordinaires qui ont découvert ensemble l’existence de Poudlard Brakebills) est par exemple assez bonne : on a un vrai intérêt narratif, à voir comment, partis du même point mais propulsés sur des voies séparées, leurs valeurs et leur cheminement moral vont diverger, et comment leurs destins vont finir par à nouveau se télescoper, parce qu’il paraît quasi-impossible qu’il en soit autrement. A suivre si on aime les jeunes et beaux sorciers pas très charismatiques de séries pour ados, d’autant que le temps investi devant la série devrait payer, pour ceux qui se sont accrochés : The Magicians a déjà été renouvelée pour une saison 2.

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