Zoe Ever After

 

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Ça va bientôt faire dix ans que Brandy rame sec pour revenir dans l’industrie musicale avec un vrai succès, du genre qui lui permettrait de passer sur NRJ et d’être connue des gens qui ont moins de 25 ans. Mais depuis le vague succès de Right Here (Departed) en 2008, c’est un peu calme, et les tubes se font attendre. La dernière fois qu’on a entendu parler de Brandy, en fait, c’était il y a moins d’un an, quand elle a fait un live incognito dans le métro new yorkais et que personne ne la calculait. Le bad. Voila donc la chanteuse et occasionnellement actrice de retour sur les plateaux de tournage, histoire de se reconstruire une image et une fanbase actualisée. Ça s’appelle Zoe Ever After et c’est le premier leading role de Brandy dans une série depuis Moesha, lancée il y a vingt ans.

 

 

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Le pitch, selon Allociné :
Zoe Moon est une mère célibataire longtemps restée dans l’ombre de son ex-mari boxeur. Elle tente donc de concilier sa relation avec son ex et d’accomplir son rêve : démarrer une ligne cosmétique.

 

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Ouais, bon, c’est le pitch de départ de Cougar Town, quoi, sauf que ça passe sur BET et que Brandy, 36 piges, joue à fond la carte des clichés visuels et sonores autour de la figure de la grosse mama afro-américaine (tirades colériques, débit de mitraillette, passage dans les aigus lorsqu’elle est très énervée, massive shade, complicité surjouée avec les copines). Car oui, Brandy vieillit, et c’est désormais de son âge de jouer les mamans en reconversion ; finies, les adolescentes vaguement rebelles et caustiques, Brandy Norwood est désormais dans la tranche d’âge où les rôles commencent à parler rides, difficultés à refaire sa vie, regrets…

 

 

D’ailleurs, le générique est hilarant d’incongruité, s’achevant sur un gros plan photoshoppé de l’actrice, au visage tellement lissé qu’on dirait qu’elle n’a pas de pores, ce qui crée un contraste saisissant avec les plans filmés dans les épisodes, où le maquillage et la caméra ne font clairement pas les mêmes miracles. Chérie, on sait que tu as bientôt 40 ans, c’est pas grave, on se fera à l’idée.

 

 

Bon, et donc, ce Cougar Town black, ça donne quoi ? Bah c’est pas la folie niveau poilade, hein. On se croirait sur ABC Family. Comme Jules Cobb, on rencontre Zoe Moon alors qu’elle est fraîchement divorcée, qu’elle revient sur le marché du dating et qu’elle fait face aux nombreux challenges qu’il y a à entamer un « nouveau chapitre » de sa vie. Comme Jules Cobb, son ex-mari n’est probablement pas assez sorti de sa vie, elle a un fils qu’elle tente de ménager, des amis rigolos, des premiers rencards ratés et une ambition professionnelle sur laquelle se concentrer pour reprendre sa vie en main. Sauf que l’écriture est un peu poussive.

 

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Au bureau, Zoe est affublée d’une meilleure amie / collaboratrice qui fait des vannes sassy et d’un cliché gay qui en fait des caisses, et doit se coltiner un entrepreneur un peu arrogant venu faire des travaux, qu’elle va probablement bitcher avant d’en tomber amoureuse. Côté vie privée, son ex est un gentil relou queutard un peu irresponsable, et son gamin est mignon et plutôt mûr pour son âge. Ces deux sphères s’entremêlent tranquillement dans les intrigues, et les rires de sitcom fusent en pilote automatique dès que quelqu’un finit une phrase. Bref, ça ne transpire pas l’originalité pour l’instant. Mais Zoe a une quête professionnelle et existentielle à mener (faire de sa boîte de cosmétiques un succès, afin de retrouver son estime d’elle-même après des années de mariage dans l’ombre d’un boxeur célèbre), et pour peu qu’on aime beaucoup Brandy et qu’on n’ait pas été échaudé par des années de sitcoms féminines « à enjeux » (2 Broke Girls, Veronica’s Closet, Young & Hungry) qui finissent par s’enliser et n’avoir plus rien de neuf à raconter, ça se tente.

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