Zootopie

 

zootopie-disney-nick-judy

 

Un peu de mal à suivre les traductions de titre de ce dernier long-métrage Disney : intitulé Zootopia aux États-Unis, il est exploité sous celui de Zootropolis en Europe, il arrive en France sous celui de Zootopie, probablement le plus simple à utiliser en promotion. Zootopie, donc, met en scène un univers où les animaux, forcément bipèdes, « remplacent » les hommes (probablement davantage un monde parallèle où les hommes n’auraient jamais existé qu’un futur post-apocalyptique où les animaux nous auraient remplacés), et où chaque espèce cohabite avec les autres au sein d’une ville nommé Zootropolis. C’est au cœur de celle-ci qu’un improbable duo va se former entre Judy Hopps (Ginnifer Goodwin en V.O) et Nick Wilde (Jason Bateman), un lapin flic et un renard arnaqueur, dans le but de retrouver plusieurs animaux disparus mystérieusement. Autour d’eux, de nombreux personnages plus ou moins caricaturaux (la séquence, drôle mais crispante, autour des paresseux fonctionnaires), portés par un casting de ouf en VO, allant de JK Simmons à Jenny Slate en passant par Octavia Spencer, Shakira, Alan Tudyk ou Idris Elba…

 

Zootopia-Flash

 

Le pitch selon Allociné :
Zootropolis est une ville qui ne ressemble à aucune autre : seuls les animaux y habitent ! On y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde a sa place à Zootopia ! Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque…

 

zootopia-gazelle

 

Bon, même si j’ai compris la solution vers la moitié du film (on le voit franchement venir), je dois dire que j’ai été agréablement surpris par ce crû 2016 des Studios Disney, peut-être le film le plus ouvertement politique de la firme de Mickey depuis un bail. Car si le concept de départ est si « utopique » que cela (des animaux ayant dépassé leurs instincts prédateurs / proies pour coexister en paix), c’est justement pour être questionné, et renvoyer à des débats douloureusement contemporains de nos sociétés humaines. Je suis curieux de voir, dans quelques années, ce que le multi-visionnage d’un film comme Zootopie aura produit dans l’état d’esprit des jeunes générations. Pas très subtil, le film est en tout cas une gigantesque métaphore philosophique, comme Disney les affectionne depuis quelques années (de la quête de normalité d’Aladdin à celle de rédemption du Roi Lion, du questionnement sur la norme et la tolérance de La Reine des Neiges à celui de la confiance en soi et en l’autre de Wreck-It Ralph…), mais avec un propos plus transparent que jamais.

Zootopia-Clawhauser

En faisant cohabiter les races animales, c’est bien évidemment de racisme et de préjugés qu’il est question ici, avec une clarté particulièrement soutenue par l’expressivité des personnages, toujours plus perfectionnée dans les productions de John Lasseter. Comme on est dans du Disney moderne, il y a bien évidemment des clins d’oeil à nos réalités sociales occidentales (transports en commun, smartphones, rapport au « naturisme », relations de travail…), voire à des monuments culturels (Le Parrain), et même à des succès récents de Disney (le personnage d’Alan Tudyk porte quasiment le même nom que celui qu’il doublait dans La Reine des Neiges), et on se fait plaisir en détectant une allusion, une jaquette de DVD détournée, une blague à double-sens. En attendant un possible deuxième volet (le film démarre plutôt bien au box-office) qui pourrait, par exemple, explorer d’autres lieux et des relations avec d’autres espèces (oiseaux, poissons, globalement absents de cet univers très terrien où seuls des mammifères semblent cohabiter), c’est en tout cas, pour les amateurs de Disney et de Pixar (certes, ce n’est pas un produit Pixar, mais on n’en est pas loin), une nouvelle expérience ciné familiale réussie de la part de la firme de Burbank. Même si on se fait de moins en moins d’illusions sur le but plus ou moins avoué de ces films : servir de support publicitaire géant au nouveau coeur de métier de la machine Disney – les peluches, cosplays, vaisselle brandée et autres produits dérivés.

Une réflexion au sujet de « Zootopie »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*