La Pop-Pouffe de mars

meghan trainor no video 

 

 

 

Elle est gentille, Meghan Trainor. Enfin, elle a l’air. Et c’est bien le problème, du moins pour l’instant, avec son « virage » pop, l’incontournable transformation qui marque un tournant dans le parcours, l’image publique et le répertoire musical des chanteuses pop estampillées kid, Disney ou Nickelodeon, généralement vers un son plus « adulte » et une image plus sexuée, plus provocante, plus imposante, histoire de ne pas rester cantonné aux playlists des ados de moins de 13 ans et, qui sait, d’attirer un peu de bruit médiatique autour de soi, que ce soit pour une soi-disant « respectabilité musicale » nouvellement trouvée (cf. Carly Rae Jepsen, Christina Aguilera) ou autour d’apparitions publiques cradingues et d’un surnom débile façon « lolitrash » ou « twerkeuse en chef » (cf. la pauvre Miley Cyrus, encore trop cantonnée à la risée des médias mainstream). Alors que Meghan Trainor, la gentille chanteuse souriante qui parlait de rondeurs et de princes charmants dans des clips colorés et joyeux, décide elle aussi de passer au ripolinage « adulte » pour avoir une chance de durer plus longtemps que Lorie, ça n’a rien de surprenant. Et même l’idée de faire un clip qui soit l’antithèse, en termes d’ambiance et de gamme chromatique, de All About That Bass, ce n’est pas une mauvaise idée en soi. Le côté « fille voluptueuse » qui a de l’assurance à revendre, du charisme sexuel et un goût prononcé pour les rejection songs, ça marche parfois.

 

Meghan-Trainor-No-2016

 

 

 

Le problème, c’est que là, on n’y croit pas trop. Meghan Trainor n’a pas la street cred. Elle a juste l’air d’une fermière qui s’est perdue dans un clip de TLC, et son single a le refrain et les sonorités d’un vieux single random d’Ashanti ou de Christina Milian, ou de je ne sais quelle dinde du R’n’B d’il y a dix ans. C’est rigolo, on comprend qu’il y a une volonté de « détoner », mais le résultat est assez random. C’est un peu ce qui s’annonce aussi, par ailleurs, avec le comeback de la gentille Ariana Grande dans les prochaines semaines : qui peut vraiment croire que le virage « SM / période Erotica à la Madonna » qu’elle nous tease depuis des semaines avec ses visuels de bunny en cuir, soit sincère, crédible, et autre chose qu’un pur argument marketing complètement éculé ? Dans les deux cas, le nouveau single (No pour Trainor, Dangerous Woman pour Grande) a toutefois réussi à se hisser dans le Top 10 des charts US. Mais de là à convoiter une place de n°1 ou, simplement, à marquer durablement l’année 2016 de leur mélodie et de leur charisme ravageurs ? I don’t think so…

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