The Family

 

the family poster

 

Lancée le jeudi 3 mars en lieu et place de Scandal sur ABC, The Family a depuis commencé à occuper sa véritable place dans la grille de la chaîne de Disney : le dimanche soir. Le pilote n’a malheureusement pas bénéficié de la rampe de lancement de Grey’s Anatomy pour faire un carton d’audience, réunissant à peine 5,5 millions de téléspectateurs, tandis que le deuxième épisode, le dimanche 6 mars, n’en totalisait plus que 3 millions. Accident industriel en vue ?

 

 

 

Le pitch, selon Allociné :
Plus de dix ans après sa mort présumée, Adam Warren, le fils d’une femme politique de l’Etat du Maine, refait surface. Alors qu’il tente de retrouver ses marques au sein de sa famille, le bonheur de son retour laisse peu à peu place à la suspicion. Est-il vraiment qui il prétend être ?

 

 

 

the family abc

 

 

Depuis la fin de Revenge (une série qui n’a jamais été qu’un guilty pleasure assez mauvais mais qui a réussi à se terminer en soap fatigué encore plus mauvais), ABC est à la recherche d’un soap / drama susceptible de passionner de nouveau son public, à grands coups de mystères, d’enquête, de décors glamour chez des gens riches et célèbres, et de coups de poignard plus ou moins métaphoriques dans le dos. Le pitch de The Family fait en tout cas furieusement penser à ce genre de produit : des gens riches, une vieille actrice un peu oubliée des années 90 en vedette, un drame du passé qui revient vous mordre les fesses, des faux-semblants, des raisons plus ou moins avouables de faire des coups de pute (carrière politique, adultère, alcoolisme…). A priori, des ingrédients de soap bien camp, où l’on s’attend à voir débarquer un patriarche bien vicieux et sociopathe, et une matriarche en mode diva robe de gala qui assassine ses interlocuteurs en deux répliques et un sourire plastifié.

 

 

 

 

Mais on n’a rien de ça avec les débuts de The Family, qui se focalisent d’abord sur l’aspect dramatique (la disparition d’un enfant) et sur les conséquences d’un « heureux » événement (le retour inespéré dudit enfant, dix ans plus tard) qui vient chambouler le deuil et la vie que cette famille avait repris. On n’est pas trop chez Victoria Grayson pour l’instant, quoi. Le premier épisode est de meilleure facture que celui de Revenge (où les décors et les costumes étaient un peu cheap au début, et où tous les acteurs jouaient comme des pinces à linge) (bon, ça malheureusement, ça a plus ou moins été le cas jusqu’à la fin), mais ça manque un peu, pour l’instant, d’un aspect bitchy, humour noir ou autre.

 

 

 

 

Comme de plus en plus de dramas issus des gros networks américains, The Family adopte ce schéma narratif désormais éculé et à la limite du supportable : la structure d’épisode en deux parties qui se renvoient la balle, le présent et le flashback. S’il est parfois transcendé par des séries qui l’abordent sous un angle original (The Affair, par exemple), ce procédé narratif devient trop attendu et paresseux pour ne pas devenir, en plus, irritant. Surtout chez ABC, où il pullule (Once Upon A Time, Lost, How To Get Away With Murder, Quantico)…

 

 

 

the family adam

 

On suit donc tantôt la mère de famille éplorée il y a dix ans, tantôt la mère de famille médiatique et calculatrice qu’elle est devenue aujourd’hui, son drame personnel ayant vraisemblablement favorisé son élection ; tantôt le fils ainé insouciant et cool il y a dix ans, tantôt la loque alcoolique rongée par la culpabilité d’avoir perdu son petit frère de vue pendant deux fatidiques minutes aujourd’hui ; tantôt la fliquette inexpérimentée qui s’est fait un nom sur l’affaire du kidnapping il y a dix ans, tantôt l’officier expérimenté qui cherche aujourd’hui à corriger l’apparente erreur sur laquelle s’est bâtie sa carrière… Bref, on a deux épisodes dans l’épisode, et cette manière (relou, maintenant qu’elle n’a plus l’excuse de l’originalité comme à l’époque de Lost) de raconter les histoires dramatiques en soulignant toujours plus grossièrement que le passé reflète / impacte / influence le présent n’a franchement plus grand-chose de neuf à nous montrer. D’autant que c’est dans le présent, avec une journaliste un peu curieuse, une campagne électorale au poste de gouverneur et une « deuxième » enquête, que les choses potentiellement intéressantes se passent, et pas dans les flashbacks mettant en scène une apparente erreur judiciaire sans originalité ni panache.

the family abc adam

Lancée tardivement dans la saison, comme Scandal il y a quelques années, The Family pourrait toutefois dépasser son format initial, avec une première saison courte, qui introduirait les enjeux relationnels entre les personnages principaux et évacuerait assez vite le mystère autour du kidnapping, pour ensuite devenir une tout autre série (rappelons que Scandal avait débuté sur la base d’Olivia Pope & Associates cachant sous le tapis une banale liaison du Président des États-Unis… La série a largement dépassé ce périmètre depuis). Mais vu ses audiences relativement catastrophiques, le plus probable est encore de voir ABC l’annuler vite fait bien fait dans les prochaines semaines…

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