The Lady In The Van

 

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Si la seule présence de Maggie Smith au générique de The Lady In The Van n’avait pas suffi à me convaincre d’aller voir le film, il y aurait au moins eu le tutotal d’Arte sur son look homeless chic clobo sdf-apc neogrunge radicrade. Il s’était même murmuré, un temps, que l’actrice anglaise serait en mesure de viser une nomination aux oscars cette année, dans la catégorie des vétérans nommés parce qu’on les respecte mais qui vont quand même perdre. Une nomination-quota qui a finalement échu à Charlotte Rampling.

 

the lady in the van

 

Le pitch, selon Allociné :
Dans les années 1970, à Londres, Alan Bennett, auteur de pièces de théâtre, habite le quartier de Camden Town. En face de chez lui, une drôle de vieille dame vit dans une camionnette. Peu à peu, une étrange relation se développe entre eux, et Miss Shepherd finit par s’installer dans l’allée de la maison de Bennett…

 

 

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L’histoire, inspirée de faits réels, n’est pas tant un « biopic » que l’adaptation d’une pièce de théâtre, adaptée à la radio puis, aujourd’hui, au cinéma, dont le projet était en chantier depuis plus de quinze ans. Car il s’agit d’une œuvre culte, créée, comme dans le film, par le dramaturge qui l’a vécue, et qui fait partie du folklore et des légendes urbaines de Londres : rien, ou si peu, à voir avec les drames en costumes engoncés que se fadent la plupart des acteurs anglo-saxons désireux de glaner une nomination à l’oscar pour faire reluire leur CV.

 

 

D’ailleurs, Maggie Smith, qui a dépassé les 80 piges et qui a déjà eu un oscar dans les années 70, est culte depuis un bail, et a déjà donné dans le drama en costume, que ce soit au ciné (Gosford Park) ou à la télévision, où sa comtesse douairière Lady Violet de Downton Abbey restera l’un des personnages les plus hilarants des années 2010. Bref, The Lady In The Van, ce n’est pas tant la peinture d’une figure historique et de son rapport au contexte social dans lequel elle s’inscrit, qu’une peinture tragi-comique de la folie douce. Cette folie douce qui se frotte dignement, sans jamais se dégonfler, à la misère, à l’indifférence de la société ou aux étincelles de conflits avec les passants. Cette folie douce qui, aussi, isole, coupe des autres, empêche de trouver sa place tant on est à la recherche de liberté, d’indépendance, d’intransigeance.

 

THE LADY IN THE VAN

 

Si le film a des défauts (quelques longueurs, des personnages et intrigues secondaires qui manquent d’épaisseur), il a au moins deux mérites. Le premier, consistant à parler sans détour de la condition de sans abri et de certains des aspects les plus sinistres qu’elle engendre (santé, hygiène, rapport au voisinage ou aux services sociaux, notamment), est abordé de manière claire, sans pour autant virer au sordide. Le deuxième, plus intéressant encore, réside dans la réflexion sur la créativité et sur l’écriture d’un personnage principal / narrateur, qui se dédouble pour nous et fait vivre la situation à travers un long dialogue plein d’ironie, entre l’auteur de pièces de théâtre et lui-même. « Célibataire endurci », comme on le disait pudiquement il y a un demi-siècle, les allusions à son homosexualité sont parsemées, à travers le film, par petites touches, sans que cela empiète sur le récit, et pourtant suffisamment clairement pour nous faire réfléchir aux motivations de ce personnage, probablement plus rongé de culpabilité qu’on ne le penserait, d’avoir fui sa campagne et sa mère pour profiter du progressisme et du paisible anonymat de la vie urbaine… Malgré une fin un peu mièvre, The Lady In The Van aura probablement marqué les spectateurs, en route, par la curieuse relation entre ses deux personnages principaux, dont les affinités ne sont pas évidentes et pourtant si amusantes, et par la prestation sans faille de Maggie Smith, qui donne corps à la folie ingérable de son personnage marginal et excentrique, que son jeune voisin / otage consentant semblait être le seul à « canaliser », faute d’un terme plus approprié. Un vrai rôle de « grand-mère indigne » comme la fiction les aime, mais avec ce soupçon de tragique que l’actrice anglaise porte à nos yeux sans pathos, mais sans concessions.

Une réflexion au sujet de « The Lady In The Van »

  1. Tu résumes assez bien ce que j’en ai pensé. J’ai beaucoup aimé ce film. Le duo Alex Jennings/ Maggie Smith fonctionne complètement. Les ressorts psychologiques, sans être appuyés, sont assez creusés pour être crédibles et faire réfléchir sur les liens qui existent entre les personnages (y compris les personnages secondaires).

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