Justin Timberlake – Can’t Stop The Feeling!

 

 

 

 

 

Parmi les comebacks et albums de stars confirmées attendus en 2016 (et il y en a des tas : Katy Perry, Britney, Lady Gaga, Frank Ocean, Christina Aguilera, TLC, Missy Elliott…), celui de Justin Timberlake est peut-être le moins attendu. C’est que The 20/20 Experience, avec ses deux disques, date de 2013, et n’a pas laissé un souvenir impérissable, avec sa pop classieuse qui se prenait furieusement au sérieux et son seul vague hit, Mirrors, qui n’est pas exactement le tube du siècle non plus. En plus, ce n’est pas exactement comme s’il avait disparu des radars entretemps : entre les films, le mariage avec Jessica Biel, la naissance de son gamin et son featuring sur l’album posthume de Michael Jackson, on ne peut pas vraiment dire que l’ex-membre de *NSYNC soit low profile ces dernières années. Ce n’est, simplement, plus la machine à hits que c’était entre 2003 et 2007. Mais qui l’est encore, en 2016 ?

 

 

 

Bref, sans porter l’aura de tubes mondiaux d’il y a moins de cinq ans, l’absence de véritable effervescence mainstream autour du comeback de Justin Timberlake apparaît comme relativement normale, dans une industrie cernée par les one hit wonders, où les popstars les plus « installées » (Madonna, Beyoncé, Mariah, Britney…) n’ont plus pondu un hit décent / à la hauteur de leur célébrité surdimensionnée depuis dix ans, tandis que les popstars les plus décriées (Katy Perry, Justin Bieber, Miley Cyrus, Selena Gomez, Lady Gaga…) continuent à enchaîner les hits et les records sur Instagram, Twitter et consorts sans pour autant rassurer sur leur capacité à vendre un album à 20 millions d’exemplaires. Ne reste plus, loin devant, que la brave Adele, sa musique easy listening pour toutes les générations et son esthétique sépia, pour véritablement incarner, de manière purement objective, ce qui ressemblait au succès commercial mondial au début des années 2000.

 

 

 

 

Mais Justin Timberlake a une arme décisive : outre le fait qu’il est encore capable de remplir un Stade de France sur son seul nom, il est probablement la popstar du début des années 2000 qui a le mieux géré la transition vers les années 2010 en termes d’image. Pour une raison très simple : il continue à la jouer cool, avec son look de petit mec urbain stylé qui singe les crooners des années 50 pour éviter que son look ne vieillisse trop vite (elles sont loin, les expérimentations vestimentaires R’n’B de 2003…) et qui donne l’impression de n’en avoir rien à battre de son succès, « t’as vu j’fais c’que j’veux je tourne des films avec David Fincher et les frères Coen, je suis marié j’ai un gosse j’ai plein de fric je suis sain et tranquille, et j’m’en fous de savoir quand sortira mon prochain disque ». Là où Britney passe désormais pour un pantin désarticulé accro à la junk food et incapable de faire quoi que ce soit sans une armée de Max Martin derrière elle, où Xtina a l’air tellement désespérée de retrouver un statut à peu près relevant dans les charts, et où Madonna ne doit plus ses tournées sold out qu’à son back catalogue des années 80-90 (tentant vainement de raccrocher à ses wagons un public plus jeune qui, globalement, se fout d’elle)… Justin a l’air de très bien vivre le fait qu’il n’a plus fait un hit notable depuis 2007.

 

 

 

En 2016, le voir revenir avec une recette aussi grossièrement calquée sur celle de Pharrell Williams pour Happy en 2013 (feel good song, B.O. d’un long-métrage animé) pourrait paraître voué à l’échec, mais il y a toujours cette sympathie qui transpire de tout ce que fait le gars, cette mélodie disco-pop probablement volée chez Maroon 5 (l’intro évoque vaguement Sugar) avec Max Martin et Shellback aux commandes, et ce gimmick, probablement artificiel, consistant à mettre en scène son entourage et les gens qui ont bossé sur le film, en train de découvrir le titre « pour la première fois » (genre…) et de le kiffer tout de suite, là, à la première écoute. Et pour parfaire le tout, Justin va devenir, samedi soir, le premier artiste non concurrent à se produire à la finale de l’Eurovision (pas loin de 200 millions de téléspectateurs, quand même – public gay ou non, c’est pas le pire plan du monde pour se positionner en nouveau Happy) pour faire la promo de son titre. Allez, on y croit, ce sera un des tubes de l’été. Et ce sera bientôt insupportable.

 

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