Red Hot Chili Peppers – Dark Necessities

 

 

 

Un des doubles standards les plus invisibles de la pop est, il faut l’admettre, le rapport au jeunisme. Chez les hommes, c’est normal de rester un grand gamin du rock’n’roll au-delà de la date limite de la street cred. On n’en discute même pas, on n’évoque pas le sujet. Voir Anthony Kiedis, 53 piges, jouer les ados skateurs comme dans un vieux clip de Blink-182, et obligé de mettre en scène des nanas de la moitié de son âge pour que sa vidéo ne sente pas trop la naphtaline, ça ne fait réagir personne. Au ciné aussi, voir Tom Cruise, même âge, arborer des abdos de rêve et donner la réplique à des actrices dont l’âge s’éloigne de plus en plus du sien, de film en film, ça soulève à peine des commentaires sur sa longévité et sa forme étincelante.  Chez les femmes, c’est généralement un autre son de cloche. Madonna sculpturale, les muscles séchés par la gym, entourée de jeunes gens dans ses clips, c’est forcément déplacé, jeuniste, vulgaire, cougar, subversif. Bref, on aime ou on n’aime pas, là n’est même pas la question. Ce qui m’interroge, c’est que dans la pop, et dans la culture mainstream au sens large, le jeunisme chez les femmes est un folklore, un sujet qui fait se lever des sourcils, quand le même phénomène chez les hommes ne semble poser question à personne.

 

 

 

Pour ce qui est de Dark Necessities, des Red Hot, il semble suivre le même chemin que les autres extraits de l’album The Getaway : trop expérimental pour marcher en radio et donner satisfaction aux fans des années 2000, qui s’étaient habitués aux mélodies faciles de leurs hymnes pour stades, il ne réconciliera probablement pas tout de suite le groupe avec ses fans de la première heure, abandonnés à la fin des années 90 à leurs passions funk et hard rock, au profit de plus lucratives mélodies pop, qui ont fait du groupe californien l’un des plus puissants en radio, de Californication à Stadium Arcadium. Bref, le comeback ne s’annonce pas sous les meilleures auspices pour Kiedis et ses potes, malgré la critique plutôt favorable et le paquet mis sur la promo, du Carpool Karaoke de James Corden aux concerts privés que le groupe donne à gogo depuis quelques semaines, en passant par la présence sur le disque de Danger Mouse et d’Elton John.

2 réflexions au sujet de « Red Hot Chili Peppers – Dark Necessities »

  1. Pas d’accord, du tout.
    Et d’autre part, outre l’esthétique de Kiedis et votre très approximative (et novice) jugement quant à la musique, je doute de votre « sens critique ».

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