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The Chainsmokers feat. Halsey – Closer

 

 

 

En se maintenant pour la dixième semaine consécutive en tête des charts US (soit autant que le One Dance de Drake), Closer, le numéro 1 un peu chelou de The Chainsmokers featuring Halsey, devient donc, sans conteste, l’un des plus gros hits de l’année 2016. Un hit d’autant plus étonnant que peu de choses prédisposaient le groupe et la chanteuse à décrocher un numéro 1 aussi vite, avec un titre aussi étrange et a priori peu bankable : pas très club, pas très rock, pas très hip-hop, bref pas vraiment dans les clous de ce qui fait un hit à l’heure des Major Lazer et autres DJ Snake au sommet des charts. Mais la pop mainstream a ceci de délicieux qu’elle est imprévisible, et qu’elle élit parfois un morceau bizarre, pas complètement formaté, d’un artiste pas tout à fait adoubé par une clique de cadors (pas de Max Martin, de Kanye West, de Ryan Tedder ou de Diplo derrière les titres de The Chainsmokers), à l’enviable position de numéro 1. Pas vraiment mon titre préféré de l’année, mais c’est cool de voir de nouvelles « royautés » émerger dans la sphère pop.

Moby & The Void Pacific Choir – Are You Lost In The World Like Me

 

 


 

 

Les critiques de la modernité sont toujours un peu bateau, surtout dans un format aussi court que le clip musical. Moby ne sort pas particulièrement du lot avec les thématiques abordées dans son dernier clip Are You Lost In The World Like Me : incommunicabilité, technologies de l’information qui nous isolent, violence des rapports humains, industries polluantes, perte de sens… En résumé, nous sommes malheureux à cause de systèmes (le dernier album de Moby s’intitule These Systems Are Failing) qui étaient supposés nous rendre plus libres et plus heureux, mais qui nous enferment et nous insensibilisent : écrans, villes, industries, médias… Isolement, égoïsme, vulgarité de plus en plus poussée des contenus mainstream, imprudence, pollutions : la vie des occidentaux en 2016, philosophiquement, c’est tout pourri. Bon, rien de bien révolutionnaire en termes de message, dans une société que nous sommes prompts à dénoncer mais dont nous avons toujours autant de mal à nous affranchir. Pourtant, le titre n’est pas désagréable (pas vraiment tubesque non plus), et la vidéo est assez réussie, avec ses animations créées par Steve Cutts et inspirées par les comics des années 30-40 (Betty Boop, Popeye…), ce qui devrait assurer un minimum de visibilité au titre. Reste que ce n’est pas encore cette année que Moby va revenir en grâce dans les playlists NRJ.

Juste la fin du monde

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C’est toujours une expérience intéressante de voir un film de Xavier Dolan. Jamais vraiment du temps perdu, même quand c’est un peu raté ou, comme c’est le cas de Juste la fin du monde à mon sens, décevant parce que surévalué. Grand Prix à Cannes en mai dernier, le film a emballé la critique et bon nombre de ses spectateurs en première semaine, au point qu’on s’attend, en entrant dans la salle, à découvrir un chef d’œuvre qui va changer notre vie, une œuvre qui réussit une synthèse parfaite des envolées esthétiques et philosophiques des précédents efforts du prodige canadien, tout en évacuant les défauts un peu anecdotiques qu’on leur reprochait parfois : grandiloquence, manque d’humour, se prend furieusement au sérieux, ressasse les mêmes thèmes depuis le premier film… Alors qu’on ne songerait jamais à reprocher à Alfred Hitchcock son exploration constante des troubles de l’âme humaine et des quêtes de vérité, ou à Woody Allen ses personnages centraux souvent bourgeois et tout le temps en plein doute existentiel. Mais chez Dolan, c’est forcément pas assez subtil, pas assez mainstream, pas assez intello, pachydermique… Bref, il ne peut jamais gagner. Mais alors là, j’ai un peu de mal à comprendre comment tout le monde se prosterne si facilement.

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Bridget Jones’ Baby

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Parfois, la marque est tellement puissante que la médiocrité du produit vendu ne nous apparaît qu’après coup, voire jamais, laissant l’expérience de consommation dans un bain de flou bienheureux : on a passé un bon moment, même si objectivement c’était un peu nul, et si on aurait trouvé ça bof avec une autre étiquette sur l’emballage. C’est un peu ce qui m’est arrivé avec Bridget Jones’ Baby, aka Bridget Jones 3 « vite dépêchons-nous de tourner avant que ça se voie vraiment trop que Colin Firth a soixante piges et que Renee Zellweger est ménopausée ». C’est pas qu’on passe un mauvais moment, hein, au contraire, on prend même un certain plaisir à retrouver la célibataire de cinéma qui sert absurdement de mètre-étalon aux célibataires trentenaires du XXIème siècle alors qu’elle est essentiellement définie par son rapport aux hommes et que ses maladresses au boulot confinent au manque total de professionnalisme… Mais on ressort de là avec l’impression un peu gênante qu’on ressent la plupart du temps après être allé voir un « numéro 3 » au cinéma : celle d’avoir été un peu pris pour un con par des producteurs roublards, qui nous ont fait perdre deux heures devant un produit pas génial, par la seule puissance de la marque et d’une nostalgie un peu périmée.

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