Archives de catégorie : Cinéma

Finding Dory

 

dory ellen degeneres

 

Bon, on va pas se mentir, c’est devenu impossible de critiquer la machine impeccablement huilée du storytelling Pixar : ses personnages colorés et attachants, ses castings de voix pour lesquels la crème du showbiz US se bouscule au portillon, ses films à double-degré de lecture pour petits et grands, ses fables à la morale systématiquement humaniste et universelle… Mais bon, c’est aussi une machine hollywoodienne, et comme ses voisines, elle réfléchit de plus en plus en termes de sagas, de suites, de spin-off, de franchise. Bref, en termes de marque. Et ça nuit un peu à la beauté de sa merveilleuse réussite artistique, par moments. La marque « Nemo », DVD le plus vendu de l’Histoire et plus gros succès de Pixar jusqu’à Toy Story 3 en 2010, a bien vieilli dans l’imaginaire collectif. Ses poissons-peluches et son message familial ont suffisamment marqué les esprits (et rapporté au box-office) pour qu’une suite soit envisageable. Même si, faute de pouvoir se faire enlever par un dentiste amateur d’aquariums dans chaque film, le petit Nemo du premier film devient, ici, franchement accessoire…

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Elle

 

elle paul verhoeven

 

C’était le piège à pronostics de Cannes 2016 : chaque année, il faut que la critique, notamment française, s’emballe pendant le festival, pour un film qui va, forcément, finir au palmarès. Bien souvent, c’est un film français. Bien souvent, il ne finit pas au palmarès, en tout cas pas au sommet qu’on lui avait prédit. Saint Laurent en 2014, The Artist en 2011, Des Hommes et des Dieux en 2010, Un Prophète en 2009, Les Chansons d’Amour en 2007… A chaque fois, on se pâme pour un frenchie, on l’annonce favori pour la Palme, et ça n’arrive pas. Exceptions ces dernières années avec Dheepan (mais personne n’a vraiment compris pourquoi il a été primé), La Vie d’Adèle et Amour, d’Haneke, qui était un faux film français, mais bon ça nous arrangeait. Bah c’est un peu ce qui s’est passé avec Elle, j’ai l’impression. Faute d’avoir été convaincue par les quatre films français en compétition (Mal de Pierres de Nicole Garcia, Rester Vertical d’Alain Guiraudie, Ma Loute de Bruno Dumont et Personal Shopper d’Olivier Assayas), la critique a reporté son enthousiasme francophile sur le film germano-français du réalisateur néerlandais culte de Basic Instincts et de Total Recall. Et c’est vrai que ça aurait eu de la gueule que le réalisateur de Showgirls obtienne la Palme d’Or. Mais c’était, bien évidemment, un leurre.

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Merci Patron !

 

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Sorti le 24 février dans les salles obscures, Merci patron ! a franchi cette semaine la barre symbolique des 300 000 spectateurs ; pas un score de blockbuster mais un succès incontestable pour ce documentaire un peu filou et surtout complètement fauché, qui n’en espérait probablement pas tant mais qui a su capitaliser à merveille sur l’intérêt médiatique grandissant qui lui a été porté, notamment du fait du rôle joué par le journaliste amiénois François Ruffin dans l’éclosion du mouvement Nuit Debout. Militant, et ne s’en cachant pas, le documentaire séduit à peu près partout où il passe. Là où la plupart des films font un maximum d’entrées en première semaine et voient la fréquentation en salles diminuer peu à peu lors des semaines suivantes, Merci Patron ! engrange chaque semaine plus de spectateurs que la précédente, passant d’ailleurs de 39 salles en France fin février à près de 200 aujourd’hui.

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The Brothers Grimsby

 

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Depuis le semi-échec de Brüno en 2009, Sacha Baron Cohen a joué les seconds rôles pour des réalisateurs de prestige (Scorsese, Burton, Hooper), mais pour ce qui est des premiers rôles, si ce sont toujours des machins trash qu’il s’écrit pour lui-même, il a délaissé le format mockumentary, qui semble avoir lassé le public ou perdu de son effet de surprise. Ainsi, dans The Dictator, il s’éprenait d’Anna Faris sur fond de révolution arabe, et dans Grimsby, il devient une sorte de Pierre Richard plouc et beauf, caillou dans la chaussure de son espion de frère. Un classique de la comédie d’action, en somme (le boulet et l’action man), recyclé dans un marasme de gags qui sentent le réchauffé, bien dans le jus de l’humour trash-pipi-caca-sexuel-dégueu-beauf qu’affectionne SBC.

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