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Glamorous commitment

Il paraît qu’il faut offrir à ce blog un peu d’animation via des lecteurs Youtube ou Dailymotion. Je me lance donc avec une bonne cause, si c’est pas beau cette volonté! Dans quelques jours, le 7 juillet pour être précis, aura lieu le mariage du basketteur et rappeur de grand talent Tony Parker avec Eva Longoria bien sûr, mais aussi et surtout Live Earth, un concert planétaire contre le réchauffement climatique. L’évènement, emmené par Al Gore, devrait être suivi par quelques 2 milliards de personnes à travers le monde à la télévision. Et pour l’occasion, Madonna a enregistré un titre inédit, Hey you, qui est un véritable carton sur les plateformes de téléchargement (normal, c’est gratuit).

Bon, perso, je ne pense pas qu’on tienne là un tube énorme, mais je peux me gourrer. On notera tout de même que la Madone ne s’est pas mise en scène dans ce clip, elle s’efface devant la cause. On voit uniquement des personnalités d’envergure internationale et des « gens ordinaires ». On dirait un peu une pub Benetton. Je suis très touché par la misère de l’ours blanc, qui va vraisemblablement se noyer faute de pouvoir reposer son cul sur la banquise. C’est mon côté « sauvons Bibiphoque » qui parle, là.
Cependant, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur l’utilité de cette démarche. Je ne parle pas du clip de Madonna, mais de l’évènement dans son ensemble. Certes, des artistes qui s’engagent, c’est beau. Réunir des milliers de personnes à des concerts engagés, c’est fort. Rappeler aux hommes politiques par des images subliminales que Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela sont de grands hommes et qu’il faudrait se bouger les fesses pour leur arriver à la cheville, pourquoi pas. Mais… tout cela a-t-il l’impact espéré?

Les grandes causes mobilisent, à échéances régulières, des foules et des sommes d’argent considérables. Le Téléthon, le Sidaction, le tsunami, l’ouragan Katrina… des gens se bougent et c’est très bien. La cause du réchauffement climatique a cependant ceci de particulier qu’elle ne touche pas vraiment les gens. Je m’explique: si nous sommes tous conscients des horreurs qui s’annoncent en terme de réchauffement climatique (et ça commence!), nous avons l’impression que c’est loin, très loin. Al Gore et ses potes revendiquent une diminution de 90% des émissions de CO2 dans les pays industrialisés… d’ici 2050. Les séropositifs, les myopathes, les gens qui n’ont plus de maison à la Nouvelle-Orléans, c’est maintenant, tout de suite. C’est pour cela que la mobilisation, même ponctuelle, fait parler d’elle et a un impact: il y a des gens à sauver. Le souci du développement durable, c’est en principe valable toute l’année, pour des conséquences que nous, Occidentaux, ne voyons pas vraiment venir. Quand nous aurons des étés à 55°C, pas d’eau potable et l’impossibilité de faire le plein de nos bagnoles, peut-être qu’on se réveillera un peu plus… Il n’y a qu’à voir ma lamentable vie quotidienne (lamentable sur ce point là, j’entends): je ne m’autoflaggelle pas, j’aime ma voiture et mon confort et je ne me trouve pas monstrueux. I’m bad…

En attendant, les pouvoirs publics continuent d’être interpelés par les artistes, mais freiner le développement (et les vilains lobbies industriels?) ne leur est pas si facile que ça. Faire de la politique, est-ce vouloir ou pouvoir changer le monde? Le monde, lui, ne me changera pas: la première chose que j’ai pensé en voyant ce clip, ça reste « Whouaou, trop bien, un nouveau clip de Madonnaaaaaaa!!! ». N’est pas Mandela qui veut.