Archives de catégorie : Sorties

An evening with Christina Bianco

 

J’étais assez sceptique quand l’Homme a booké deux places pour le spectacle de Christina Bianco, qui avait lieu ce vendredi 23 mars, au Royal Albert Hall de Londres. Bon, déjà parce qu’un spectacle à Londres ça ne coûte pas que le prix d’une place de spectacle, hein : il faut se déplacer, se loger (bon, ça, on se débrouille toujours pour squatter chez les amis, hein), manger, rentabiliser un minimum le déplacement en passant un jour ou deux de plus sur place… et ça te fait vite du week-end à cinq cents boules (qu’on a pas forcément) (les cinq cents boules) (je parle d’argent, hein) (bref). L’autre raison de mon scepticisme, c’est que bon, Christina Bianco n’est pas exactement la star la plus incontournable de la planète qu’il faut absolument avoir vu une fois dans sa vie pour-pouvoir-mourir-tranquille-et-sinon-t’es-une-merde-molle : c’est une nénette qui a fait un buzz sur YouTube avec notamment deux de ses vidéos, dans lesquelles elle chante, respectivement, Total Eclipse of The Heart (ci-dessus) et Let It Go de la B.O. de Frozen, en adoptant successivement les voix de divas pop d’hier et d’aujourd’hui. Sa manière d’imiter Céline Dion (sa préférée à imiter, déclare-telle) (et cela se voit), notamment, est une franche réussite. Mais bon, les imitateurs, moi, ça me fait moyen rire, en fait. En France, les Canteloup, Gerra et autres Didier Gustin ont tendance à utiliser toujours les mêmes ressorts « comiques » usés (Hollande le  niais qui bégaye, Sarkozy l’excité au tic d’épaules, Ségolène Royal la virago coincée, Johnny le teubé, Mylène Farmer la suicidaire, Miss France la coconne…) qui perso me laisse de marbre, et dans une registre plus musical, le peu que j’ai vu, à la télévision, de Veronic Dicaire ou de Michaël Gregorio m’a semblé certes bluffant sur certaines imitations, mais bon 1) ça va, c’est bluffant 5 secondes, pas de quoi passer deux heures dessus non plus, 2) globalement, en-dehors des moments d’imitations, c’est pas hyper drôle drôle, et 3) de toute façon je vois pas l’intérêt de se fader la copie, surtout quand l’original est encore vivant et en tournée quelque part. Donc bon, Christina Bianco, avec mon compte à découvert, mon humeur de chien et mes a priori habituels, j’étais bof parti pour kiffer la vaïbe toute la soirée.

  Continuer la lecture de An evening with Christina Bianco

Faut-il revenir un jour ?

Revenir-un-jour

 

Je suis parfois d’un snob, c’est affreux. Genre je suis pétri de préjugés, méprisant, je pète plus haut que mon cul et je crois que ça sent la rose, un truc de dingue. Donc bon, les divertissements populaires du genre pièces de boulevard, grosses comédies populaires avec Dany Boon ou Franck Dubosc au générique, ou Théâtre des Deux ânes, au mieux j’y vais avec mon second degré le plus arrogant de vieux parisien qui vaut bien mieux que ça mais qui condescend à s’amuser avec les codes de la plèbe, ou alors (plus souvent) je me borne à décréter que c’est pas pour moi et je me complais dans ma méconnaissance du truc. Ça c’est pour te poser le décor du mec qui se rend à la première d’une pièce de théâtre écrite par Franck Le Hen, entouré d’attachés de presse et de demi-peoples qui avaient vaguement une émission ou un clip sur M6 au détour de l’an 2000 : le mec est mal à l’aise d’avance et n’a pas beaucoup d’attentes quant à la qualité de ce qu’il va voir sur scène. Enfin, il ne s’attend pas à du Racine, quoi. C’est normal, le mec est du genre snob qui refuse d’aller voir les films de Kev Adams juste par principe, c’est te dire le niveau d’objectivité et de légitimité de ce qui va suivre (je précise, hein : zéro).

Continuer la lecture de Faut-il revenir un jour ?

Brokeback Mountain, comment un grand film est devenu un opéra raté

 

brokeback mountain opera

 

 

Je n’ai su qu’il y a très peu de temps que Brokeback Mountain allait être adapté en opéra, ce qui, déjà, et sans même avoir vu le résultat, me semblait foireux. La nouvelle d’Annie Proulx était d’une sécheresse presque triste, sur moins de 100 pages, reflétant bien la simplicité du drame probablement ordinaire frappant les personnages, tandis que le film d’Ang Lee, en 2005, brillait par ses silences, ses longs plans contemplatifs sur les paysages et les visages, et par son économie de mots. Le pitch bien connu désormais de l’histoire de ces deux cow-boys, Ennis Del Mar et Jack Twist, qui se rencontrent et tombent amoureux lors d’un job d’été en montagne dans les 60’s avant d’être rattrapés par la réalité de leurs vies respectives, se mariait bien avec les formats de la nouvelle et du long métrage, surtout dans la manière qu’avaient choisis Annie Proulx et Ang Lee pour l’aborder. Mais en opéra ? Comment retrouver la tempête intérieure qui ronge les personnages (et notamment celui d’Ennis) dans un format qui favorise le mouvement permanent sous le regard du public présent, les envolées lyriques et l’omniprésence de la musique ? J’avais de sérieux doutes.

Continuer la lecture de Brokeback Mountain, comment un grand film est devenu un opéra raté

Sors ! Sors ! Sors !

 

hinthunt logo

 

Les gens ont pris l’habitude, ces dernières années, de m’offrir des cadeaux d’anniversaire différés. Certains, je pense, parce qu’ils n’ont pas réussi à trouver un truc à temps et qu’ils se laissent ainsi quelques semaines de plus pour me concocter une après-midi surprise à base de sorties et de victuailles. D’autres, parce qu’on a grandi et que s’offrir des préservatifs et des mugs Bob l’éponge ça va bien un temps, alors on mise sur des trucs un peu plus haut-de-gamme (sachez, au cas où vous en douteriez, que j’adore les spas). D’autres encore, pensent toujours bien faire en offrant une Smartbox qu’on va laisser moisir dans un coin et consommer, au mieux, en catastrophe deux semaines avant sa péremption. Et puis, cette année, quatre d’entre eux ont eu envie de faire quelque chose de personnalisé (la base d’un cadeau réussi : il est personnalisé, aka vous ne l’auriez pas offert à quelqu’un d’autre) et ont, un peu par hasard, trouvé leur bonheur dans l’une de ces activités « différées ».

Continuer la lecture de Sors ! Sors ! Sors !