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10 clichés à retenir des J.O. de Londres

Pour le sport, pour le lol et pour la postérité, les J.O., c’est fini. On est quelque part entre soulagés et un peu tristes, parce que ça faisait un sujet de conversation facile en soirées mondaines. Mais on a aussi pu voir ce que donnait un gros évènement sportif mondial à l’heure du web social, des memes et de la pop culture tous azimuts pendant 15 jours. Pour ça, Pékin 2008 avait été un peu freiné par le manque d’implication des chaînes TV, des codes (Twitter, gifs, hasthags) encore un peu balbutiants, et évidemment le contexte géopolitique très particulier. Mais là, à Londres, ça a donné. Petite revue, forcément non exhaustive, de 10 images qu’on retiendra de cette trentième Olympiade…

Tom Daley, révélation gay… Même s’il n’est peut-être même pas gay.
Usain Bolt et la Jamaïque sur le toit du monde de l’athlétisme.
Les FA-BU-LEU-SES chaussures Speedo de Ryan Lochte.
Le pénis, en érection ou non, de Henrik Rummel. Le médaillé de bronze d’aviron passera probablement, pour de longues années, à la postérité pour cet incident visuel plutôt que pour sa médaille. C’est moche.
Gabby Douglas, championne olympique de gymnastique en individuel et par équipe, qui a vu ses exploits ternis par un débat stupide sur… sa coupe de cheveux pendant les épreuves.
Les photos crypto-gay de Danell Leyva, fuitées par une « jeune femme » qu’il aurait draguée sur Internet, mais qui fleurent bon Grindr quand même.
Le bonheur visible de Teddy Riner, qui fait quand même plaisir à voir.
Les larmes de Félix Sanchez, le dominicain de 34 ans (!!) qui a remporté son second titre olympique au 400 mètres haies, laissant retomber sur le podium la pression et les sacrifices de ces dernières années. C’est aussi pour ça que les gens aiment le sport.
La médaille d’argent de Roger Federer, qui ne remportera donc probablement jamais l’or olympique en individuel. La dramaturgie, le carriérisme, tout ça…
Les Spice Girls ont encore un peu d’énergie pour la scène. Même si Victoria n’a jamais été bonne qu’à poser. Les cérémonies organisées en ouverture et en clôture étaient certes très auto-centrées sur le Royaume-Uni (mais comment a-t-on échappé à Coldplay ??), mais entre les Monty Python, les Take That, One Direction, Kate Moss, Elbow, George Michael, Annie Lennox, les Pet Shop Boys, Kate Bush… ça avait quand même de la gueule (il suffit pour cela d’imaginer comment on aurait meublé les cérémonies de Paris 2012 : Michel Sardou, David Guetta, Nolwenn, Lorie, Garou, Florent Pagny + on aurait éventuellement déterré Piaf, Brel, Gainsbourg et les Yéyés…).
Dans quatre ans, on dit déjà, parce qu’on aime bien aussi les clichés sur le Brésil, qu’il y aura plein de filles en string. Et de la samba. Mais une chose est sûre : il y aura des images comme celle-ci, à aimer, à détourner et à garder en mémoire. Comme à chaque nouvelle édition des Jeux.

La France déteste ses « champions »

… et surtout ses championnes. Depuis deux jours, le web français s’enflamme sur la performance d’actrice, apparemment digne de moqueries, de Marion Cotillard dans The Dark Knight Rises (un film que je n’ai pas encore vu, parce que j’estime avoir du temps devant moi pour y aller) (même si c’est quand même pas mal la foire aux spoilers sur le web depuis quelques jours). Une autre démonstration d’un mal bien français qui frappe Marion Cotillard depuis le succès certes un peu surfait de La Môme, mais qui avait auparavant frappé bien d’autres de nos compatriotes. Car en France, on ne pardonne pas grand-chose au succès, et surtout, on attend avec délectation l’heure du faux pas et de la chute. Petit panorama de champions français qui s’en sont pris plein la gueule par « leur » public…

Jean Alesi

Est-ce son faux air de Nicolas Sarkozy ? Son flop monumental avec l’écurie Prost Grand Prix ? En tout cas c’était un mal-aimé. Certes, le gars n’a jamais rien gagné, et reprendre le flambeau du haut niveau français en Formule 1 (un sport qui ne m’a jamais intéressé et dont je me demande encore l’intérêt de le diffuser le dimanche après-midi à la place de rediffs de McGyver) alors qu’Alain Prost y avait été une des grosses stars mondiales, ce n’était pas facile. Je me demandais toujours, moi qui ne connaissais pas trop le bonhomme, ce que les Guignols de l’info pouvaient bien avoir contre ce garçon « à fond à fond à fond », et je ne comprenais pas trop les blagues sur « le gravier ». Mais bon, le pauvre Jean, il fallait s’y habituer, était juste une cible un peu facile, sujet de running gag pas forcément finaud, à l’image de tout sportif un peu exposé médiatiquement, un peu comme Jean-Pierre Papin ou…

Amélie Mauresmo

Alors elle, elle en a bouffé des critiques durant sa carrière. Trop grande, pas assez jolie, de trop gros bras, pas assez de grands titres, numéro un mondiale sans avoir remporté de titre du Grand Chelem… A la Fédération Française de Tennis, Amélie Mauresmo, c’est un peu Dieu, mais pour le grand public, cela reste cette joueuse lesbienne qui n’a remporté « que » deux titres du Grand Chelem (dont un sur abandon). C’est vraiment dommage, parce qu’elle a beaucoup apporté à la popularité de son sport dans les années 2000, et que dans le tennis français actuel, celui ou celle qui se constituera un palmarès comparable à celui d’Amélie Mauresmo n’est peut-être même pas encore en activité. La « faible » popularité de Mauresmo est apparemment extensible à l’ensemble des joueurs français, presque systématiquement descendus en flèche sur les forums et sites spécialisés : Jo-Wilfried Tsonga pas assez ambitieux et qui mange trop de Kinder Bueno, Marion Bartoli trop grosse, Gilles Simon pas assez puissant, Fabrice Santoro qui ne gagnait jamais rien, Aravane Rezaï et Alizé Cornet qui ont percé trop tôt et jamais confirmé, Nathalie Tauziat dont personne n’avait rien à foutre, Cédric Pioline jeté au premier prime time de Danse avec les stars (lol)…

Richard Virenque

L’affaire de dopage, bien sûr, et le fait qu’on l’ait du coup un peu trop entendu dire des âneries à la télé et à la radio avec sa voix de grand benêt, ça ne l’a guère aidé. Mais il n’y a pas que dans le sport que le public français, notamment sur le web, la joue « hater » envers ses plus fiers représentants…

David Guetta

Je ne m’en cache pas et ne m’en suis jamais caché, je n’aime pas David Guetta, son sourire niais, son bonheur conjugal triomphant, ses produits dérivés multiples, sa recette musicale immuable balancée à tout va, son omniprésence médiatique… Mais je ne me voile pas la face, je sais bien que ça a toujours été de bon goût (et que ça le restera) de cracher sur ce monsieur et sa success story à l’américaine qui semble insulter notre conception française de la carrière artistique « pour l’amour de l’art », option « artiste maudit qui a galéré et qui rencontre le succès par hasard, c’est beau ». Le succès de David Guetta n’a rien d’un hasard et relève plutôt de la machine commerciale impeccablement huilée. C’est sûrement pour ça qu’on le déteste et que, alors qu’il semble au sommet de sa carrière depuis 2009, on guette avec convoitise le moment où il va se vautrer.

Christophe Maé

Ah ça, c’est facile de trouver des gens qui détestent Christophe Maé sur le web. Un peu moins maintenant, mais entre 2007 et 2010, quand on entendait sa voix geignarde en permanence à la radio, dans les supermarchés, dans les ascenseurs, à la télé, chez le coiffeur… on avait un peu envie qu’il meure. On pourrait mettre ça sur le dos du matraquage, mais en fait non. Car Christophe Maé vend des disques. Beaucoup. Même aujourd’hui. Haï sur le web, adoré dans les bacs, un paradoxe que Christophe Maé partage avec Zaz.

Kad Merad

On le voit trop, trop souvent, dans des films rarement excellents, ni choisis par l’acteur pour leur côté original. La filmographie de Kad Merad commence à ressembler à celle de nombre de rentiers du cinéma français, à l’image de Christian Clavier, Daniel Auteuil ou Jean Reno. On se souvient qu’à un moment ils avaient fait un ou deux bons films, qu’ils avaient eu du succès… mais on est bien en peine de se rappeler du dernier film d’eux qu’on a vu au ciné, ou même du dernier bon film d’eux dont on a entendu parler dans la presse. Kad Merad a eu deux immenses coups de bol : Je vais bien ne t’en fais pas, et Bienvenue chez les ch’tis. Lui-même n’en est probablement toujours pas revenu. Deux films qui lui permettent de rester bankable aux yeux des producteurs, mais franchement pas de succès notable ou inoubliable : R.T.T., L’Italien, Safari, Mes stars et moi… Du coup, parce qu’omniprésent et n’apportant pas grand’chose d’intéressant ou de nouveau au cinéma, il soûle la plupart des personnes que je connais.

Mélanie Laurent

Elle aussi « révélée » par Je vais bien ne t’en fais pas, Mélanie Laurent pâtit de deux choses : son air un peu hautain, et le fait que les réalisateurs hollywoodiens la courtisent. Si on ajoute à cela le fait que, comme Kad Merad, elle a fait un peu trop de films et a été un chouïa trop présente dans les salles de cinéma pendant un temps (dans des films globalement sans risques et assez oubliables), on a un cocktail parfait de « fille qui a trop de succès et qui nous soûle, même si on devrait être fiers ».

Juliette Binoche

Trop intello, trop prise de tête, trop poseuse… Malgré son oscar, son BAFTA et ses prix d’interprétation à Cannes, Berlin et Venise, le public ne va guère voir les films de Juliette Binoche au cinéma.

Brian Joubert

Un peu comme Surya Bonaly ou Philippe Candeloro avant lui, l’absence de grand titre mondial à son palmarès (à part les championnats du monde de 2007) (ça remonte quand même un peu) et sa relative inconstance l’empêchent probablement d’être populaire. Ça, et évidemment le fait que tout le monde aime bien se moquer du tapinage patinage artistique.

Laure Manaudou

Probablement parce qu’elle a eu du succès trop tôt, et parce qu’elle s’est ensuite avérée être ingérable et peu impliquée. C’est le syndrome du « talent gâché » qui met forcément un peu en colère. Son come-back au JO de Londres se fait dans une certaine indifférence, personne n’y croit, elle-même avoue qu’elle ne s’est pas forcément donné les moyens à l’entraînement d’être au top. On retiendra probablement d’elle qu’elle a été championne olympique avant de se démobiliser, de prendre une retraite inconsidérée, de faire une sex-tape et des pubs pour gel douche, et de dire des conneries sur Twitter…
Je n’ai jamais trop compris pourquoi les champions français, qui devraient bénéficier d’un minimum de soutien patriotique, sont si souvent décriés, jugés pas assez bons, trop mis en avant, surestimés, gnagnagna… Un manque de popularité qui, pourtant, semble s’arrêter à certaines disciplines, notamment masculines, puisque les footballeurs restent des demi-dieux (au moins pour les plus « célèbres » d’entre eux) même quand ils font des trucs a priori inqualifiables (Zidane, Ribéry) et que tout le monde s’excite quand les nageurs français réussissent à pondre une médaille d’argent en relais 4x200m…

Roger et Serena

On ne s’en rend probablement pas bien compte, quand on se fout un peu du tennis ou qu’on en suit l’actualité d’un œil distrait, mais on vit une grande époque. Celle où un sport, qui réussit un tour de passe-passe unique en son genre entre populaire et snob, entre mainstream et initié, vit l’une des plus grandes périodes de son histoire. Il y a l’argent, bien sûr. Les billetteries qui tournent à plein régime, les stades remplis, les contrats publicitaires (surtout dans le top 5, ne nous leurrons pas). Mais aussi et surtout les joueurs. Je ne suis attentivement le tennis que depuis quelques années. C’est le seul sport qui m’intéresse.

 

J’aime ce sport pour sa dramaturgie individuelle, son côté « choc des titans » avec des personnalités généralement bien opposées d’un côté du filet et de l’autre. Et aussi parce que le suspense est toujours là : un match de tennis, ce n’est jamais perdu (ou jamais gagné) avant le dernier point. Remonter un déficit de 0-6 0-5, c’est possible. Et parfois, ça arrive. Dans des proportions moins compromises la plupart du temps, bien sûr, mais quand même. Le match nul n’existe pas. Il faut un vainqueur, il faut un perdant. Même quand ça fait mal au coeur. C’est probablement ça qui est beau aussi. Et puis de toute façon je n’ai jamais réussi à apprécier, à m’identifier ou à me projeter dans les sports d’équipe. Alors que le tennis, ça a une vraie saveur personnelle, un vrai potentiel tragique. Alors même que je n’ai jamais fait de sport, jamais touché une raquette et que je me mets en mode automatique quand du foot ou du rugby passe à proximité de mon radar, le tennis a cet art-là, de me passionner.

 

Cela remonte à peu près au moment où Amélie Mauresmo, entre absence des sœurs Williams, semi-retraite de Kim Clijsters et Lindsay Davenport, incapacité de Martina Hingis à revenir au sommet, et saine rivalité avec Justine Hénin, réussissait à force de régularité à se faufiler à la première place mondiale et à devenir l’une des grandes joueuses de son époque. Une française, lesbienne intronisée icône gay, devenait Dieu dans un sport français, cela m’interpellait. On continue, aujourd’hui, de penser qu’elle a été un peu numéro un par défaut, bénéficiant des circonstances, gagnant son premier titre du Grand Chelem sur abandon (ses relations avec Justine Hénin ne furent, paraît-il, plus jamais les mêmes par la suite)… Moi je trouve qu’il ne faut pas minimiser ce genre de performance : quand on se bat avec les plus grands joueurs de tennis, je me plais à croire qu’on ne va pas loin dans les tableaux et qu’on ne devient pas numéro un par hasard. Savoir profiter d’un tableau dégagé, décapité d’une tête de série dangereuse, ça a l’air d’être un cadeau. Je pense, au contraire, que ce n’est pas si évident. Cela s’appelle saisir sa chance, et bien des joueurs et joueuses de tennis n’ont jamais su le faire, alors qu’ils avaient plus de talent. Je repense souvent à la malheureuse Elena Dementieva, qui était ma joueuse préférée jusqu’à sa retraite en 2010 : elle est, si souvent, passée tout près d’un grand titre. Et rien, jamais. A part l’or olympique en 2008. Amélie Mauresmo ne sera peut-être jamais considérée comme la plus grande joueuse de son époque ou de la décennie 2000, écrasée par le palmarès d’une Serena Williams ou d’une Justine Hénin, mais elle a su saisir sa chance et a porté une génération de joueurs et de fans français de tennis vers des sommets finalement pas si souvent effleurés.

 

En France, nous n’aurons peut-être jamais un Roger Federer pour aller nous décrocher des Petits Chelem sur une année ou des Grand Chelem en carrière, mais en nourrissant la filière tennistique en talents et en boulot, on aura peut-être un grand champion dans les prochaines années. Et peut-être même un joueur déjà en activité qui, sur un malentendu, nous ramènera un titre du Grand Chelem dérobé au nez et à la barbe d’un Djokovic, d’un Nadal ou d’une Serena Williams. Mais vu l’âge des Tsonga, Monfils, Gasquet ou Bartoli, une domination du circuit pendant plusieurs années n’est tout simplement plus envisageable. Personnellement, je trouve plus agréable d’avoir 10 joueurs français dans le top 100 susceptibles de faire un gros coup, plutôt qu’un seul joueur de haut niveau qui cache la misère du reste du tennis tricolore. C’est un peu ce qu’on a depuis le départ de Mauresmo, chez les filles : la prochaine française qui remportera un titre majeur n’est peut-être pas encore en activité. Difficile de blâmer le public qui s’intéresse moins aux Françaises qu’aux Français dans ces conditions, considérations machistes mises à part.

 

Non pas que les Français soient mauvais, hein. C’est plutôt qu’on vit une grande époque. Et, charge émotionnelle supplémentaire, la fin d’une grande époque. Ce n’est pas tous les ans qu’un sport produit les plus grandes stars de son histoire. Certes, on n’a pas de memes rigolos comme les perruques ou shorts bariolés d’Andre Agassi ou les « YOU CANNOT BE SERIOUS » de John McEnroe, mais on a quand même du lourd (et puis, va savoir, avec quelques années de plus, les élastiques du slip de Rafael Nadal passeront peut-être à la postérité). Vise un peu.

 

 

Roger Federer et ses records absolus, désormais objectifs à dépasser pour ses poursuivants : plus de 286 semaines n°1 à l’ATP, 17 titres du Grand Chelem, deux tournois du Grand Chelem gagnés 5 fois de suite… Ce que le Suisse a fait, pas sûr que nous vivions assez longtemps pour voir un autre le refaire.

 

 

Maria Sharapova et son Grand Chelem en carrière, et son aura unique : la diva capricieuse, le mannequin à ses heures perdues, les contrats publicitaires de fous, la tête de gondole de l’armada russe sur le tennis mondial, la superstar du tennis féminin qui édicte les codes d’une certaine idée du glamour dans le sport pour contribuer, comme peu d’autres avant elle, à médiatiser le tennis féminin…

 

 

Kim Clijsters, le come back du siècle en 2009, la tournée d’adieu en 2012, la première maman à avoir été n°1 mondiale à la WTA.

 

 

Rafael Nadal, le plus grand joueur de tous les temps sur terre battue. Rien à faire, qu’on aime ou qu’on n’aime pas son attitude, son soi-disant fair play et son langage corporel sur un court, ce gars est en train de marquer l’Histoire de son sport également. Et pas seulement à travers sa rivalité avec Federer.

 

 

Andy Roddick, le déclin de l’Empire américain. Il y a quelque chose de triste dans la carrière de ce joueur, qui aurait fait tellement de grandes choses s’il n’avait pas été un contemporain de Roger Federer. Il aurait pourtant eu le charisme pour être la plus grande star sportive de la décennie. Et en 2003, ce n’était pas si loin. Depuis Wimbldon 2009, il décline tranquillement, même si ses fans espèrent un dernier coup d’éclat. Il me rappelle un peu Amélie Mauresmo, le sommet en 2006, éjectée du Top 20 à peine deux ans après, l’espoir d’un dernier hold-up… puis la retraite.

 

 

Novak Djokovic et Andy Murray qui se rapprochent tellement des géants.

 

 

Venus Williams, probablement la meilleure joueuse du monde en activité sur gazon, qui finit actuellement tranquillement sa carrière sur le déclin.

 

 

Serena Williams, sa petite sœur, sa plus grande rivale, au palmarès un peu amputé par les blessures et la fainéantise, mais qui a défini un nouveau profil de la grande championne charismatique, et une dramaturgie inédite dans le sport en instaurant une vraie rivalité entre deux sœurs au sommet du tennis mondial. Le Serena Slam de 2002-2003 a déjà 10 ans, et ce sommet est probablement hors de portée maintenant, mais cette longévité au plus haut niveau est, finalement, si rare sur le circuit.

 

Hier, à Wimbledon, probablement le tournoi du Grand Chelem le plus convoité, le plus noble, le plus marquant de l’année, Roger Federer est entré un peu plus dans la légende en décrochant sa 17ème timbale majeure. Samedi, c’est Serena Williams qui remportait son cinquième Wimbledon en simple puis en double, égalant sa grande sœur.
Deux trentenaires. Deux joueurs s’acheminant doucement vers la fin de leur carrière, réalisant presque miraculeusement l’un de leurs derniers coups d’éclat de manière simultanée. Et l’impression, peut-être pour la dernière fois, de les voir à leur place. Roger Federer ne sera peut-être numéro un que quelques semaines, mais pour moi cela restera toujours sa vraie place. Serena n’est plus qu’à quelques encablures de la place de numéro 1, mais qui ira la lui contester…

 

Dans cinq ans, nous serons en 2017. Federer, Clijsters, les Williams ne seront plus là. Sharapova, qui aura 30 ans, sera peut-être sur le déclin. La génération de nouvelles joueuses allemandes aura peut-être éclos chez les filles pour rivaliser avec les Azarenka, Kvitova ou Radwanska (encore jeunes), quand chez les garçons, de nouvelles têtes auront surgi dans le top 10. Cela fait beaucoup de peut-être, et jamais rien de sûr, comme il se doit.

 

Mais ce serait fou, pour ne pas dire hautement improbable, d’imaginer qu’on aura de nouveau un casting pareil au sommet du tennis mondial, avec les records, matches à suspense et dramaturgies sur et en-dehors des courts que l’on observe depuis quelques années. Profitons de Federer, profitons de Serena, profitons du tennis de 2012. C’est un tennis qui dit adieu aux années 2000 avec panache, et dans trente ans, on pourra le dire doctement aux petits jeunes : j’y étais. Enfin non, je n’y étais pas, hein, j’étais sur mon canapé, mais je l’ai vécu en direct et je m’en souviens.