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Martine à la ferme (gone wrong)

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C’est assez fascinant, en matière de cinéma, d’assister à l’éclosion d’un auteur. On a tendance à se focaliser sur l’éclosion des acteurs, des stars qui vont alimenter les fantasmes et la presse people pour la décennie à venir, mais on voit beaucoup moins de grands noms de la réalisation apparaître puis se maintenir à un niveau de célébrité comparable. Xavier Dolan n’est pas une superstar, mais il est typiquement ce à quoi on pourrait penser lorsqu’on parle de réalisateur-star : le genre d’auteur qui déploie une œuvre vaste et riche à travers sa filmo, bien identifié par la presse et (presque) par le grand public, dont les films sortent et font des succès (ou non) en salles sur son seul nom, et pas vraiment sur leurs stars. Quand sort un film de Xavier Dolan, les gens vont voir le dernier Dolan. Comme on va voir le dernier Spielberg, le dernier Resnais, le dernier Ozon, le dernier Polanski, comme on allait voir le dernier Hitchcock : on y va pour le réal’, à la limite on se fout de savoir qui est au casting ou de quoi ça va parler exactement, on a confiance en un nom. Et il n’y en a pas tant que ça, des réalisateurs (francophones ou non) qui font carrière sur leur seul nom. Même des gros auteurs confirmés comme Régis Wargnier, Tonie Marshall, Ridley Scott, Steven Soderbergh ou Claude Lelouch voient régulièrement leur nom s’effacer un peu, pendant la promo, au profit de leur casting. Xavier Dolan, non. Ou pas encore.

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Et maintenant… Les Arbitres ! (chouette!)

Vade Retro sale blogueur ! Tonight, in The Late Show with Vinsh, let us introduce « Kill The Referee », yeah baby !

Bon, alors le truc que tu dois savoir (enfin, non, tu ne « dois » pas) (je ne te dois pas la transparence absolue, non plus, hein), c’est que j’ai vu un deuxième film, la semaine dernière, grâce à Pingoo et Alexiane (que je remercie au passage, vu qu’hier je ne l’ai pas fait, comme un gros goujat que je sais être parfois) (souvent) (tout le temps, en fait) (d’où l’omniprésence du mot désolé dans mon extériorisation orale) (bref) (tiens, ça faisait longtemps, les parenthèses à rallonge, non ?). C’est que comme je suis un gros vendu, je dis toujours oui à une projection avec à boire et à manger (et avec des blougueurs et le réalisateur présent à la fin, aussi).

Le film dont il est donc question aujourd’hui, pour le coup, j’en parle plus pour honorer l’invitation que par sincère intérêt, au final.

Non pas que le film soit nul, mais… bon, je vais t’expliquer.

Ambiance totalement différente au cours de la projection du film Les Arbitres par rapport à Mary et Max, pour commencer. Rien à voir, en fait.

Normal, ça parle pas de pen friends, ça parle de foot. Et plus précisément d’arbitres (comme dans le titre) (whaou) (z’êtes lents, des fois).

Et moi, bah le foot je m’en tape royal (voire ça m’exaspère quand ça envahit ma radio, ma télé, mon ouèbe et ma rue pour cause de Coupe de Machin-Chose).

Quant aux arbitres, je les connais pas.

C’est d’ailleurs ça, le principe du film. Car c’est un film de commande, en fait, que l’UEFA a fait tourner pendant l’Euro 2008 et a financé dans le but de revaloriser la profession d’arbitre (leur boulot, leur stress, leurs enjeux, leurs pressions…), vu que l’arbitre, personne ne le connaît malgré sa présence en pleine lumière sur le stade, tout le monde l’insulte voire souhaite sa mort quand il prend une décision qui fait basculer le match…

Bref, c’est pas un boulot facile.

Et donc, l’UEFA voulait faire un film dont on ressortirait en se disant « Ah bah tiens, je m’investirais bien dans l’arbitrage, moi ».

Bon, gens de l’UEFA, sachez que c’est un peu raté. Perso, j’ai pas beaucoup plus envie qu’avant de m’intéresser à l’arbitrage. Ni au foot.

Par contre, j’ai bel et bien pris les gars en sympathie.

Howard Webb, l’arbitre anglais, parce que Rrrrrrr-bonsoir, toi (moins il y a de cheveux, hein…).

Manuel Mejuto Gonzalez parce que ce qui lui arrive est touchant.

Roberto Rosetti parce que je l’ai surnommé Mister Slip.

Mais bon, la mission consistant à changer le regard d’un supporter bovin sur ces gros enc*lés d’arbitres, c’est pas gagné.

Dommage, parce que formellement, le documentaire est intéressant. C’est réalisé par les gens de Strip Tease (en l’occurrence Yves Hinant, Jean Libon et Delphine Lehericey), l’émission qui est à peu près aussi culte qu’on nous la vend.

Le film est vraiment agréable à regarder, sans temps mort, pas trop long (1h17), avec la méthode Strip Tease : on filme, on ne commente pas, et on laisse le sujet filmé se comporter en poseur pendant quelques instants avant d’oublier la présence de la caméra (vu qu’il n’a pas de script, pas d’intervieweur, rien d’autre à faire que de vivre sa vie en somme).

Mais c’est vrai que le format choisi pour s’adresser au public visé (pas à moi, donc) n’est peut-être pas le plus judicieux. Et que les arbitres apparaissent effectivement comme des gars sympathiques qui ont à la fois la chance de graviter autour de l’univers de leur passion (le foot) et la malchance de subir ses mauvais côtés (car qui dit passion, dit aussi fanatiques, hystéros, et blaireaux de tous poils). Et qu’ils sont un peu beaufs sur les bords, aussi, mais bon, c’est le foot, hein…

On en arrive d’ailleurs au dernier point, qui m’amuse et me chagrine un peu dans la démarche global du film d’Yves Hinant et de ses acolytes. Ils ont à peu près les mêmes opinions que moi sur le foot, c’est « de la couille ». Mais du coup, ils semblaient nous parler du film sans réelle affection, sans avoir envie de nous faire partager un ressenti de leur expérience, un minimum d’attachement à « leur bébé ». Comme s’ils ne l’assumaient pas (c’est un film de commande, ok, mais bon) et souhaitaient nous entendre dire que les raisons pour lesquelles le film a été fait (les raisons de l’UEFA, donc) étaient un peu concon…. ce qui était forcément un peu bizarre de la part de ceux qui ont fait le boulot.

Au final, journalistiquement parlant, c’était une super occasion pour l’équipe de Strip Tease d’avoir carte blanche et toutes portes ouvertes pendant l’Euro, et ils ont foncé. Le résultat est donc bon, il y a de la matière, et on peut être édifié par ce qu’on voit ou s’en battre l’œil. Comme dans Strip Tease. L’UEFA, en revanche, a-t-elle obtenu le produit qu’elle espérait ?

Je ne suis pas certain du tout.

Étrangement, de toutes les chaînes françaises contactées pour une diffusion exclusive avant la sortie DVD, seule Canal s’est bougée les fesses pour diffuser le doc. A voir demain soir, mercredi 30 septembre vers 23h30, donc, pour se faire son propre avis.

Et pour voir le torse de Howard Webb.

Et le slip de Roberto Rosetti.