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Bilan du pont

Je suis très déçu. Aucune complainte désespérée par mon absence de QUATRE longs jours n’est venue meubler les commentaires. Ni ma boîte mail. Ni celle de ma mère (j’ai vérifié). Je te l’avoue, tu me désappointes presque autant qu’une Amélie Mauresmo éliminée au premier tour de Roland Garros.

Je suis même allé vérifier à la poliche : pendant le ouikène je suis allé au commissariat de Bordeaux pour leur signaler que j’étais le célèbre disparu de la blogosphère dont ils avaient forcément dû entendre parler depuis le mercredi midi. Eh bah devine quoi ? Que dalle, ils avaient jamais entendu parler de ma disparition (même pas ma mère les aurait appelés pour signaler que je ne l’ai appelée qu’une fois en quatre jours, même pas). La maréchaussée m’a ri au nez.

De dépit, je suis allé me livrer à un coiffeur de la rue Sainte Catherine, en lui donnant la consigne maudite du mec lambda qui ne veut pas forcément ressembler à un militaire en fin de perm’ : « Juste un peu court sur les côtés ».

J’avais déjà les cheveux courts, mais maintenant…

I just look like François Sagat.

Tu ne sais pas qui est François Sagat ? Bah cherche sur Go*gle, mais ne regarde pas trop dans Go*gle images, hein.

Allez, je te montre.

Oui, ratiboisé de partout je suis, avec les contours du front dessiné au cutter (si je restai dix minutes de plus, il me proposait peut-être le tatouage ?)…

Demain, je te raconterai peut-être mes aventures bordelaises, ou alors je me lancerai dans le porno.

Je suis ravi, Thérèse.

Believe it or not…

Je suis occupé, blindé, cerné, je suis sous l’eau… Et le plus beau, c’est que je pars en déplacement pour le reste de l’après-midi dans un quart d’heure, sans passage par la case bureau.

Théoriquement, je suis donc en week-end prolongé. En ce qui me concerne, ça se passera à Bordeaux, donc je repasserai par ici… bah, je sais pas trop quand, en fait. Je sais, je vais tellement vous manquer que vous allez faire les timides et ne pas me laisser de commentaires pendant quatre jours, et quand je reviendrai sur le bloug je serai attendri, ça ne me vexera pas du tout (nan, vraiment) (mais alors pas du tout) (hem)….

En attendant, let’s go to the mall

Bon week-end prolongé, les gens, pensez bien à l’armistice de 1918, à Rethondes, tout ça. Merci les poilus, hein!

Vie commune, lie commune

Dîtes donc, les jeunes, c’est pas pour vous accuser d’être prévisibles ni rien, mais bon, je remarque que dès que je fais un post « Le … du jour », bah je me fais systématiquement engueuler par le lectorat en transe ! Moi je dis stop !
On est lundi, il est bientôt midi, et je devais ramasser les copies. Qui qu’à mis sa tête sur les nichons de Madonna ou sur une robe faussement griffée, je le demande ?? Ouais, que dalle, je sais pas ce que je vais faire de vous, mais je vais finir par vous envoyer chez Violette, moi ! Vous allez voir si on peut lui parler comme ça, à elle ! Non mais…

Bref, ne nous attardons pas. Donc, comme vous l’avez compris, ce week-end je partais à Bordeaux, histoire de passer environ 46 heures avec le germanique gallinacée que, mine de rien, je n’avais pas vu depuis cinq semaines. Z’avez déjà essayé les relations à distance ? Non ?… Bon, bah évitez, hein. Ça a bien un petit charme romantique, mais c’est quand même frustrant avant toute chose. Se dire au revoir sur les quais de gare et ruminer dans le train, se voir une fois par mois, converser au téléphone = pas très glop. Alors oui, il y a les moments de retrouvailles qui sont géniaux, mais en définitive (et cela n’engage que moi, hein), heureusement qu’il existe une (lointaine) perspective de vivre un jour tous les deux dans la même ville. Bon, on sait toujours pas quand ni où, mais on y croit.

Le germanique gallinacée vit actuellement en colocation avec une jeune québécoise tout à fait charmante (quoique légèrement niaise) (en même temps elle est peut-être simplement timide, la pauvre, je ne l’ai vu que deux fois) (dont une fois où elle est tombée sur moi à poil dans le lit du germanique gallinacée) (passons).

Depuis quelques mois, comme lui, j’expérimente la vie en colocation, et je découvre mes manies, habitudes de vieux garçon, maniaqueries, et intolérances diverses. Cette semaine, justement, ma co-loque est en vacances (parce que oui, elle en a, elle) et je ressens une joie guillerette à me retrouver seul dans l’appartement, me laissant aller à mon mode de vie nonchalant de célibataire (que le germanique gallinacée a tant de mal à maîtriser). Il m’arrive de penser que je suis un monstre sociopathe fait pour vivre seul. Ce en quoi j’ai parfaitement raison, d’ailleurs, et il sera un de ces jours préférable pour tout le monde que je reprenne la vie en solo (et en clapier de 12m2 accessoirement).

Mais l’observation toute ethnologique que j’ai faite ce week-end de la cohabitation entre le germanique gallinacée et la primesautière québécoise m’a en quelque sorte rassuré. En effet, nul besoin d’être un monstre pour révéler ses mauvais côtés au quotidien. Par certains aspects, c’est tout comme chez nous (moi et ma co-loque, j’entends) : mêmes emplois du temps dépareillés, mêmes difficultés à se croiser dans l’appart’ (parfois ça fait du bien à tout le monde aussi), même lutte silencieuse au premier qui se décidera à allumer le chauffage (passant ainsi pour un gros consumériste inconscient de la valeur de l’argent en ces temps de crise), faire la vaisselle ou sortir la poubelle, mêmes divergences sur les habitudes de consommation, mêmes petits jugements dissimulés derrière les remarques anodines du quotidien…

Dès lors, je suis paumé et me demande si le concept de la vie en colocation n’est pas une vaste boutade qui nous a été vendue avec cynisme par Friends et ses suites plus ou moins logiques du genre L’Auberge Espagnole. Le but aurait été de nous vendre un mode de vie supposé marrant quand dans les faits personne n’aime se faire engueuler pour trois yaourts périmés dans le frigo, nous conduisant ainsi à devenir des asociaux qui reculeront devant les riantes perspectives de la vie familiale (lorsque, inévitablement, elles se présenteront à notre esprit à l’approche de la trentaine) (ou pas) ?

A moins que la vraie réponse ne soit dans le nombre ? 1 c’est bien, 2 c’est lutte et négociation en permanence, et plus c’est le bordel mais tout le monde y trouve son compte ?

Au bout du compte, je me rends compte que j’ai encore de la marge de progression, en termes d’égoïsme, avant d’être capable d’envisager la vraie vie commune. C’est utile, en un sens. La colocation, en fait, c’est un peu l’entraînement du djeunz’ avant d’envisager de sauter le pas avec bobonne (ou bobon?), non ?

Bon, c’est pas ici qu’on va trouver la solution à ces questionnements philosophiques, hein, alors on retiendra surtout que l’événement du week-end, c’est quand même la coloc’ du germanique gallinacée qui passe devant la porte de la chambre et qui me voit fort dévêtu sur le lit, ce qui est embarrassant des deux côtés (mais surtout elle, en fait). Bon, si elle n’avait pas compris que je sortais avec le germanique gallinacée (et apparemment, non, elle n’avait pas compris), bah maintenant elle sait à quoi s’en tenir. Mouarf.

Leaving Bordeaux

Voila, on y est. Il arrive, le tout dernier post bordelais de ce blog. Cela faisait quelques mois, déjà, que je pensais à cet article. Il ne sera pas meilleur que d’autres. Il aura juste la saveur particulière du dernier.

Je dois vous soûler, à la longue, avec mes dernières fois, non? Désolé, c’est passager, bientôt vous aurez droit aux pérégrinations lamentables d’un provincial en stage à Paris. Voila qui devrait être beaucoup plus excitant à lire… Donc, ce 13 avril 2008, je quitte Bordeaux, la ville qui m’a accueilli il y a bientôt cinq ans. Je me souviens assez mal de ce que j’étais à cette époque précise. Je ne crois pas avoir tant changé que ça. Pourtant, à revoir des photos de l’époque, on pourrait croire que si. A 23 ans, on peut être vachement moins moche qu’à 18. Bon, je ne suis toujours pas beau, hein, mais j’accepte de me voir en photo. C’est déjà un progrès énorme, peu de gens s’en rendent compte. La fin d’année scolaire 2003 fut marquée, outre par le bac, par cette série de concours auxquels j’étais inscrit, avec le fébrile espoir de quitter la maison familiale et de me découvrir, enfin, loin du petit monde du fin fond de la Seine-et-Marne. Je dis ça sans mépris. C’était le cas à l’époque, ça a continué de l’être dans les quelques années qui ont suivi. Aujourd’hui, je suis assez apaisé lorsque je pense à mon patelin, à mes amis de lycée, à ce qu’était ma vie à cette époque. Même si je suis un peu devenu la brebis galeuse, le pédé qui vote à gauche et qui n’a pas conscience de la réalité sociale rencontrée au quotidien par les siens. Dans le fond, je me suis aussi construit là-bas, et pas seulement dans mes défauts d’autiste égocentrique. Je peux dire que mes premières années ont forgé le gentil garçon un peu gauche qui ne sait pas se dépatouiller en société (encore un nouvel exemple frappant au gala d’hier soir, le dernier lui aussi, où je me suis couvert de ridicule, murgé au point d’avoir un trou de mémoire d’environ 2 heures sur ma soirée, et évacué par des secouristes d’un car dont je n’ai pas la moindre idée de comment je me suis retrouvé dedans), et que, dans le fond, les gens savent apprécier (enfin, à petites doses, hein).

Mais alors, que m’a apporté Bordeaux? Mille choses, pas toutes racontables ici faute de temps, mais qui comptent autant que les 18 premières années de ma vie. Tout d’abord, la microscopique dose de confiance en moi qui m’a rendu sociable, passant du célèbre et suicidaire Autodestruction-Man au bien plus agréable Vinshlor. Ces deux surnoms légèrement grotesques (ah bon?), attribués à ma personne par des langues de putes professionnelles devenues mes grognasses favorites, me suivent encore par moments. Et ils incarnent bien le changement léger qui s’est opéré en moi en première année. Je ne m’aime pas beaucoup, mais je vis assez bien avec mes petits défauts, aujourd’hui. Après tout, je ne peux pas être si mauvais que ça: j’ai eu un concours, j’ai des amis, je suis sorti avec des garçons très bien, j’ai un Poussin… J’ai pu comprendre et accepter tout ça, sans devenir (trop) prétentieux, depuis que je vis à Bordeaux. Alors relativisons la dépression.

Car si la prise de confiance en soi est un effet secondaire apprécié, la vraie révolution de la vie bordelaise, elle a été dans ces nouveautés constatées trois lignes plus haut: les amis, les sorties, l’épanouissement personnel non dicté par les poids familiaux et scolaires. Et les garçons, bien sûr. La première histoire, les suivantes. La vie d’un étudiant pédé, ce qu’il apprend de l’école et des autres. Et Bordeaux elle-même, la ville où je me suis approprié les rues, les monuments, les magasins, les endroits où j’ai vécu, et que je considère aujourd’hui comme mon chez-moi.

C’est donc le cœur gros que je pars, laissant au passage ce blog légèrement à l’abandon le temps de récupérer une connexion Internet. Mais je sais aussi que la vie ne s’arrête pas là, et que je dois me retenir de regretter, autant que possible. Être étudiant ici a été une expérience merveilleuse. Cinq ans d’une vie insouciante, formatrice et digne d’un mauvais sitcom, dans un décor magnifique, qui va nous manquer j’en suis sûr. Mais une nouvelle étape commence, une vie moins insouciante, le premier pas chez les grands… Un nouveau décor s’impose, pour laisser les souvenirs et la nostalgie ici. Au moins, comme ça, on aura un port d’attache pour nos week-ends de déprime, et on pourra revenir ici en braillant « Maisoooooon!! » d’un voix rauque et sexy. Et franchement, selon moi, Bordeaux, sans être étudiant et sans quelques potes qui partagent le même sort que soi, c’est probablement moins drôle. Autant ne pas s’accrocher au passé sans but. J’aime cette ville pour les cinq années que j’y ai passé, et c’est pour continuer à l’aimer de la même manière que je m’en vais.

Alors voila, je vous laisse pendant quelques jours, « thanks love, thanks life, it’s true that there are some angels in this city!! », comme dirait l’autre. Oui, terminons par un merci, moi aussi je pourrais avoir un oscar si je voulais. Donc merci. A qui? Merci à la vie, pour les cinq années de découverte de moi-même, de bouleversements, d’érudition, de rencontres et d’amitiés qu’elle vient de m’offrir et que, où que j’aille, je n’oublierai jamais.