Archives par mot-clé : Bruno Mars

United State of Pop 2015

 

 

 

 

Pas très transcendant, le mash-up de DJ Earworm, cette année. Pas spécialement sa faute, d’ailleurs, mais force est de constater qu’on s’amusait beaucoup plus en 2009. En 2015, l’invasion des sons EDM lounge, de la deep house mollassonne pour synchros publicitaires et de le prévalence du visuel (hipster) sur le fun a globalement donné lieu à une liste de hits mondiaux très jolis mais peut-être un chouïa contemplatifs. Jack Ü, Adele, les derniers essais de Justin Bieber, The Weeknd, Ed Sheeran, Selena Gomez… Tout cela est bien sympa, pris individuellement, mais manque cruellement d’une boîte à rythme ou d’un fond de batterie pour booster l’ensemble. Même les marrants UpTown Funk, Worth It ou Hotline Bling ne parviennent pas à muscler l’aspect earworm ou l’envie de danser de ce mash-up qui ne ferait pas tâche en fond sonore dans un magasin de fringues. De là à dire qu’on ne s’est pas beaucoup marrés en 2015…

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Mark Ronson feat. Bruno Mars – Uptown Funk

Après une année 2013 chargée sur ce plan-là (avec bien sûr Get Lucky, auquel tout le monde se réfère pour parler de Uptown Funk et, déjà, les efforts vintage de Bruno Mars avec notamment les clips de When I Was Your Man et Treasure), on sent le vent du funk et du disco revenir souffler sur une scène pop mondiale fatiguée par des années de R’n’B putassier et d’electro dance music aux recettes devenues interchangeables, pour revenir à une musique plus sincère dans sa démarche d’entertainment, plus joviale, plus souriante malgré son kitsch et son clinquant un peu fake qui, justement, lui donnent aujourd’hui des atours rigolos. Jouons à fond la carte du kitsch, des vestes bariolées, des paillettes, des sourires ultra bright et des coiffures improbables. Jouons, amusons-nous, c’est à ça que sert la pop.

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United State of Pop 2013

 

 

C’est l’une des traditions les plus ancrées de la pop mainstream mondialisée, ces dernières années sur le web : depuis 2007, en décembre sans faute, DJ Earworm (de son vrai nom Jordan Roseman) livre sur YouTube son « United State of Pop » de l’année, un mash-up géant de 4 à 5 minutes reprenant les 25 plus gros hits de l’année écoulée. Comme on est ici dans une perspective plus anglo-saxonne (pour ne pas dire carrément américaine, puisque c’est Billboard qui chaperonne le truc), on perdra deux-trois choses au passage, mais comme chaque année, c’est très bien fait et ça revient sur les moments musicaux qui ont fait vibrer la pop, les clubs, les airplays radio, les robinets à clips et les ventes de disques.

 

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Le Tube de l’été 2011

Mes beignets de tomates, t’as vu, c’est l’été (on crève de chaud, d’ailleurs, c’est quand, la rentrée ?) ? Soit l’heure de dresser la liste des immondes daubes commerciales (si chères à mon coeur) qui inonderont ondes radiophoniques et robinets à clips durant la belle saison des wacances à La Baule. Que d’excitation ! On en commanderait presque une glace à lécher une un mannequin suédois. Mais on s’abstiendra, car à moins qu’on ne soit une de ces feignasses de lycéens qui viennent de terminer une nouvelle session de petit bac au rabais (moi aussi j’avais deviné que pour l’animal commençant par G, fallait mettre girafe), en fait, on est encore au boulot. Et la glace qui coule sur le clavier c’est dégueu’.

Où en étais-je ?


Ah oui, le tube de l’été. Une fois de plus, ça se presse au portillon de la daube musicale, car tube de l’été = max de rentabilité. Dans les compils, dans les diffusions radios, dans les bouates de night, dans les campings, dans les rétrospectives nostalgie de la première galoche de ta vie à 14 ans (enfin, ça, c’est si t’as eu du bol)… Que de courriers et de mots doux de la SACEM et d’iTunes pour le meilleur tentateur de l’îlot juillet-août !

Au premier rang, en bonnes fayotes de la pop putassière prêtes à tous les exploits et toutes les compromissions artistiques pour s’imposer dans un tube de l’été, on trouve évidemment une bonne brochette de pop-pouffes bien juteuses.

La grosse Britney a dévoilé son jeu cette semaine : c’est donc I wanna go et son clip très « attention-whore » qui devraient porter la promotion de Feignasse Fatale jusqu’à la rentrée. On notera que cette ingrate de Britney, ex-animatrice du Mickey Mouse Club, porte un seyant T-shirt représentant un Mickey à tête de mort. Ils ont dû râler chez Disney… Le clip est plutôt marrant, quoique les clins d’oeil à sa vie si compliquée, aux vilains paparazzis et aux méchants détracteurs qui disent qu’elle est finie commencent un peu à lasser. C’est bon, chérie, depuis le temps, on a pigé que t’allais pas lâcher l’affaire comme ça. Donc pas la peine de t’exhiber en bikini pour nous prouver que tes séances de pilates t’ont permis de retrouver le corps de tes 20 ans : si tu ne recommences pas à danser décemment, ça ne nous intéresse pas. Par contre, bonne idée le F Word et le Guillermo Diaz : tu as donné à tes fans (gays, hein, les autres t’ont abandonnée depuis un bail) de quoi s’exciter sur Twitter pendant au moins dix minutes, ce qui est déjà bien mieux que pour le clip de Till The World Ends.  On se reparle à la rentrée, ok ?

Autre transfuge de la pop-poufferie à tenter, elle aussi, de mettre en avant ses dons pour la comédie : Kathy Beth Terry (d’ailleurs Katy Perry et Britney ont en commun d’avoir joué les ravissantes idiotes dans How I Met Your Mother, qui aurait peut-être davantage surpris en les faisant jouer dans un autre registre : ouais, ok, elles chantent de la pop, elles sont forcément connes, mais elles jouent de leur image, lolilol)… Bon, j’avoue, je trouve ça assez drôle, et plutôt pêchu dans le genre « clip pour rigoler avec plein de guests dedans ». La rupture de ton avec le précédent single E.T. est quand même réussie, non ? En convoquant Rebecca Black, les Hanson, Kenny G ou encore Kevin McHale et Darren Kriss (Glee) dans sa vidéo, Katy Perry éclipse presque le personnage de godiche impopulaire au physique ingrat qu’elle a créé pour l’occasion, et livre un petit objet de pop culture toujours sympathique à prendre, à l’heure où seule Lady Gaga semble faire des efforts pour créer l’évènement avec un gros clip mainstream.

Rihanna, rarement mauvaise dans ses choix de singles, tente la ballade dépressive sur fond de sonorités reggae avec un clip un peu limite qui a déjà fait couler beaucoup d’encre (ou excité beaucoup de claviers, plutôt). Elle peut s’imposer avec Man Down, mais vu la division suscitée par cette nouvelle livraison, ça va quand même être compliqué, surtout que California King Bed n’a pas encore fini son parcours (qui manque un peu de pep’s, by the way) dans les charts mondiaux. L’album Loud est peut-être en train de s’essouffler, ce qui est étonnant compte-tenu de la facilité habituellement déconcertante avec laquelle la barbadienne cartonne à chaque single…

Et si le salut estival venait d’une artiste hip-hop ? Je ne connais pas bien Nicki Minaj, et globalement le hip-hop me passe un peu au-dessus… Mais là, on tient peut-être quelque chose. C’est très pop, un peu putassier tendance vulgaire, mais pas non plus gratuit comme cela pouvait parfois se voir chez sa (vieille) rivale Lil’Kim. Visuellement, il y a un petit côté rose acidulé qui n’est pas sans rappeler un certain (énorme) tube de l’été 2010

Chez les garçons, on a le nouveau Jason Derüüülo, qui me laisse un peu dubitatif mais après tout, on ne sait jamais. Le sample du Show Me Love de Robin S. devrait lui assurer un minimum de visibilité sur les dancefloors estivaux. Mais bon, au-delà de l’agacement légitime qu’on peut avoir face à la tendance actuelle du sample de tubes des années 90, ça casse pas trois pattes à un canard, non plus.

Jennifer Lopez tentera péniblement de s’imposer avec I’m into you, un titre dont le démarrage un peu poussif dans les charts s’explique peut-être par la belle persistance de On The Floor, son massacre de la Lambada feat. Pitbull. Il y avait longtemps que la pauvre J. Lo n’avait pas été à pareille fête dans les classements. Reste à savoir si elle capitalisera sur cette cote renouvelée auprès du grand public, ou si ce ne sera qu’un one shot façon Get Right

Et le prix du clip le plus laid de l’année est attribué à Bruno Mars, qui était pourtant déjà bien parti avec The Lazy Song. Par contre, l’ambiance reggae triste et moite de son duo avec Damian Marley pourra bercer quelques siestes ensoleillées. Enfin, je dis ça pour ceux qui partent en vacances, hein (ah, pas toi ? c’est moche).

Inévitable, aussi, à cette époque de l’année : le tube de l’été formaté comme un tube de l’été. En France, celle qui tient la corde jusqu’à présent est la dindissime Loona et sa grosse daube Vamos a la Playa, qui séduira probablement les familles au camping. Evidemment, vu de Paris, le mépris pour un tel délit auditif s’impose, si l’on souhaite conserver une vie sociale digne de ce nom. Je te jure, c’est pas facile toute cette pression. 

Mais les mieux partis jusqu’à présent, ce sont quand même les deux blaireaux de LMFAO et leur Party Rock Anthem, croisés sur un vieux clip de David Guetta et bien lancés depuis quelques semaines avec leur désormais insupportable hymne rock de la fête… On en recause en septembre, mais d’ici là, tu risques de galérer si tu essayes de séjourner dans un endroit civilisé sans entendre cette chose. Ce qui te reste à faire : accepter la fatalité et jouer le jeu. C’est aussi parce que tu fais l’effort de le danser et de l’écouter dans les bons moments de ton été qu’un tube de l’été devient, à terme, un tube de l’été. Le destin de toutes ces gentilles bouses est donc entre tes mains (enfin, entre tes oreilles, surtout, mais bon, si j’ai bien évalué ton anatomie, entre tes oreilles il devrait déjà y avoir ton cerveau, alors on va dire entre tes mains, hein).