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Il Cretino

Salut, c’est Claire Chabitch !

Bon, c’est pas qu’on s’ennuie mais de quoi qu’on cause, en blougosphère profonde, en ce beau jour d’août où, il faut bien l’avouer, on bulle ferme en faisant traîner ses deux tâches de la journée ?

Bah de rien, tiens.

Je boude.

Y’a personne qui commente, y’a personne qui écrit, il se passe rien de chez rien. Je t’ai déjà dit que sans prompteur j’étais bonne à retourner bosser sur France Truie Auvergne, bordel ! Et bah mon prompteur, c’est toi.

Histoire de t’inspirer du post à haute valeur ajoutée intellectuelle, je sais pas, moi, regarde la télé, va au cinoche, essaye d’entrer au Dépôt en étant vaginalement équipée, fais du kite surfing en string avec Kamel Ouali, surprends-moi, quoi !

Bon, allez, quand même, je fais un petit effort, histoire de montrer l’exemple. Mais excrément alors, reviens donc de tes vacances en Corrèze, y’en a qui bossent et qui dépérissent, ici !

Hier soir, comme on est vaguement intello hype mais pas trop et qu’on est un peu fauchés donc toujours à l’affût des plans estivaux qui font genre « j’ai une vie sociale et j’essaye d’exploiter les possibilités offertes par Paris, moi qui me plaignais qu’il n’y avait rien à faire en province lorsque j’y habitais » (le genre à rallonge), nous nous rendîmes, frais comme des gardons et dispos comme le wonderbra de Cathy Guetta à six heures du matin, à La Villette.

« WHAT ? LA VILLETTE ? Mais c’est la zone !! », entends-je au fond de la salle.

Nan, ta géographie parisienne a besoin d’un coup de Swiffur, laisse-moi te le dire : La Villette, certes c’est le nord est de Paris, mais comme Belleville, ça peut occasionnellement virer à l’oasis bobo. Tu me connais, je ne suis pas du genre à m’aventurer dans les arrondissements à deux chiffres sans prétexte sérieux, bordel à queue.

Donc, quoi donc qu’on faisait ?

Bah on a pique-niqué en terre faussement champêtre pour fêter l’anniversaire de la grosse Macha, et à 22h on a vu un film.

Parce que La Villette, l’été, c’est aussi chaque soir le cinéma en plein air, et c’est drôlement chouette.

On s’était promis, l’année dernière, d’essayer d’y passer un soir pour voir ce que ça donnait. Finalement on aura attendu un an avant de remuer nos cellulites et autres ceintures lourdes jusqu’au carré d’herbe qui fait salle de ciné.

On a vu ça :

Et c’était fort bien, ma bonne dame, dans le genre film italien des années 60 avec du frimeur, de la voiture décapotable, de la jolie pépée et un soupçon de satire sociale. Je n’avais jamais vu de film de Dino Risi.

Même que le regretté Vittorio Gassman était dangereusement mon type en 1960. Vachement plus que son fils Alessandro. Les trentenaires sont la meilleure raison de vieillir quand on est dans la vingtaine, moi je dis.

Ou pas.

Mais bon, c’était point le propos.

Donc cet été, comme tous les étés, et jusqu’au 16 août (en fait, jusqu’à dimanche), il y a des films en plein air à 22h juste à côté de la Halle de la Villette, là où il y a plein de gens qui pique-niquent et qui picolent en loucedé devant des vieux films. Et ça, tu peux pas le faire au cinéma. Tu peux aussi enlever tes chaussures et puer des pieds tranquilou, faire des « oh » pendant le film, manger, piquer un somme, jouer avec ton téléphone, sans gêner personne.

En plus, le thème de cette année, c’est « les traversées » : les voyages, les road movies, les parcours métaphoriques, la bougeotte, l’envie de partir, la rencontre de l’inconnu…

Bref, ça me rappelle que j’ai envie de vacances. Ce qui est à la fois grisant et déprimant. Mais c’est un chouette thème quand même.

Nan, vraiment, c’est sioupeur, le cinéma en plein air.

Juste un conseil, si tu y vas et que, comme moi, tu ne réfléchis pas trop souvent et que ton cerveau ne te sert qu’à diffuser les messages basiques de tes connexions nerveuses (genre « j’ai faim », « j’ai sommeil » et « tiens donc, elle brûle, cette plaque électrique ») :

Pense à prendre un pull.

Vin de luxe

Salut, c’est David Hasselhoff.

Je t’ai déjà parlé alcool ?

Nan ?

Je t’avoue que ça m’étonne un peu de moi…

Bref.

Je vais faire mieux : je vais te parler œnologie. Relevons un peu le niveau, pour une fois ; il n’y a pas que les sinegueules de Larusso, dans la vie !

Info très intéressante : contrairement à ce que tu imagines (oui, je me plais à croire que tu imagines des choses à mon sujet) (mon égo est dimensionné à l’inverse proportion de mes statistiques Go*gle Analytics), quand je bois dans les soirées de l’ambassadeur, je ne surkiffe guère le champagne, figure-toi. C’est juste pouffe ce qu’il faut, j’en conviens, et pis les bulles c’est marrant. En plus, c’est cher (ce qui suffit généralement à faire mon bonheur, vu que je suis une poularde superficielle) (c’est pas pour rien que j’ai embauché Pamela Anderson dans ma série).

Mais voila, le goût du champagne, je ne suis tout simplement pas fan. Comme le gros plant du pays nantais. C’est moche quand on vient du fin fond de la Seine-et-Marne comme moi (tellement du fin fond qu’on a plus vite fait de dire que je viens de Champagne-Ardenne, ma foi).

Tout ça pour dire que l’engouement autour de cette espèce de vin blanc à l’aspirine m’échappe un peu, encore plus que son association permanente au luxe et aux fêtes.


Mais bon, j’en bois parfois, parce que je suis rien qu’une grognasse. David Hasselhoff la grognasse nue, on m’appelle. Les sharpeis je les ai piqués à Yasmine Bleeth.

Et c’est tout pareil pour le vin, sauf que ça ne m’a frappé qu’hier soir, chez ma pote Alex, alors que pour la première fois je me terminais un verre de rouge sans grimacer de dégoût.

(Beuargh)

Je peux te dire que j’ai été socialement handicapé, voire gastronomiquement discriminé à grande échelle, en vivant à Bordeaux pendant cinq ans sans aimer la bibine. Le vin, c’est culture. Le Passoa et le Get 27, c’est morue. J’ai donc été une sorte de morue bordelaise, de la caste des intouchables de l’alcoolisme mondain. OUI, je ne bois que des alcools de pétasse, blindés de sucre et de produits colorés. Toujours à la vodka-machin quand les autres étaient au Médoc, ma solitude était grande (sois triste pour moi, un peu).

Mais voila, pour moi, le rouge, ça n’a jamais été que du jus de raisin acide avec un arrière-goût dégueu’ (un caviste ma foutu dehors pour lui avoir dit ça, un jour) (les gens sont susceptibles).

Et pis hier soir, Alex m’a sorti un truc inédit : la bouteille chère. Celle avec, dedans, du rouge à plus de 10 euros le pichet, celle que tu achètes quand tu es sorti de la vie d’étudiant fauché pour entrer dans celle de golden boy, celle que tu ne bois pas tous les midis en regardant Jean-Luc Reichmann… En bref, celle qui n’est pas de la piquette, ne nous leurrons pas. Longue vie au jeune cadre dynamique.

Et bien tu sais quoi ?

Cela se laisse boire.

C’est même plutôt pas mal.

Je ne m’étais jamais fait la réflexion (mes terminaisons nerveuses sont ravagées par la vodka) que si je n’aime pas le vin, c’est peut-être parce que je ne bois pas de bons vins…

Reste à savoir si c’est effectivement parce que c’est meilleur qu’un rouge à 4,20 euros… ou si c’est juste parce que c’est cher.

Va vraiment falloir que je devienne riche, moi.