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Magic in the Moonlight

magic in the moonlight

 

Avec sa régularité de métronome, vient le Woody Allen annuel. Chaque année, ces films, pas toujours excellents mais jamais indigents, nous offrent l’une des rares opportunités d’assister, en tant que contemporains, au lent accouchement de ce que nos futurs petits-enfants seront amenés à considérer, à travers des rétrospectives et autres expos intellos, comme l’une des œuvres majeures du cinéma de la fin du XXème siècle : la carrière d’un prolifique acteur-réalisateur, aux contours personnels flous et parfois sulfureux, qui aura consacré la majeure partie de sa vie à livrer, pièce par pièce, une œuvre riche et cohérente sur ses névroses (qui, par bien des aspects, sont aussi celles de son siècle). Peur de la mort, évolution des rapports hommes-femmes, décrépitude de la bourgeoisie, dépression, mystères et faux-semblants de la vie en société : Allen aura été le cinéaste d’un vingtième siècle plein de bouleversements, du moins dans le quotidien des milieux privilégiés et urbains.

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Taylor Lautner est toujours hétérosexuel

Je sais pas toi, mais moi je trouve que les wacances de Nouël, au boulot, c’est la meilleure période de l’année. Il n’y a pas beaucoup de pression : une grande partie des collègues, clients et autres prestataires sont en congés, et du coup la plupart des dossiers sont un peu bloqués (c’est sûrement pour ça que les rentrées sont chargées). Et contrairement au mois d’août où, pourtant, un climat de glanditude similaire pourrait aisément s’installer pendant genre trois semaines / un mois, les troupes n’ont pas le temps de s’organiser pour que les affaires continuent à rouler. Bah oui, pour une malheureuse semaine, on ne va pas désigner les trois malheureux grouillots présents pour reprendre en main le travail des trente absents, hein : ça attendra juste le lundi suivant.

Noël, cette année, c’était bien, mais en fait je n’y pensais pas trop avant que ça ne tombe. C’est arrivé un peu comme un cheveu sur la soupe : pas trop prévu, pas trop anticipé, j’étais tellement sous l’eau avec d’autres trucs (le boulot, le déménagement, tout ça) (ma vie est décidément bien compliquée) (c’est vraiment très intéressant), que je me suis retrouvé, le vendredi 23 décembre, dans les magasins, avec tous les connards de la Terre (parmi lesquels je me compte, tu penses bien). Et puis le samedi 24, presque comme un week-end ordinaire, je suis parti dîner chez mes parents.
C’était la première fois depuis longtemps qu’il n’y avait que nous quatre : mon père, ma mère, mon frère et moi. Ce repli sur le cocon familial n’est pas très nouveau (dix ans que ça dure), mais jusqu’à présent, à Noël, il y avait toujours quelqu’un d’autre. Du coup, on n’a vu personne d’autre du week-end. Je n’ai même appelé personne pour les voeux, que pouic. On a décoré le sapin à l’arrache une heure avant le repas, et puis on a tous dîné ensemble, et à la fin du repas, on s’est offert nos cadeaux. Pas de poireautage jusqu’à minuit, pas d’attente jusqu’au lendemain matin, c’est bon, on n’a plus six ans, on sait très bien qu’on est là pour ouvrir les paquets, pas la peine de ritualiser à outrance. Comme chaque année, toutefois, la soirée fût ponctuée de ce qui fait, probablement, le charme de la famille (on finit par s’y habituer) : les prises de tête. Mais sans les spectateurs gênés, ce qui n’est pas plus mal.
Cela ne finit pas dans les cris et les larmes : c’est un sport, une sorte de danse à la chorégraphie inlassablement répétée, à chaque fois que nous nous retrouvons dans la même pièce. Le ballet des déceptions. Alors que je me suis longtemps senti seul face à une équipe de trois, mon frère semble être devenu, bon an mal an, une sorte de coéquipier. On joue à la lutte des générations, entre jeunes crétins rupturistes et vieux encroûtés plus ou moins poliment conservateurs. Là où mon frère garde un sang chaud qui lui permet de gueuler des arguments pendant un quart d’heure d’affilée sur un seul sujet, j’ai pour ma part depuis longtemps baissé les bras. Ce que mes parents ne comprennent pas, de ma vie, de mes convictions, ils n’ont pas envie de le comprendre. Pratiquer l’argumentation rationnelle dans le vide, j’ai essayé. Mais c’est fatiguant. A la fin, on souhaite simplement que cela cesse, on s’est énervé pour rien, on a dit des choses dont on se rend compte, une fois la tension passée, qu’on aurait préféré les taire. Alors je les ai regardés, se chercher des poux sur les menus sujets habituels : les travaux de la maison, la famille qu’on ne voit plus, le nucléaire, les gens qu’on fréquente, les endroits où on vit, les métiers qu’on a choisis, le gouvernement, la présidentielle de 2012, le tri des déchets, Hadopi, les cours d’Internet, la guerre d’Algérie, la manière dont on gère (mal) nos paperasses administratives… Bref, un repas de famille, ça vous occupe trois heures sans temps mort.
Tout a glissé sur moi, je ne me souviens pratiquement plus de ce que j’ai dit. Mais depuis quelques mois maintenant, je n’essaye plus vraiment de faire valoir mon point de vue. J’essaye plutôt de tempérer, de reformuler, de mettre tout le monde à peu près d’accord sur le fond quand c’est possible. Avoir raison, obtenir l’approbation, ce n’est plus un objectif. L’objectif, désormais, c’est de revenir de là-bas sans avoir la boule au ventre à l’idée d’y retourner, c’est d’accepter de ne plus être dans le conflit, c’est d’essuyer les réflexions salaces et les sous-entendus fielleux sans se sentir touché. Et garder en tête l’idée que, le plus important, c’est que je les aime. Ne surtout plus chercher à comprendre pourquoi ni comment. Prendre le meilleur tant qu’on nous le donne. Ne plus prendre la colère, même si elle est là aussi, et se concentrer sur les moments de partage. Être là et être loin, être venu mais ne pas se laisser atteindre. Se dire qu’ils nous manquent sans pour autant oublier que, pour rien au monde, on ne reviendrait vivre avec eux.
Je me dis que, du coup, c’est probablement plus dur pour eux que pour moi, maintenant. Moi, je ne rumine plus mes griefs face à quelqu’un qui ne veut pas les entendre. Mais ai-je encore le luxe de prendre en compte leur avis ? Est-ce que je dois respecter ce qu’ils ressentent, ce qu’ils pleurent, ce qu’ils vomissent (paraît-il) ?
Ma seule réponse, pour l’instant, est à l’image de Mylène Farmer (reine du lol s’il en est) : oui mais non. Oui, je prends en compte. Oui, j’offre une attitude plus positive. Mais non, je ne change pas qui je suis, au dedans. Je serre les dents, je me dis que ma vie n’est pas là, et que ce n’est pas si grave.
J’y ai gagné un Noël paisible (merci Mylène).
Et pendant ce temps, dans le vrai monde, Taylor Lautner n’a pas fait son coming out.

Vie mondaine, télé et taux d’intérêt (ou N’importe quoi, épisode 8749)

Aujourd’hui, je suis allé avec La Grande Moe assister à la journée annuelle d’autocongratulation d’une grosse bouate de gestion de la finance mondiale intergalactique, au motif que, me disait-elle, « y’a du cocktail chicos et des goodies à gogo à la sortie ». Au bout d’une heure d’interrogations powerpointées sur les SICAV et la gestion d’une exposition des avoirs privés au marché obligataire à la suite du rallye sur les crédits et de l’incertitude quant à l’évolution des taux directeurs de la BCE et de la Réserve Fédérale américaine, y’avait une pause café et j’ai crié grâce. On a donc séché la conférence intermédiaire et on est seulement allés à la dernière, celle où des économistes très très doués et très très reconnus (que je connais pas, donc) discourent en faisant des blagounettes du genre « Nous vous souhaitons une bonne année 2010, pleine de bonheur et de sérénité, pour vous mais aussi pour vos patrimoines, qui reviennent de loin, hon hon hon ! ». Perso, je me suis cru revenu en troisième année, au cours d’économie internationale (celui que j’écoutais, mais pas trop), mais j’ai réussi à ne pas décrocher, ce qui constitue déjà un exploit en soi, quand on me connait.

A la fin, on est allés au cocktail et on a joué des coudes avec les dirigeants en costard cravate, les jeunes sosies de Jean Sarkozy, les femmes de, les clients de, les assistantes de, et les aspirantes maîtresses de (les deux dernières catégories se recoupant). Pas de bol, en tendant le bras au hasard j’ai chopé tous les canapés au poisson (et je mange pas de poisson), mais leur traiteur était vraiment super. Par contre, les goodies, grosse déception : je pense que pour appuyer le discours sur le ralentissement des performances et la criiiiiiiiiiiiiise, la bouate ne voulait pas nous en mettre plein la vue avec un package de la mort qui tue à 850 euros par tête, et à préféré nous la jouer ratasse. Résultat des courses : une clé USB avec leur logo dessus (et les powerpoints à lire le soir avant de dormir, aussi).

Pfffffff, remboursez les invitations gratuites, moi je dis !

Et comme ma vie en Chômagie est très pique-assie… euh, mondaine, bah hier soir aussi j’étais à un cocktail à champagne, mais dans une autre bouate, vachement moins anonyme, d’ailleurs, puisque c’est une petite chaîne qui monte. Là-bas, pour le coup, point d’octogénaires millionnaires et point trop de costards cravates, mais Bruno Solo et Yvan Le Bolloch’ un peu intimidés par l’assemblée blogosphérique. N’ayez pas peur, les gars, on n’est même pas journalistes (ah si ?… ah merde, z’ont dû m’inviter par accident, alors).

Les deux comparses étaient viendus nous présenter quelques épisodes de Caméra Café 2, la suite de… attention ça va être à toi… attention…

OUIIIIII, Caméra Café, bravo !

Le pitch de départ, c’est donc que la vieille machine à café de la bouate où bossent Jean-Claude et Hervé (Yvan Le Bolloch’ et Bruno Solo, qui font quelques apparitions en guest) est refourguée à l’entreprise de l’étage du dessus (« les cons du dessus »), qui vont donc être les nouvelles têtes observées par le porte-gobelet. L’occasion pour les auteurs de rajeunir le casting et de faire revivre le concept de base de Caméra Café, mais dix ans plus tard. L’idée, donc, au-delà de l’exploitation d’une série dont le retour était apparemment réclamé à cors et à cris par les fans et par les dirigeants de la chaîne, est de mettre en avant des différences : entre deux entreprises, deux castings, deux époques aussi, puisque les relations de travail mises en scène ont sensiblement évolué depuis le lancement de la première série en 2001.

Les épisodes visionnés hier soir étaient assez marrants, mais je ne suis pas convaincu par le format, que je trouvais déjà limité avant, et qui ne change pas vraiment ici. C’est un programme court (un concept dont je ne suis pas forcément fan), tourné en plan fixe depuis la supposée machine, et les intrigues développées en trois minutes donnent des sketches parfois sympa, parfois un peu plus plats. Je suppose que c’est un écueil assez inévitable pour une série qui, par essence, se doit de produire beaucoup d’épisodes. Globalement, je ne pense pas devenir un téléspectateur assidu de la série, mais si je tombe dessus en zappant, je m’y arrêterai sûrement un peu. Pas la révolution, quoi : si tu aimais la première série, tu devrais aimer celle-là, en résumé (t’as plutôt intérêt, d’ailleurs, parce qu’ils ont déjà 400 épisodes dans les tuyaux).

Et si t’aimes pas, tu pourras au moins jeter un œil au nouveau duo vedette de la série, les nouveaux Solo/Le Bolloch’, en plus jeunes et plus sexy (Miqueline ne s’en est pas remis apparemment) : Arnaud Ducret (nu) et Yannick Choirat (nu). Histoire de te tenir la main jusqu’au bout, ça commence ce lundi à 20h. Je ne transmets pas les plaintes à la chaîne si tu trouvais ça mieux avant, merci bien, ta gueule Francis.


(C’est drôle, au départ le titre de ce post me laissait entrevoir une cohérence dans tout ce que j’allais écrire, mais en fait nan, c’est toujours n’importe quoi)

Vin de luxe

Salut, c’est David Hasselhoff.

Je t’ai déjà parlé alcool ?

Nan ?

Je t’avoue que ça m’étonne un peu de moi…

Bref.

Je vais faire mieux : je vais te parler œnologie. Relevons un peu le niveau, pour une fois ; il n’y a pas que les sinegueules de Larusso, dans la vie !

Info très intéressante : contrairement à ce que tu imagines (oui, je me plais à croire que tu imagines des choses à mon sujet) (mon égo est dimensionné à l’inverse proportion de mes statistiques Go*gle Analytics), quand je bois dans les soirées de l’ambassadeur, je ne surkiffe guère le champagne, figure-toi. C’est juste pouffe ce qu’il faut, j’en conviens, et pis les bulles c’est marrant. En plus, c’est cher (ce qui suffit généralement à faire mon bonheur, vu que je suis une poularde superficielle) (c’est pas pour rien que j’ai embauché Pamela Anderson dans ma série).

Mais voila, le goût du champagne, je ne suis tout simplement pas fan. Comme le gros plant du pays nantais. C’est moche quand on vient du fin fond de la Seine-et-Marne comme moi (tellement du fin fond qu’on a plus vite fait de dire que je viens de Champagne-Ardenne, ma foi).

Tout ça pour dire que l’engouement autour de cette espèce de vin blanc à l’aspirine m’échappe un peu, encore plus que son association permanente au luxe et aux fêtes.


Mais bon, j’en bois parfois, parce que je suis rien qu’une grognasse. David Hasselhoff la grognasse nue, on m’appelle. Les sharpeis je les ai piqués à Yasmine Bleeth.

Et c’est tout pareil pour le vin, sauf que ça ne m’a frappé qu’hier soir, chez ma pote Alex, alors que pour la première fois je me terminais un verre de rouge sans grimacer de dégoût.

(Beuargh)

Je peux te dire que j’ai été socialement handicapé, voire gastronomiquement discriminé à grande échelle, en vivant à Bordeaux pendant cinq ans sans aimer la bibine. Le vin, c’est culture. Le Passoa et le Get 27, c’est morue. J’ai donc été une sorte de morue bordelaise, de la caste des intouchables de l’alcoolisme mondain. OUI, je ne bois que des alcools de pétasse, blindés de sucre et de produits colorés. Toujours à la vodka-machin quand les autres étaient au Médoc, ma solitude était grande (sois triste pour moi, un peu).

Mais voila, pour moi, le rouge, ça n’a jamais été que du jus de raisin acide avec un arrière-goût dégueu’ (un caviste ma foutu dehors pour lui avoir dit ça, un jour) (les gens sont susceptibles).

Et pis hier soir, Alex m’a sorti un truc inédit : la bouteille chère. Celle avec, dedans, du rouge à plus de 10 euros le pichet, celle que tu achètes quand tu es sorti de la vie d’étudiant fauché pour entrer dans celle de golden boy, celle que tu ne bois pas tous les midis en regardant Jean-Luc Reichmann… En bref, celle qui n’est pas de la piquette, ne nous leurrons pas. Longue vie au jeune cadre dynamique.

Et bien tu sais quoi ?

Cela se laisse boire.

C’est même plutôt pas mal.

Je ne m’étais jamais fait la réflexion (mes terminaisons nerveuses sont ravagées par la vodka) que si je n’aime pas le vin, c’est peut-être parce que je ne bois pas de bons vins…

Reste à savoir si c’est effectivement parce que c’est meilleur qu’un rouge à 4,20 euros… ou si c’est juste parce que c’est cher.

Va vraiment falloir que je devienne riche, moi.