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Carly Rae Jepsen – I Really Like You

 


 

Depuis deux jours, l’Internet mondial s’excite sur le single comeback de Carly Rae Jepsen, menacée de has beenisme dès le début 2013, après une année 2012 qui vit son unique tube devenir la ritournelle la plus insupportablement matraquée de la décennie (ou presque), nous poussant à la vomir par le nez (à égalité avec le Gangnam Style). Une excitation qui a commencé à s’exprimer dès les rumeurs de retour, notamment appuyées par l’extrait de tournage du futur clip avec Tom Hanks et Justin Bieber.

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Gwen Stefani : l’impossible comeback ?

 

 

Il y a des retours qu’on n’attend pas vraiment. Parce qu’ils concernent des artistes dont le paysage musical se passait, ou qui n’avaient jamais réellement disparus. Gwen Stefani entre un peu dans les deux catégories. Alors que l’album The Sweet Escape date de 2006 et a été péniblement exploité jusqu’en 2008 avec les singles Wind it up, The Sweet Escape, 4 In The Morning et Early Winter (qui ont connu des fortunes diverses mais jamais spectaculaires dans les charts), la chanteuse est restée à l’arrière-plan de l’actualité lors des six années suivantes, entre ses grossesses et le retour un peu raté de No Doubt en 2012. Donc bon, ces derniers mois, quand on nous disait qu’elle allait revenir, on ne savait pas trop si ça allait venir vite ou non, mais on s’en fichait presque un peu, tant il pouvait sembler clair que la belle Gwen, désormais 45 balais au compteur, était dans le même état, niveau carrière, qu’une Nelly Furtado ou une Madonna : toujours adulée par des fans gays n’ayant pas oublié ses grandes heures, mais grillée par une récente spirale de fours commerciaux qui ne semble pas devoir s’inverser. Rentière de la pop installée depuis des années, Gwen n’innove plus, n’intéresse plus assez pour générer des smash hits dans une industrie musicale où le parfum du moment file à toute vitesse et engendre des carrières pop de plus en plus marquées par une hype hyper brève (y’a qu’à regarder les plus gros hitmakers de ces cinq dernières années, détestés aussi vite qu’ils ont été portés au sommet des charts : Macklemore, LMFAO, Lady Gaga, Iggy Azalea, Carly Rae Jepsen, Gotye, Robin Thicke… tandis qu’on croise anxieusement les doigts en attendant de voir si Lorde, Adele ou Fun vont réussir leurs retours musicaux dans les prochains mois, ou constater avec amertume qu’avoir été le parfum « indé » de 2011, 2012 ou 2013 n’est en rien une garantie de longévité).

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Finalement, je préfère l’amour à la plage

Hier soir dans Misère sexuelle paysanne sur la six, quatre nouveaux prétendants au bonheur conjugal fermier se prêtaient, à leur tour, au jeu du Bachelor pour citadines désespérées. Je commence sérieusement à me demander si je vais continuer à bloguer sur cette émission, parce que franchement, et même si j’en ai (un peu) honte, je ne vois pas comment en parler sans glisser des languedeputeries sur à peu près tout le monde.

Commençons par Patrick, le vieux macho qui s’est sélectionné son cheptel de femmes candidates au speed dating en fonction de leur jeune âge (bah ouais, c’est solide plus longtemps, comme ça) et de leurs photos aguicheuses. Vous me direz, ils le font tous un peu, mais Patrick est le seul à avoir le culot (l’honnêteté?) de dire que c’est un critère décisif. Mais bizarrement, après des entretiens pas très glamour avec des ménopausées désespérées qui le flattent sur son regard bovin bleu azur et sa région tellement géniaaaaaale, il rejette les beautés sexuées. A la place, il choisit un sosie frisé sous Lexomil de Christine Deviers-Joncour, et une mère de famille apparemment sympa et équilibrée. Cependant, le monsieur reste un peu goujat inconscient des susceptibilités féminines. Ainsi, lorsqu’elles arrivent chez lui, nos deux bachelorettes ont-elles le plaisir de voir trôner dans le salon deux boîtes customisées avec cœurs, peluches et macramé, destinées au courrier du cœur de monsieur. Et qui lui a offert ces jolies boîtes, me demanderez-vous ma bonne dame ? Bah tout simplement une des ménopausées désespérées qu’il a recalées aux entretiens mais reçue chez lui par la suite. Patrick est un petit malin, mais exposer les preuves du délit devant ses deux prétendantes ET devant les caméras de la prod’ est à mon avis une belle connerie. Je ne serais que peu étonné qu’il se fasse rembarrer par les deux candidates suite à cette muflerie.

Le deuxième candidat (enfin, pas forcément deuxième en fait, je les cite dans un ordre aléatoire) est viticulteur dans le Var, il n’a pas de tare apparente, il parle normalement, il n’est pas moche, pas vieux, vit dans une charmante maisonnette et ressemble un peu à Olivier Besancenot. Bref, il pourrait probablement trouver chaussure à son pied sans en venir à une solution aussi extrême que celle qui consiste à partager le sort télévisuel de ses camarades agriculteurs. En fait, la vraie question qu’on se pose en visionnant son cas est donc: qu’est-ce que Eric fout là?? Apparemment, le secteur de la rencontre est un peu bouché dans son coin (il s’est peut-être tapé toutes les célibataires varoises??), et il se retrouve ainsi bientôt affublé pour une semaine de deux jeunes femmes pas trop laides ni trop canon, désireuses probablement de se rapprocher de la Côte d’Azur en étant à peu près sûres de ne pas se maquer avec le sosie de Robert Hue. Je ne m’inquiète pas trop pour lui, il devrait se découvrir des affinités avec une de ces deux « filles douces » (oh j’suis douce, oh mon Dieu!). Dans un an, pour le reportage spécial Que sont-ils devenus?, on apprendra probablement qu’il a largué sa dulcinée télévisuelle par sms pour guincher avec une sympathique nénette de son patelin. Ainsi vont les choses dans L’amour est dans le pré. Rien de bien intéressant à voir de ce côté-ci, donc.

Troisième cas, euh candidat : Jean, éleveur bovin en Moselle, la région qu’elle est bien. Jean n’a pas de bol, puisqu’après avoir retenu une brunette qui lui plaisait au speed dating, il a vu cette dernière lui filer entre les doigts, « déclinant son invitation ». Peut-être la sage jeune femme a-t-elle appris entretemps que Jean vivait toujours avec sa mère, une espèce de dragon qui a probablement découragé la plupart des relations sociales entreprises par son fils depuis la petite enfance. Ne reste donc, pour le réjouissant séjour à la ferme avec Jean et belle-môman, que la blondinette esthéticienne choisie avec la déserteuse brunette. Cette femme pourrait être jolie, mais son absence de sourcils et son nez environ quatre fois plus petit que celui de Jean me fait douter de ses choix en matière esthétique (justement). Elle est accueillie dans une ambiance glaciale à la table de la cuisine de belle-môman. Ambiance qui ne se réchauffe guère quand le dragon apprend que la jeune pute qui veut lui piquer son fils femme est, accessoirement, mère de cinq enfants. Ahem… Il faut dire que le malheureux Jean, qui était parti pour rejeter d’office toute candidate ayant des enfants (comme je le comprends), a failli sur ce coup là! Esthéticienne vs. Mémé : qui va l’emporter? Mémé part favorite…

Enfin, le meilleur du pire pour la fin. Oui, je sais, c’est facile, donc moche, mais voila : sur ces derniers candidats au bonheur, difficile de passer à côté des basses considérations physiques. Julien, donc, est le malheureux candidat qui a reçu le moins de lettres de la part des citadines solitaires. Disons que ce n’est pas exactement George Clooney. En plus, il a eu le malheur de rencontrer seulement trois prétendantes au speed dating. Bonjour l’humiliation pour le laideron jugé inférieur aux deux autres… Bizarrement, il a retenu à mon sens les deux moins féminines, un quasi-travelo jurant comme un charretier, et une sorte de hamster obèse sapé comme un mec. La troisième, celle qui avait un visage humain, lui paraissait trop en attente, trop désespérée. Alors que ses deux favorites, c’est tout le contraire, hein. Entre les deux, mon cœur balance. Mais pas vraiment celui de Julien, qui les abandonne le premier soir dans sa cuisine, les laissant dîner seules car « le devoir l’appelle ». A sa place, j’aurais trouvé une excuse pour me barrer, moi aussi. Les deux candidates, surtout la charretière, le vivent très mal.

Suspense, donc : Julien s’est-il exilé en Amérique du Sud pour échapper à cette galère ? Reviendra-t-il la semaine prochaine ? Ses deux bachelorettes vont-elles claquer la porte ? La prod’ va-t-elle au moins réussir à former un couple cette année ??


C’est insoutenable, dans la catégorie tension épique, non ? Je ne sais pas si j’aurai le courage d’en regarder davantage…

Chansons et bégaiement

Bon, finalement, le sujet de cet oral de spé qui m’a un chouïa pris la tête depuis une semaine, ce n’était pas ce à quoi je m’attendais. Ce qui tombe bien, puisque je réagis généralement assez bien aux situations inattendues. Mais là, l’édito du Monde sur Ségolène Royal qui n’a qu’un rapport hyper vague avec le cours, j’ai commencé par trouver ça bof. Non mais c’est vrai, à quoi ça sert de nous demander d’apprendre ses cours par coeur comme un âne pour être capable de les recracher, si au bout du compte ce n’est pas ce qu’on attend de nous (Cacahuète en a fait l’amère expérience… « Comment ça, ce plan n’est pas pertinent? Mais c’est celui du cours, mot pour mot!! »). Je me suis liquéfié devant le prof de sociologie et je n’ai su répondre à aucune de ses questions, ou alors en 4 ou 5 essais, ce qui s’est logiquement terminé en bégaiement pas glam, et sur une question restée sans réponse sur les élites. Bof bof. Mais en fait, au bout du compte et en posant sur tout ça un regard objectif, ils ont quand même pu voir que j’avais bossé et ne m’ont pas démonté, donc je ne me plains pas.
Passons (enfin!) à autre chose, en roupillant comme une loque cet après-midi et en se faisant un ciné ce soir, par exemple. Ma culture se limite décidément beaucoup aux écrans. Pas grave, quoiqu’ennuyeux à long terme. « Quoi, vous n’avez pas lu Tocqueville à votre niveau d’études?? Mais c’est inadmissible! ». Nan, j’préfère ma télé, t’as un problème?
Les Chansons d’amour de Christophe Honoré est un très beau film, le genre dont on retient des répliques marrantes et dont la musique vous trotte dans la tête. Bon, évidemment, il y a un élément à ne pas négliger, en premier lieu, pour les allergiques: c’est un film de bobos, avec des personnages bobos qui n’ont pas de problèmes liés à leur emploi ou leur loyer, des filles qui s’habillent chez Comptoir des cotonniers et Tara Jarmon, des lycéens qui lisent Aragon au lieu de faire leurs devoirs d’anglais pour leur lycée de Paris centre, et des parents évidemment hyper ouverts d’esprit, le tout dans des quartiers forcément bobos. Si à la base on ne peut pas supporter ce climat, autant ne pas se forcer à voir le film de Christophe Honoré. On comprend mieux, du coup, pourquoi malgré un joli succès à Cannes cette année, le film n’a pas été récompensé. Il aurait fait un peu tâche dans un palmarès un peu moins léger à base d’avortements clandestins en Roumanie, de paralysie et d’immigration turque.
Mais ce serait dommage de négliger ce film sous prétexte de sa légèreté, certes réelle mais teintée d’acidité et de mélancolie. L’histoire des Chansons d’amour est vraiment jolie, en dehors même de sa dimension homo qui, forcément, lui donne un relief particulier à mes yeux, mais qui est loin de faire tout. D’abord, les acteurs masculins ne sont pas à mon goût, donc il n’y a pas eu d’effet de séduction sur moi. Louis Garrel a beaucoup de charme mais me laisse froid, Grégoire Leprince-Ringuet n’est pas du tout mon type et semble quand même un peu vieux (plus que moi) pour jouer un lycéen. Donc, je n’ai pas aimé ce film par fantasme. J’ai beaucoup plus apprécié les comédiennes et leurs rôles: Ludivine Sagnier est magnifique, Chiara Mastroianni est étrange, émouvante et dérangeante (le genre à entrer sans frapper quand on est à poil au pieu et à s’incruster sur le canapé du salon), Clotilde Hesme est très marrante. Voila pour les comédiens, qui relèvent très bien le défi de la comédie musicale, d’ailleurs. La photographie est très belle aussi. Mais l’atout majeur du film, c’est quand même sa musique, avant tout. Les premières notes entendues dans le film, et qui reviennent régulièrement, sont très émouvantes, et les chansons, pensées comme des dialogues (le film rend hommage à Jacques Demy, la presse l’a assez dit), sont vraiment bonnes. Je n’aime que toi, Delta Charlie Delta, La Bastille, Au Parc… Je pense que la BO va finir dans mon lecteur assez vite.
Enfin, le film vaut la peine d’être vu parce qu’il est un rare exemple de cinéma populaire, un peu bobo mais accessible, à pouvoir étonner une Cacahuète sous pop-corn par sa largesse d’esprit: des thèmes comme le deuil, ou les relations familiales, côtoyent liberté sexuelle totalement assumée du début à la fin, confusion des sentiments, humour décalé (je retiens une photo quasi-subliminale de notre -alors futur- Président de la République, un peu paumée au milieu de toute cette intrigue)… Tout cela est très rafaîchissant et moins lourd en symboles freudiens que ce que peut faire un François Ozon par exemple, tout en évitant la niaiserie. Une comédie musicale, alliant histoire d’amour pour midinettes et modernité de ton, même Resnais n’avait pas aussi bien réussi à le faire avec On connaît la chanson, que j’ai pourtant adoré.

Une dernière chose pour ce soir: Floran a son oral demain, alors rien que pour sa souffrance qui dure encore ce soir et qui dépasse la mienne de 24 heures, il mérite que je le mette en avant dans le blog (je sais qu’il aime ça), et je lui souhaite bon courage et bonne chance (ou merde, selon son souhait)!