Archives par mot-clé : Cinéma français

Lolo

 

Lolo_julie delpy vincent lacoste

 

La fin de l’année approche, les nominations des César 2016 aussi. Comme chaque année, il est temps pour un acteur / réalisateur que seuls les amateurs de cinéma intello et de comédies vaguement populaires mais pas trop, validées par le Grand Journal de Canal connaissaient jusqu’à présent de percer avec un succès « surprise » (mais en fait complètement calibré pour cartonner en salles pendant cette période de vache maigre du box-office hivernal, sans blockbuster badass pour engraisser le nombre d’entrées en salles, et où on complexe comme des losers devant les futurs films oscarisés des ricains, en constatant amèrement qu’on n’a toujours pas de Cate Blanchett, de Michael Fassbender, de Leonardo DiCaprio ou de Quentin Tarantino pour rendre nos César un peu moins chiants) (on en est réduits à compter sur Florence Foresti pour nous exciter à la perspective d’une prime time de 3h30, tellement en s’en fout du palmarès). Bref, après Noémie Lvovsky, pourtant excellente dans Ma femme est une actrice, L’Apollonide ou Les Beaux Gosses, mais que personne dans le grand public n’avait calculé avant Camille Redouble ; après Guillaume Gallienne qui aurait pu se faire remarquer dans Narco, Marie-Antoinette ou Sagan, mais que personne dans le grand public n’a calculé avant Les garçons et Guillaume, à table !… Voici donc Julie Delpy, la plus américaine des actrices intello françaises, qui aurait dû avoir de vrais beaux succès en salles avec 2 Days In Paris, 2 Days In New-York, Le Skylab, Before Sunrise, Trois couleurs : Blanc, Killing Zoe, mais qui s’est un peu condamnée à recruter un acteur populaire pour un film qui aurait été aussi bon sans lui, et qui va enfin recevoir la reconnaissance du public et de la profession pour une grosse comédie populaire estampillée « succès surprise » après trois semaines de promo intensive dans Touche Pas à Mon Poste et tous les râteliers du PAF.

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César 2015 : le nommés probables

C’est ce mercredi que seront annoncées les nominations de la 40ème cérémonie des César, qui sera présentée par Edouard Baer et présidée par Dany Boon (!!). Bon, on ne s’attardera pas sur le fait que, comme chaque année, tout le monde semble s’en taper avant que les nominations ne soient effectivement annoncées (et encore…). C’est que, contrairement aux oscars, les César ne sont pas précédés de 150 cérémonies d’awards qui font monter la sauce autour des mêmes nommés. Mais bon, si on avait pu trouver quelqu’un d’autre que Dany Boon pour le 40ème anniversaire de la « grande messe » du cinéma français, ça ne m’aurait pas semblé déconnant non plus. Même Besson, à ce stade, j’y aurais davantage cru. De toute façon, la fournée 2014 du ciné français n’était pas fameuse-fameuse, surtout en comparaison avec les deux-trois dernières, qui ont vu de jolis succès pour des films estampillés « pas une grosse comédie bien grasse » émailler des saisons d’ordinaire un peu sinistrées. Mais bon. Petit jeu des pronostics, à vue de nez, des nommés possibles dans les catégories principales, au regard des succès publics et d’estime de l’année écoulée :

 

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Une nouvelle amie

une nouvelle amie duris demoustier

 

Le Ozon 2014 est un bon cru. Prolifique avec son rythme soutenu de quasiment un film par an, le cinéaste français continue d’explorer ses thèmes de prédilection : psychanalyse de la famille traditionnelle bourgeoise, mort du père, subversion, désir. Et bien sûr, une présence plus ou moins latente de l’homosexualité. Comme toujours, ce n’est pas exempt de défauts, mais Ozon est ici en plein dans son élément : un cinéma d’auteur à la fois dramatique, léger et populaire, où l’on sent poindre le thriller au détour de la pression sociale et des conventions. Comme dans Jeune et Jolie, il y a un an, les deux personnages principaux du film portent un secret, et la crainte d’être découverts, percés à jour, entretient un suspense qui contribue grandement à retenir l’attention du public, flippé pour quelque chose qui, pourtant, n’aurait pas vraiment de raisons logiques de faire peur, ne représenterait pas un danger immédiat pour la sécurité ou la survie des protagonistes.

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Les gazelles, trop fortes pour le cinéma

 

les-gazelles

 

 

Ça partait assez mal, avec cette affiche atroce qui laisse entrevoir une comédie potache bien standard dont la seule différence avec une énième comédie ratée d’Alexandra Lamy, de Judith Godrèche ou de Virginie Efira serait un casting plus frais (adjectif à traduire par « des meufs moins connues qui coûtent moins cher à faire tourner ») et cette tagline absolument navrante « Après Le Cœur des Hommes, la Chatte des Femmes ». Au secours. On s’imagine assez vite la comédie vaguement trash mais hyper classique répondant crânement au machisme assumé par un féminisme vindicatif et un peu puéril. C’est dire si Les Gazelles est au final une (bonne) surprise.

 

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