Archives par mot-clé : Cinéma

Elle

 

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C’était le piège à pronostics de Cannes 2016 : chaque année, il faut que la critique, notamment française, s’emballe pendant le festival, pour un film qui va, forcément, finir au palmarès. Bien souvent, c’est un film français. Bien souvent, il ne finit pas au palmarès, en tout cas pas au sommet qu’on lui avait prédit. Saint Laurent en 2014, The Artist en 2011, Des Hommes et des Dieux en 2010, Un Prophète en 2009, Les Chansons d’Amour en 2007… A chaque fois, on se pâme pour un frenchie, on l’annonce favori pour la Palme, et ça n’arrive pas. Exceptions ces dernières années avec Dheepan (mais personne n’a vraiment compris pourquoi il a été primé), La Vie d’Adèle et Amour, d’Haneke, qui était un faux film français, mais bon ça nous arrangeait. Bah c’est un peu ce qui s’est passé avec Elle, j’ai l’impression. Faute d’avoir été convaincue par les quatre films français en compétition (Mal de Pierres de Nicole Garcia, Rester Vertical d’Alain Guiraudie, Ma Loute de Bruno Dumont et Personal Shopper d’Olivier Assayas), la critique a reporté son enthousiasme francophile sur le film germano-français du réalisateur néerlandais culte de Basic Instincts et de Total Recall. Et c’est vrai que ça aurait eu de la gueule que le réalisateur de Showgirls obtienne la Palme d’Or. Mais c’était, bien évidemment, un leurre.

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P!nk – Just Like Fire

 

 

 

 

Alors qu’en 2010, Alice au Pays des Merveilles, le film de Tim Burton, avait vu sa B.O. (de Danny Elfman, évidemment), soutenue par une compil’ pop-rock, Almost Alice, et un single d’Avril Lavigne, Alice, que globalement personne n’a acheté, six ans plus tard, Disney ne se décourage pas pour la sortie de la suite (qui n’est plus réalisée par Tim Burton mais par James Bobin – Burton restant à la production). Car mine de rien, le premier volet fait partie du cercle de moins en moins fermé des films ayant dépassé le milliard de dollars de recettes au box-office. On ressort donc l’artillerie pop avec, cette fois-ci, une chanteuse un peu moins en bout de course que la malheureuse Avril, mais toujours dans cet esprit pop-rock ado quasi-emo : Pink, dont le The Truth About Love, il y a bientôt quatre ans, a représenté le pic artistique et (un peu) commercial, avec le single Just Give Me A Reason qui lui a notamment permis de se classer à nouveau au sommet des charts mondiaux, malgré la concurrence toujours plus féroce des attention whores de la pop.

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Merci Patron !

 

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Sorti le 24 février dans les salles obscures, Merci patron ! a franchi cette semaine la barre symbolique des 300 000 spectateurs ; pas un score de blockbuster mais un succès incontestable pour ce documentaire un peu filou et surtout complètement fauché, qui n’en espérait probablement pas tant mais qui a su capitaliser à merveille sur l’intérêt médiatique grandissant qui lui a été porté, notamment du fait du rôle joué par le journaliste amiénois François Ruffin dans l’éclosion du mouvement Nuit Debout. Militant, et ne s’en cachant pas, le documentaire séduit à peu près partout où il passe. Là où la plupart des films font un maximum d’entrées en première semaine et voient la fréquentation en salles diminuer peu à peu lors des semaines suivantes, Merci Patron ! engrange chaque semaine plus de spectateurs que la précédente, passant d’ailleurs de 39 salles en France fin février à près de 200 aujourd’hui.

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Batman v Superman : L’Aube de la Justice

 

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Le parcours en salles de Batman v Superman aura été pour le moins bizarre : mal perçu dès que Ben Affleck a été annoncé au casting dans le rôle de Batman, vaguement fusillé par la critique à sa sortie, le film a dépassé les 785 millions de dollars de recettes mondiales en à peine quinze jours, et devrait sans peine dépasser Zootopie pour devenir le plus gros succès de 2016. Comme quoi, les franchises de superhéros, même hors de Marvel, continuent de déplacer les foules, les critiques ciné se révélant relativement impuissantes. Le bouche-à-oreille pourrait être défavorable et freiner l’ascension du film lors des semaines suivantes, mais de fait, l’immense rejet initial dont il a fait l’objet, mêlé à l’insurmontable curiosité de grand public qui s’y est risqué, a paradoxalement fini par aider le film. Car s’il y a bien un truc qu’on se dit en sortant de la salle, c’est que certes, Batman v Superman n’est pas un très bon film, certes, il a plein de défaut… mais ce n’est franchement pas la catastrophe industrielle intersidérale qu’on nous avait annoncé.

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