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« C’est beau mais c’est insupportable… »

Les gens heureux n’ont pas d’histoires. Celui qui a dit ça ne devait pas beaucoup les aimer. Ou au moins les trouver chiants. Comme tout le monde, d’ailleurs. Regardez la malheureuse Charlotte York-Goldenblatt dans Sex and the City – Le film (oui, décidément mes références ne changent pas) : heureusement que les scénaristes lui ont collé un gag scato pour la faire exister, parce que sinon, elle aurait été royalement inintéressante. Résultat, c’est à peine si le public a retenu sa présence au générique. De même, Ally McBeal, déjà pas bien folichonne en temps normal, a-t-elle jamais été plus chiante que lorsqu’elle coulait des jours heureux dans la plus parfaite niaiserie avec son Larry (même s’il existait sous les traits de Robert Downey Jr.?). Lois et Clark ont perdu tout intérêt dès lors qu’ils n’ont plus trouvé sur leur chemin de psychopathe pour les empêcher de s’unir, se sont mariés et ont vécu heureux. Les gens sont bien plus agréables à fréquenter lorsqu’ils ont des raisons de se plaindre. C’est complètement paradoxal, mais c’est ainsi : les gens heureux n’ont pas d’histoires, donc pas de conversations dignes d’intérêt. « Ouais, ouais, rien de neuf, tu vois. On songe à prendre un chat. Nan on sort pas beaucoup, en fait on préfère rester tranquilles à la maison et regarder la 7eme Compagnie à la télé ». Et comme la conversation est la base de la relation humaine, les gens trop heureux deviennent infréquentables, à force de ne pas vivre de péripéties. Pas seulement par jalousie de leurs amis moins heureux, mais aussi et surtout parce qu’ils ne semblent plus concernés par le mot « problème ». Ils sont comme ailleurs, dans une dimension parallèle où les soucis n’existent plus et où parler de ses soucis, de ses engueulades avec des amis, d’un job galère ou de relations familiales non paradisiaques serait le comble du mauvais goût. Samedi soir, lors de ce qui restera un des très rares bons moments passés au milieu de mon passé lycéen, j’ai appris deux choses. Premièrement, les gens qui profitent le mieux des hôtes d’une soirée sont ceux qui arrivent en premier et ceux qui partent en dernier (je suis plus souvent de la seconde catégorie que de la première). Deuxièmement, le bonheur sans nuage est toujours baigné d’une aura de suspicion. Il doit absolument y avoir quelque chose qui cloche. Cela nous gêne, qu’ils aillent si bien.

Deux de mes amis, que je nommerai Bidule et Bidula, nous ont fait au cours de cette soirée une annonce. En couple depuis cinq ans (rien que ça, déjà, c’est déprimant), Bidule et Bidula vont « régulariser » leur situation à l’automne prochain. Ils vont se fiancer. Magnifique, entonnons-nous tous en choeur! Et c’est bien vrai, nous sommes ravis pour eux. Bon, ça nous colle tous un coup de vieux, et il s’avèrera finalement que nous ne sommes pas conviés à la petite fête, qui consistera en fait en un week-end seuls en amoureux dans l’appartement vendéen des parents de Bidula (où ils ont dû aller une quinzaine de fois en cinq ans). Mais quand même, on est très contents pour eux. Je me suis juste permis d’exprimer mon habituel scepticisme de grand méchant relou. En gros ça a donné :
Moi : « Donc, pour vos fiançailles, on va tous devoir venir à Pornichet?? ».
Bidula : « Ah bah non, y aura que nous! ».
Moi, conscient d’avoir mis les pieds dans le plat et de m’être pris un râteau : « … euh… Donc en fait vous avez juste programmé un week-end normal, sauf que cette fois-ci Bidule te donnera une bague, quoi! ».
Bidula : « Bah ouais ».
Moi : « Bah alors ça sert à rien! Vous allez décider de vous fiancer ce jour-là, mais en fait c’est déjà décidé entre vous et vous ne ferez rien de particulier ce jour-là. C’est comme si c’était déjà fait, non? ».
Bidula : « Ah bah non, quand même, puisqu’il a pas encore acheté la bague ».
Imparable.

Bref, personne ne voyait l’intérêt de cette annonce, dans la mesure où cela manquait cruellement de solennité, où cela revenait à dire qu’on décidait de prendre la décision de se fiancer à une date donnée, et où il n’y avait même pas de gueuleton à la clé. Bidule et Bidula ne savent même pas quand ils comptent se marier. Aux environs de 2010, probablement. What’s the point?, je demande!

En fait, ce qui nous gêne le plus, dans cette histoire, c’est de voir à quel point ce couple, par ailleurs absolument charmant, est devenu incroyablement plan-plan depuis qu’ils sont ensemble. Alors que séparément, ils étaient moins heureux mais beaucoup plus intéressants. Et là est tout le problème : il est devenu impossible de les voir séparément l’un de l’autre, et ils déclinent toute opportunité de s’amuser lorsqu’elle se présente. Franchement, une petite bouffe entre amis pour célébrer leur engagement aurait été la bienvenue, non? Bon, je ne dis pas qu’il fallait que je sois absolument invité (quoique), mais je m’étonne que l’occasion ne leur inspire rien d’autre que leur habituel ouikène à Pornichet, avec juste une bague sur l’oreiller le samedi soir. Lorsque Bidula réussit à traîner Bidule en boîte de nuit (il déteste ça), il décrète au bout d’une demi-heure qu’il en a marre, et ils repartent bras dessus, bras dessous, heureux d’avoir lâché 15 euros chacun pour passer une demi-heure au Macumba. Le petit détail systématique de la plan-plan attitude de mon couple d’amis (oui, oui, contrairement à ce que l’on pourrait croire en me lisant, ce sont mes amis et je les adore… séparément l’un de l’autre), c’est la vérification de l’heure lorsqu’ils sont en soirée avec nous. Cela tient presque du TOC. Grosso modo, on peut être certains que vers 22h, Bidule regarde sa montre en disant « Bon, dans une heure on est partis », puis qu’à 22h45, Bidule se tourne vers Bidula en disant « Bon, ma chérie, on va y aller? T’es fatiguée, hein, et on a un peu de route », et qu’à 23h ils ont levé le camp. Parfois, nous réussissons l’exploit de les retenir au-delà de minuit, ce qui est devenu aussi rare que culpabilisant. Bah oui, parce que du coup, pendant l’heure de rab qu’on se réserve avec eux, on entend Bidule dire qu’ils vont être fatigués, qu’ils ont du travail, de la lessive ou piscine le lendemain matin. Bref, on les fait chier, à les forcer à rester.

« Hein?? »

Ce qui amène, assez systématiquement également, les conversations de fin de soirée à porter sur eux, dès qu’ils sont partis. Ce qui en ressort, en gros, c’est qu’ils ont l’air heureux, mais alors qu’est-ce qu’on ne les envie pas, dîtes donc! On espère tous sincèrement que ça va marcher entre eux pour la vie, parce que sinon, le jour où ils se sépareront, ils auront fait un tel vide autour d’eux et auront tellement perdu l’habitude du monde environnant que ce sera dur, très dur pour eux. Et ce qui nous inquiète, c’est qu’on sait qu’ils ont déjà eu des doutes sur leur relation. N’ayant rien envisagé d’autre pour leur vie, on les voit mal devoir se mettre en recherche d’autre chose, d’un autre modèle de relation, d’une autre façon d’exister face aux autres. Bidula ne veut même pas avoir son propre fesse-bouc, vu qu’elle est en photo sur le profil de Bidule ; elle a une existence propre, mais en fait elle n’a pas envie de s’embêter à avoir son propre compte. De toute façon, Bidule = Bidula. Quant à Bidule, il est amoureux de Bidula depuis le collège, a mis des années à réussir à la séduire, et n’a jamais envisagé sa vie avec une autre. Imaginez les dégâts si ces deux là se séparaient! Tout le fonctionnement de vie dans lequel ils croient s’effondrerait!

Alors oui, c’est mesquin, c’est méchant, c’est malsain, c’est monstrueux, c’est probablement motivé par de la jalousie face au bonheur sans nuage qu’ils ont trouvé ensemble, mais on s’inquiète pour eux de les voir dans une telle léthargie relationnelle. Surtout vis-à-vis du monde extérieur. Et honnêtement, on les préférait quand ils étaient moins heureux…


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Du potentiel érotique de Jean-Marc Barr

Tout se joue super tôt dans l’existence. Regardez-moi : il n’y a qu’à voir à quoi je ressemblais en maternelle pour ne pas s’étonner de ce que je suis devenu. 1) D’abord, les filles, toujours présentes en nombre dans ma vie, ont commencé dès cet âge à constituer la quasi-intégralité de mes relations. 2) Ensuite, le rapport à l’altérité sexuelle, découlant, directement ou pas, du premier point : en gros, mes rapports avec mes collègues de la gent masculine sont calqués sur ceux entretenus par mes copines pintades. J’ai beau en faire partie, ils sont un peu le camp adverse, dans mon inconscient sexué. Donc je perçois souvent ces messieurs comme une espèce de grande fratrie à l’humour gras, se serrant les coudes et n’acceptant les petits nouveaux que s’ils font preuve de prestance couillue devant un match de foot/rugby/handball/n’importe quel sport collectif regardable avec des bières, et bizarrement j’ai toujours eu du mal à me sentir intégré dans cette belle solidarité. Les filles, elles, sont toujours prêtes à accueillir les garçons parmi elles, même s’ils ne regardent pas le foot avec elles, et sans trop d’arrière-pensées (surtout s’il n’est pas question pour nous de chercher à les sauter). En gros, et par voie de conséquence, à cause de ces préjugés grotesques, ma communauté d’affinité, c’est celle des dindes, même si en tant que dindon je fais office d’intrus. 3) Enfin, ma conception de l’homme idéal.

Là aussi, tout s’est joué super tôt, et bien évidemment de manière inconsciente (quoique) : le premier vrai choc esthétique de mon existence, c’est lui :

Hier soir, la six nous gratifiait de la 800ème diffusion du Grand Bleu, le film ultra-culte de toute une génération, à laquelle je n’appartiens pas mais que je n’ai pas trop de mal à comprendre. Compte-tenu de son époque, ce film est une réussite : bande-son parfaite, acteurs jeunes, beaux, drôles mais pas trop, histoire poétique et visuellement réussie d’une quête de sens et de sensations. Et Jean-Marc Barr. Rhaaaaaaa, Jean-Maaaaarc! Rosanna Arquette avait beau être magnifique (malgré ses sourcils mal épilés, mais c’était quoi, leur problème, dans les années 80??), Jean Reno avait beau tirer son épingle du jeu, celui qui crève l’écran, c’est Jean-Marc Barr. Je ne m’explique pas pourquoi il fait cet effet là (en tout cas, je ne suis pas le seul apparemment), mais hier soir en revoyant le film, malgré sa bande originale qui a pris un coup de vieux, sa réalisation tellement « bessonienne » et ses gags aujourd’hui vus et revus mille fois, cela m’a sauté aux yeux : Jean-Marc Barr dans Le Grand Bleu est mon premier émoi amoureux de cinéma. Jean-Marc Barr a déterminé mon orientation sexuelle!! Le corps de nageur? Peut-être. Les yeux et le sourire énigmatique avec lesquels il allume la pauvre Rosanna avant de la négliger comme un vieux jouet abimé? Probablement. Et les cheveux? Très certainement.

Et comme, paraît-il, on cherche toujours au cours de sa vie amoureuse à retrouver l’ivresse de son tout premier coup de coeur, celui qui a été à l’origine de tout, je ne peux pas m’étonner de n’aimer que les petits trapus à cheveux ultra-courts, ne reculant même pas devant les calvities naissantes… Parce que, bon, faut bien avouer, aujourd’hui, Jean-Marc Barr, il s’est un peu laissé pousser le front. Mais vous savez quoi ? Même comme ça, je le trouve irrésistible! Comme quoi, les névroses trouvent un semblant d’explication dans la culture populaire!…

Et aussi, peut-être, dans l’obsession parentale de vous tondre la tête une fois par mois jusqu’à votre adolescence (par hygiène?).

Mais là n’est pas la question : voila donc de quoi va parler ce blog, j’ai trouvé! Comme certains d’entre vous, premiers lecteurs de ce tout jeune blog, que je connais dans la vraie vie, le savent, j’ai une culture de merde. Enfin, pas de merde, mais j’ai une culture générale pop mainstream, que je n’ai globalement pas cherchée beaucoup plus loin que dans ma télé, mon ouèbe, mes radios musicales pourries et, quand même, quelques livres. En résumé, je ne suis pas quelqu’un de très underground : à l’adolescence, je n’ai pas poussé la curiosité culturelle hors des sentiers battus de la télévision hertzienne, de MTV et de mes romans. Et pourtant… Je viens de passer cinq ans en cursus « grande école » (mon Dieu que ce terme peut me gêner parfois), sans chercher à en savoir plus que ça!

Je m’explique : en plus de ma légendaire fainéantise, une partie de moi souhaitait tout simplement voir si, effectivement, j’avais mérité ma réussite au concours, ou si au contraire j’allais vraiment devoir me bouffer du Tocqueville, connaître par coeur les noms de tous les chefs d’Etat du monde ou sortir dans mes conversations privées des extraits d’arrêts de la Cour de cassation. Bosser, quoi. Et faire semblant de kiffer ça.

Résultat des courses : cinq ans plus tard, une culture générale toujours d’une déplorable putasserie, que je n’ai eu aucun scrupule à mobiliser devant de très sérieux professeurs, et quelques apports, tout de même, de ma scolarité à ma curiosité et à mon ouverture sur le monde. Ma culture toute pourrave, je l’ai allègrement étalée, comme de la confiture quand on arrive à la fin du pot. Et bizarrement, quand on est capable de se souvenir des paroles des tubes de Larusso ou de Sandy Valentino (qui???), on impressionne les gens. Ou on passe pour un gros freak, au choix. Eh bien vous savez quoi ? C’est fou comme connaître les régions d’origine des miss France ou les noms de tous les mecs de Paris Hilton peut s’avérer utile pour réussir dans les examens et dans la vie. Et pour se payer des grosses hontes de classe internationale, parfois. Mais aussi et surtout pour éclairer le quotidien d’une lumière pop bien plus rigolote.


En vrac

C’est dimanche, je suis débordé par le programme des jours à venir, j’ai plein de ménage à faire (oui, la vie est aussi bassement matérielle, au-delà de son glamour absolument sidérant). Le week-end a été reposant, vu le peu de personnes présentes et la résolution des quelques-uns qui sont restés à ne pas aller jusqu’au bout de la nuit… Mais ça fait du bien de temps en temps, et je vais poursuivre dans cet état d’esprit fainéa… euh, oisif, jusqu’à demain (au moins). Alors je livre mes impressions en vrac, je liste, et vous mettrez en ordre vous-même:
– Le changement d’heure, quand c’est dans le sens de l’heure d’été, c’est chiant. Je suis tout décalé dans mes projets de la journée, j’ai loupé ma séance de cinéma, je vais donc rester enfermé chez moi à regarder tourner ma machine à laver.
Ensemble, c’est tout est dégoulinant de niaiserie et de bons sentiments, comme je m’y attendais. Le genre de bouquin qui, au cinéma, devient too much, tant ses personnages sont bien moins difficiles à croire sous le voile des mots que sous les traits de comédiens.
– Amélie Mauresmo a été désignée « Joueuse de l’année 2006 » par la WTA: je suis content pour elle, vraiment c’est une femme que j’aime bien, et qui, contrairement à ce qui peut être dit, est assez jolie. Elle avait fait une série de photos pour Paris-Match il y a quelques années, et le résultat n’était pas si mal: une fille normale, mais sportive de haut niveau, avec les caractéristiques physiques que cela suppose (largeur d’épaules, etc. mais ce n’est pas non plus une camionneuse, il faut arrêter la stigmatisation!). En 2007, pour rassurer le grand public, la lesbienne doit être hot et féminine, sinon c’est normal qu’elle soit lesbienne: quel homme en voudrait? Ce serait cool qu’on lâche un peu Amélie Mauresmo sur son physique, et qu’on se rappelle qu’elle est une grande joueuse, pas un porte-étendard des clichés petit-bourgeois sur les homos… Moi, énervé? Bref, je me perds en conjectures: je suis content pour Amélie Mauresmo, bien qu’en 2006, j’estime que Sharapova et Hénin ont tout autant brillé (et pourtant, je n’aime pas Hénin). Alors bravo Amélie, même si, comme disait Daphné Burki, « comment dire… tu n’es pas très sexy ».
– Jennifer Lopez, un peu lasse de se ramasser au box-office avec tous ses films, sort un nouvel album, Como Ama Una Mujer, le premier de sa carrière en espagnol. Sur la couv’, elle est toujours aussi belle du haut de ses 37 ans, et le single Que Hiciste?, avec sa chorégraphie en pull angora au milieu du désert, semble vouloir nous rappeler qu’avant les Shakira et autres Beyoncé, la patronne c’était elle. Une chose me fascine: comment une nana a-t-elle pu bâtir près de dix ans de carrière sous l’étiquette « Bomba Latina » sans sortir un seul album en espagnol?
– Hier soir, Coco, P’tite Marie, Pablo et moi-même avons découvert Mücke mit Tücke, une sorte de Jungle Speed allemand avec des animaux et leurs cris bizarre (Cot Cot = Gaga… admettons). Curieusement, Pablo a gagné, alors qu’il avait été tout nul au Jungle Speed. Allez comprendre! En tout cas, Coco a bien failli trouver la parade pour nous duper: une espèce de « Mwahaaa » qui était supposé faire indifféremment office de cri de chien, de poule, de grenouille, de mouton, d’âne, de vache et de chat. Bon, ça n’a pas marché à tous les coups, mais c’était bien tenté. C’était, par ailleurs, un peu l’affiche par rapport aux tables voisines…
– Ma mère va s’acheter un nouveau sac à puces, il faut donc que je trouve un nom de chien commençant par C. Elle veut que ce soit « Select ». J’aurais été plus inspiré si elle m’avait dit « Tendance ». Des idées? Moi, avec la matûrité d’un collégien de quatrième, je reste bloqué sur Clitoris, qui me fait mourir de rire…

J’ai adoré le nouveau Téchiné

Oui, je sais, ce n’est pas très intéressant, mais après tout, j’écris ce que je veux! Hier, donc, je suis allé au cinéma avec une personne que j’aime beaucoup. Il faut dire que le cours de stretching nous avait passablement crevés! Ben oui, on se sentait plus mous que d’habitude, et puis des grognasses inconnues sont venues s’incruster au cours, à un mois de notre dernière séance de sport, et du coup on n’avait plus de tapis… Oui, je sais, ma vie est très dure, en plus d’être passionnante!

Bref, en sortant de là, on décide de se faire un ciné, et pour ma part j’avais assez envie de voir Les Témoins de André Téchiné. Que ce soit clair: je ne suis pas un gros fan des critiques, même s’il m’arrive de temps en temps d’acheter un magazine ciné. Il m’est arrivé de trouver des films encensés par les critiques royalement chiants, et inversement d’en trouver d’autres, complètement massacrés dans la presse mais somme toute très corrects. Tous les goûts sont dans la nature, non? Je n’en reviens pas d’être capable d’écrire ce genre de platitudes, j’ai besoin de sommeil… Je connais mal Téchiné, je n’ai même pas vu le soi-disant culte Les roseaux sauvages. Je sais surtout que c’est un cinéaste un peu intello que la critique adore, avec des commentaires du genre « hmmm, c’est un Téchiné mineur, mais quelle maîtrise! ». Pas de quoi m’attirer a priori. En tout cas, pour cette fois, les critiques ont aimé, et moi aussi.

Bon, je vais pas raconter le film, ça sert à rien et ça pourrait m’être reproché si, un jour, quelqu’un me lisait! Mais je peux dire que depuis hier, je n’arrête pas d’y penser. J’en ai rêvé cette nuit parce que ça m’a un peu traumatisé, j’ai eu la tête ailleurs une bonne partie de la journée, et mon amoureux fait la gueule parce que je suis perdu dans mes pensées au lieu de lui parler… C’est tout simplement une des très rares fois où je sors d’un film avec des questions plein la tête, et un certain trouble. Les comédiens sont globalement bons: Sami Bouajila est génial et a réussi à me troubler (alors qu’il n’est même pas mon genre!), son jeu est très fort; Emmanuelle Béart est mon idole du cinéma français et ne semble pas décidée à cesser d’être belle, et c’est un peu son personnage qui justifie le titre du film; Julie Depardieu commence, mine de rien, à se constituer une filmographie pas dégueu’, même si j’ai mal saisi le sens de son rôle ici; Johan Libéreau pourrait bien être une véritable révélation, s’il fait encore quelques films et ne disparaît pas à peine apparu… Voila, je ne voulais pas faire de critique, et voila que je me mets à jauger les acteurs un par un! Disons seulement que ce film est vraiment bon, et me donne beaucoup à penser sur les idées de peur, de désir, de sexe, de relations de couple, d’amitié, de fraternité… surtout dans cette décennie des années 1980 où, sans avoir encore conscience de l’ampleur du phénomène, on mourait encore du sida dans les pays riches (parce que les pays pauvres, aujourd’hui encore, sont hélas encore très loin du compte). Bon, je ne devrais pas en dire tant, mais vraiment, ça m’a plu, ça me reste dans la tête, et je pense que ça va y trotter quelque temps encore. Je crois que Les Témoins est ce que l’on peut appeler un grand film… et peu importe si son affiche ressemble à celle du film Closer, entre adultes consentants, comme se plaisent à le souligner certains fâcheux sur Internet. Franchement, je me rappelle l’affiche de ce film, et même si les deux se ressemblent, je n’avais pas fait le rapprochement. Il y en a qui ont vraiment du temps à perdre à chercher du plagiat dans des affiches (qu’est-ce que ça peut faire?), et je vois pas du tout l’intérêt de cette polémique à deux balles.

En tout cas, pour nous rappeler que Les Témoins est un film historique d’une réalité malheureusement très actuelle, il y a un événemenent auquel il faudra penser, dans moins de deux semaines: le Sidaction, du 23 au 25 mars. Parce que nous sommes tous potentiellement concernés, et parce que nous devons tous continuer à nous protéger… Qu’on soit faits pour vivre ensemble ou pas (clin d’oeil à ma co-spectatrice d’hier), qu’on partage nos sécrétions avec des hommes ou des femmes, sortons tous couverts!