Archives par mot-clé : Coup de pub

La fabuleuse page Facebook de Dunkin’ Donuts

Tu sais, j’ai l’air comme ça de donner des leçons à la Terre entière et d’être, par conséquent, un être de lumière tellement supérieur en tout qu’il peut se permettre toute cette condescendance. Alors qu’en fait, pas du tout, je suis un peu grassouillet et pas bien sportif (donc pas bien foutu), chevrotant de la parlotte et riche d’une vie intérieure multiple, puisqu’on est bien une quinzaine à s’engueuler à l’intérieur de mon crâne pour décider de ce qu’on va bien pouvoir faire dans les cinq prochaines minutes.

Aujourd’hui, pour démystifier un peu cette figure inaccessible qu’à coup sûr j’incarne dans tes rêves humides, je vais plutôt te parler du côté grassouillet de la force, parce qu’en fait, pour l’hystérie et les troubles dissociatifs de l’identité, c’est un peu la thématique habituelle, ici, tu vois.
Donc, la graisse.
Il y a trois ans, à Berlin, je suis tombé en pâmoison devant une émanation purulente de la gastronomie américaine, aussi scandaleusement absente de France que Burger King : j’ai nommé Dunkin’ Donut. Ou comment une chaîne peut faire du Starbucks, mais en mettant en avant un amas d’huile destiné à accompagner ton café du matin, du midi, du goûter ou du soir : le donut. Sauf qu’en fait, tu prends pas du café à chaque fois, sinon non seulement t’aurais les artères bouchées, mais en plus tu n’aurais pas la moindre chance de réussir à crever de ta crise cardiaque dans ton sommeil. C’est quand même ballot.
D’une certaine manière, heureusement que Dunkin’ Donut n’est pas implanté en France, probablement refroidi par les années de dur labeur psycho-sublimino-publicitaire et de travail au corps que McDo a dû fournir pour s’implanter correctement chez nous. C’est que le donut, culturellement, c’est pas très Roquefort.

Mais il y a quelques mois de cela, grâce à ce merveilleux état de fait qui veut que le ouèbe soit oueurld ouaïde (mais si j’écris world wide, tu comprends aussi, non ?), j’ai pu rejoindre la génialissime Fan Page de cette enseigne de sains produits préparés à base d’huile végétale et de céréales : il ne peut rien y avoir de mal à cela, non (hem) ?
Et je ne regrette pas mon clic : avec tous les onglets et contributions des fans (très actifs) de la marque, je trouve à chaque visite une affriolante nouveauté à me mettre sous la dent. Au sens figuré, j’entends, puisqu’on ne peut pas encore faire sortir de la bouffe d’un écran d’ordinateur (perspective futuriste hautement improbable qui me laisse toutefois songeur).

Ainsi, depuis le début de l’année 2010, on a droit au fantastique soutien « bien-être et auto-congratulation » de  Maurice, le donut qui parle (n’est-ce pas fabuleux ??), qui sert de mascotte à la Page. Si vraiment les donuts t’ont fait prendre quinze kilos en deux mois, il continuera à te dire que « you look fabulous », et ça c’est vachement sympa de sa part, je trouve.
On a aussi les fans qui postent des poèmes d’amour à Dunkin’ Donut sur le Mur, parce que c’est important, dans la vie, de pouvoir compter sur quelqu’un. Ou ceux qui racontent comment ils ont rencontré leur conjoint au Dunkin’ Donut… ou qui l’ont épousé là. Ou encore ceux qui, contre les bégueules qui s’inscrivent sur la page et s’en prennent verbalement à ce temple de l’obésité infantile, défendent vaillamment leur enseigne chérie.
Ou les fans qui envoient des photos d’eux avec leur(s) donut(s), devant leur Dunkin’ Donut local, avec leur café Dunkin’ Donut… Il y a d’ailleurs un psychopathe qui semble avoir fait le tour des Etats-Unis de tous les établissements de la marque, qui s’est fait prendre en photo devant chacun d’entre eux, et qui a envoyé le tout aux administrateurs de la page (lesquels devraient, je pense, le récompenser en lui offrant une carte de fidélité gold valable à vie) (ou alors, en appelant la police). Je me souviens qu’une nuit de Chômagie, ma pote Lilibuzz et moi avions, au téléphone, fait défiler toutes les photos de la page, en se les commentant simultanément comme nous l’aurions fait d’un album dédié à une soirée « dossier ». Et bah c’était au moins aussi marrant.
En gros (hin hin hin), je suis subjugué par la relation bizarrement fusionnelle que Dunkin’ Donut a réussi à développer avec ses clients; mais est-ce avec ses clients en général, ou seulement avec ces quelques dizaines de milliers de fanatiques facebookés ?
Mon coeur saigne de ne pouvoir m’inscrire au Dunkin’ Perks, pour me faire envoyer un coupon qui me donnerait droit à un verre gratuit d’une de ces boissons qui ressemblent un peu à du beurre fondu avec du Nesquik dedans… Enfin, en vrai, je pourrais m’inscrire, hein, mais bon, le coupon ne me servirait à rien, puisqu’aux dernières nouvelles, non, non, non, les importateurs d’obésité de Dunkin’ Donuts ne se sont toujours pas implantés en France.
Mon tour de taille les remercie. Mais pas ma compote de cervelle.

Smartphone

C’est pas parce qu’on s’intéresse aux élections américaines (et qu’on fait chier tout le monde avec ce sujet rabâché environ 800 fois par jour depuis deux mois, je sais) qu’on ne peut pas aussi ricaner bêtement comme le premier imbécile venu devant une pub qui a mal supporté la traduction anglais > français…

« Mon Q. L’intelligence renouvelée ».

Rien à ajouter…

(lol, j’ai envie de dire)

What the f***?

« What? Il a rien foutu du week-end et il nous balance une vidéo en guise d’amuse-gueule pour le lundi? », vous entends-je vous indigner?

Bah ouais. Feignasse je suis, feignasse je resterai.

Donc je vous balance la vidéo sortie ces dernières semaines par Diesel, la marque de jeans un poil vulgaire qu’on croise sur la moitié des culs du Macumba Night (et à laquelle j’ai un peu de mal à m’identifier en tant que consommateur… surtout à cause des autres consommateurs) (que voulez-vous, la mode est un sport de moutons) (n’est-il pas FabulousF?). C’est grotesque mais l’idée de détourner un porno des 70’s et de diffuser ça à tous les publics amuse beaucoup mon moi « ado rebelle ». Je trouve que c’est du subversif réussi. C’est trop la pérave, comme disait l’autre.

God shave the Queen

Alors là, je vois mal comment je pouvais ne pas en parler, hein. Tout le monde sait que j’aime Mylèèèèèèèène depuis des années, même si elle ne fait plus de tubes et qu’elle soûle tout le monde avec son numéro de grande prêtresse dépressive en concert.

La voila donc qui revient et qui joue, de manière drôle et assumée, de son image d’icône gay. Car oui, il n’y a pas que les Kylie, les Mariah, les Madonna, les Dalida, les Barbara, les… « euh, les mortes? »*! Mylène Farmer fait partie de ce Club très prestigieux et très fermé (?) d’artistes de grand talent adulées par un public homo bizarrement fidèle envers et contre tout. Peut-être en souvenir de ses vertes années de vingtaine où elle montrait son cul à tout bout de champ dans ses clips, peut-être pour sa liberté sexuelle assumée, peut-être parce que c’est l’une des rares chanteuses de variétoche à proposer un univers et des textes avec un minimum de profondeur et de possibilités de lecture… ou peut-être un peu pour tout ça à la fois.

Mais en dépit de critiques jamais tendres (quoique pas toujours catastrophiques) et de ventes un peu moins à la fête que par le passé (en même temps, Avant que l’ombre, en 2005, c’est avant tout zéro chanson écoutable en radio, zéro titre phare, zéro tube et zéro promotion de la chanteuse, alors…), elle est toujours là, telle une vieille routarde usée mais pas fatiguée. M’enfin quand même, heureusement qu’elle capitalise sur ses tubes passés et sur ses concerts pharaoniques! Parce que, bon, si elle devait compter sur les 10.000 folles qui achètent son album la première semaine après sa sortie en cinq exemplaires (la version normale, la version collector, la version jewel box avec photos exclusives, la version numérotée ultra-limitée avec objet collector en bronze de plastique et la version qu’on écoutera parce qu’on laissera toutes les autres sous plastiques pour ne pas les abimer…), bah elle gagnerait toujours très bien sa vie mais elle serait très underground, au bout du compte.

Quoiqu’il en soit, je vous reparlerai bientôt du nouvel album de la rousse flamboyante, qui apparemment revient au look androgyne qu’elle arborait pour l’album L’Autre au début des années 1990 (avec une coupe de cheveux légèrement moins désastreuse, cependant).

En attendant, je vous renvoie au sulfureux dernier clip à partouze qu’elle nous a pondu juste pour faire parler d’elle, cette catin, en pompant allègrement sur Le Cinquième Elément et sur Le Parfum. Qui a dit que Mylène Farmer était une actrice contrariée?

* Sauras-tu reconnaître cette référence culturelle savamment cachée?