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Je suis un spécialiste de la dissert’ à lieux communs en trois lignes

Bon, en l’absence, à cette heure tardive, de l’analyse politique de Floran (Boooouh! Vil gueux!), je me dévoue pour parler rapidement des législatives. En gros, on vient quasi-officiellement d’en prendre pour cinq ans de sarkozysme pur et dur. Le FN ne fait plus recette dans ses rangs, mais l’UMP a décidément réussi sa moisson du côté de l’extrême-droite, vu son recul à 4%. Le PS va mal, et tout le monde s’accorde à évoquer la nécessité d’un refondement social démocrate. Le MoDem est déconnecté, arf! Ok, je sors. Si les 18% d’électeurs de Bayrou du 22 avril sont retournés vers l’UMP, c’était pas la peine de le suivre dans son délire centriste pour faire ça un mois après: l’UDF était déjà à droite depuis trente ans, alors le Nouveau Centre, ils auraient dû se faire gicler pour opportunisme électoral criant, comme il se doit. Bayrou ne peut pas non plus donner de consigne de vote en faveur du PS au second tour, ça tuerait les quelques candidats MoDem qui restent et ce serait en totale contradiction avec ses ambitions. Enfin, l’abstention montre que, de deux choses l’une (ou les deux en fait): le sursaut démocratique n’a pas eu lieu, ou alors les Français ne s’intéressent à la politique que lorsqu’elle est personnalisée, dans une compétition autour de deux « peoples ». L’idée que tout était joué a prédominé, entends-je? Mouais, suis moyennement convaincu. La majorité des gens que je connais qui se sont abstenus m’ont dit qu’ils s’en foutaient tout simplement, alors qu’il y a cinq semaines ils ne concevaient pas de ne pas voter le 6 mai. Une militante de gauche déclarait ce matin, sur une station de radio dont je ne me souviens plus, que les Français avaient peut-être besoin d’une politique vraiment de droite pendant cinq ans, sans garde-fou ni rien, pour voir ce que c’est. J’aurais préféré qu’ils soient moins cons et qu’ils soient capables d’imaginer. Bref, on verra, mais je me demande si dans cinq ans, passées les crises, manifs façon CPE et autres lois passées en force, l’UMP ne l’emportera pas à nouveau…
Face à ces problèmes présents et à venir, je solidarise avec nos amis bacheliers de l’année en « bossant » leurs sujets de philo, comme l’ont apparemment faits certains écrivains comme Jean d’Ormesson aujourd’hui, dans les locaux du Figaro Littéraire. Chez eux, ça devait être studieux et sympa, vu l’endroit où ça se passait, chez moi ça se fait seul sur un ordi avant le dodo. C’est juste une question de classe. Cela donne:

Série L (littéraire) coefficient 7
– Toute prise de conscience est-elle libératrice?
Ben bof, si la prise de conscience en question c’est la prise de conscience de ta cellulite et de ta non-conformité au physique de Clara Morgane, c’est pas forcément libérateur. Si la prise de conscience est celle d’un vrai défaut genre « je suis une psychopathe façon Kimberley Shaw de Melrose Place », ça peut effectivement te libérer de l’emprise de ta follitude.
– Les oeuvres d’art sont-elles des réalités comme les autres?
Ben non, puisqu’elles existent en tant qu’objet mais simulent et/ou interprètent la réalité. Z’êtes cons, des fois!

Série S (scientifique) coefficient 3
– Le désir peut-il se satisfaire de la réalité?
Nan, sinon on serait que des gros égoïstes, genre « ce qui m’intéresse dans une relation, c’est de me vider les c*******, et pas de me coltiner les cadeaux, négociations et autres problèmes ». Face à la réalité, force est de constater que c’est pas forcément satisfait, comme instinct. Le désir, ce n’est pas forcément ce qui fait de nous des hommes; c’est au contraire le fait de savoir les adapter à la réalité et de réfléchir au-delà d’eux.
– Que vaut l’opposition du travail manuel et du travail intellectuel?
Manifestement, un différentiel salarial et une considération sociale bourgeoise, chéri. A part ça, c’est quoi un intellectuel? Juste quelqu’un qui ne travaille pas avec les mains? Jean-Pierre Pernaut, c’est un intellectuel, alors?

Série ES (économique et social) coefficient 4
– Peut-on en finir avec les préjugés?
Oui, bien sûr, il faut juste qu’on devienne tous physiquement identiques, avec la même religion, la même couleur, la même éducation, la même sexualité, les mêmes opinions, les mêmes qualités et les mêmes défauts. Et voila, je viens de te résoudre le problème de l’humanité en deux lignes et de mettre fin à l’histoire des guerres: en mettant fin à l’humanité.
– Que gagnons-nous à travailler?
« Plus! », me suis-je mis à hurler en lisant l’énoncé, en travaillant plus, et moins en travaillant moins quand on est une feignasse de gauchiste aux 35 heures, je suppose, comme le prône le philosophe Nicolas S. On gagne aussi, probablement, le droit de financer sa retraite soi-même comme un grand, sans cette s******** d’Etat-Providence.

Comme j’étais en ES, j’aurais probablement pris les préjugés. J’étais pas encore assez critique, en Terminale, moi. Je suis qu’un sale gnafron de 4 ans, en un sens, j’étais qu’un foetus de gauche au lycée!

Un bien beau sujet

J’adore les dissertations de culture générale. Non, je n’ai pas honte, et je ne dis pas ça de manière ironique! Je pourrais ne faire que ça de mes journées, tellement je trouve ça génial de traiter d’un sujet, en passant de la télé à l’histoire, de la littérature à la presse people, du cinéma à la chanson, en rendant l’ensemble logique. Pourtant, je suis nul, j’ai des notes bof-bof, et je suis quasiment certain de me planter au grand oral de fin d’année. Mais peu importe, ça me plaît de me lâcher sur une copie et de pouvoir y parler de tout et n’importe quoi sur un sujet. Bon, il y a la contrainte du plan, et de devoir justifier de la cohérence de chaque exemple, mais ça fait partie du charme de l’exercice.
Ce matin, donc, nos profs n’ont pas été beaucoup plus créatifs que d’habitude puisqu’ils nous ont balancé un concept, qui tenait en un seul mot. Le genre de chose qui fait un peu peur a priori, vu qu’on à l’impression qu’il faudra tout balayer sur le concept, à travers le temps et l’espace. A l’évidence, on n’y parviendra pas. Et je me suis habitué à cette idée, bien qu’elle soit fort triste et me condamne à de vieilles notes. Donc, pour me marrer et pour mettre le prof face à des exemples plus originaux les uns que les autres (au moins, même si ma copie est mauvaise, il n’en a pas lu d’autre du même acabit), je me lâche totalement sur mes copies de culture générale. Je mets les exemples les plus débiles qui soient, les références people et télévisuelles qui me viennent à l’esprit, toutes les idées qui passent par mon cerveau à la taille de petit pois.
Aujourd’hui, donc, la laideur m’aura permis d’évoquer du marrant et du plus sérieux: pas de Mylène Farmer ou de Madonna cette fois-ci (on va éviter de le faire à chaque fois, je veux pas non plus me griller!), mais du lourd quand même. Je suis assez content d’avoir réussi à caser l’expression « thon avec de la personnalité », je trouve cela insolent au possible. Par contre, je suis déçu de ne pas avoir trouvé de place dans mon pseudo-plan pour Ugly Betty. Après tout, America Ferrera a bien eu le Golden Globe de la meilleure actrice de série comique: les moches sont devenus in!! Une chance pour moi, donc… Oh, ça va, vous me passerez bien un peu de dénigrement de ma personne, je ne me suis pas autoflagellé depuis des siècles! Et puis, c’était dans ma copie: tout le monde se trouve moche, ou aimerait au moins être un peu plus beau. Sinon, on se retrouve dans une confiance en soi et un égo que je ne peux pas imaginer. Mon propre égo est déjà bien sur-dimensionné par moments, mais pas à ce point.
Sinon, demain soir, à 20h, il y aura ce qui sera probablement la dernière vraie allocution télévisée de notre cher Président. Bon, c’est pas qu’il me manquera, hein, mais vu ce qu’on risque d’avoir à la place… Personne n’y croit, même pas moi, mais quand même, ça me ferait bien marrer qu’il annonce que finalement il se présente! Ce serait ridicule, ça ferait planter son camp (hmmmm…), mais avec le précédent de 1981 où il a préféré voir Mitterrand gagner plutôt que Giscard, ce ne serait pas si incroyable que ça, qu’il ait envie de faire couler le navire avant de le quitter…