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Brother, sisters

Ce ouikène, mon frère a eu 21 ans.

C’est horrible.

Cela signifie que j’ai VRAIMENT plus que 21 ans, puisque lui les a. Oui, depuis plusieurs années, déjà, je me sers de l’âge de mon petit frère pour prendre conscience du mien.

Quand il a eu 15 ans, j’ai enfin réalisé que j’étais un ado bouseux, concept qui m’était à peine venu à l’esprit auparavant.

Quand il a été majeur, cela signifiait que non, je n’étais pas plongé dans un rêve bizarre depuis trois ans et que oui, j’étais vraiment majeur moi aussi.

Aujourd’hui, je sais donc que ma vingtaine est bien entamée. Merde alors, j’y avais pas pensé.

Oui, je sais, je suis un peu lent, parfois, mais pour excuse je vivais pas loin d’une centrale nucléaire.

P’tit con.

 

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Bon et pis sinon j’ai revu Deathproof, en hommage à Jungle Julia, sur un lecteur DVD qui sautait toutes les 15 secondes. Lorsque ce genre d’expérience se produit à 2 heures du matin, l’effet produit est au-delà de l’hypnotique et peut transformer votre tête en nuage de brouillard comme dans la pub Ricourée…

En tout cas, ce film m’inspire aujourd’hui 3 réflexions profondes (si, si, hyper profondes, tu vas voir) :

1 – N’en déplaise à Fille Facile, le Girl Power peut trouver un salut hors des Spice Girls.

2 – C’est quand même hyper bavard, comme film, non ? On dirait que Tarantino s’est acharné à caser de la réplique culte à tout prix tellement c’est sa marque de fabrique.

3 – (découlant directement du 2) L’ennui avec Tarantino, c’est que ses films sont tellement cools qu’ils en deviennent suspects. Est-ce que ce n’est pas over-beauf et over-convenu, de kiffer Tarantino, en fin de compte…?

La dernière rentrée

Ce week-end n’aura pas seulement été marqué par l’interview de Mylèèèèèène déclarant à Claire Chazal qu’elle la trouve « très jolie et très sensible (contrairement à cette p*te arriviste de Laurence Ferrari qui a piqué la place de PPDA et qui a refusé de me recevoir en plateau)« . Non, il n’y a pas eu que ça. Il y a aussi eu une étape cruciale de ma vie familiale. Depuis hier soir, dimanche 31 août 2008, mes parents n’ont officiellement plus de moutards à la maison. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour ma mère ça veut dire beaucoup. Vous n’avez pas d’enfant, ma brave dame? Bon, vous avez au moins été le lardon ou la lardonne de quelqu’un, non?

Bref, en nous voyant partir pour Paris, et avec la perspective de se retrouver seule, nez à nez avec mon père en rentrant, pas pour la première fois, mais d’une certaine manière de façon définitive, elle nous a fourgué la moitié du contenu du frigo de peur que nous nous laissions mourir de faim. Car si le frangin roule sa bosse hors de la maison depuis un bail, nous avons bien cru que nous ne réussirions jamais à le sortir du lycée. Et puis, en juin dernier, il a vaguement bachoté son bac, et il l’a eu, l’enfoiré. Du premier coup, en plus. Comme quoi, l’appeler « Dunaze » pendant des années aura porté ses fruits: il a dû avoir envie de me/nous prouver le contraire. Et le voila propulsé dans la vie étudiante en ce beau 1er septembre, dernier d’une fratrie de deux où il a fallu, comme votre serviteur, trouver une place et une identité. Le cancre sympathique contre le balai dans le c*l, je vous laisse imaginer la répartition de ces rôles, bien sûr.

Toujours est-il que la scène d’hier soir m’a, un peu, rappelé l’un des plus agréables films qu’il m’ait été donné de voir en cet été qui s’achève: Le premier jour du reste de ta vie, de Rémi Bezançon, qui est déjà sorti il y a un bail mais que je vous encourage à voir si vous en avez l’occasion (et pas seulement pour la chanson de Daho). La première scène du film, avec le départ de l’aîné pour sa piaule d’étudiant et la môman qui cherche à le retenir, était un peu du même accabit que mein Mutter retardant notre départ en cherchant ce qu’elle pourrait bien nous refourguer de plus pour perdre encore quelques instants. Vous me direz que j’étais le premier à partir, comme dans le film, et que la scène aurait dû me faire penser à moi. Mais en fait non, quand je suis parti de la maison il y a cinq ans, mes parents sont venus aménager mon premier appartement avec moi à Bordeaux et m’ont lourdé sur place, ce qui finalement ressemblait plutôt à une arrivée en colo. Donc non, je n’ai pas eu droit à la larmoyante scène de chantage affectif pour m’empêcher de passer le seuil de la porte. J’ai eu droit, en revanche, à la scène d’adieu, avec voiture qui s’éloigne à l’horizon et Mère qui reste scotchée à sa fenêtre pour me regarder devenir tout petit au bout de la rue.

C’était vachement émouvant aussi, en fait.

Comme quoi, les parents, faut savoir les abandonner à temps, sinon, c’est qu’ils ne vous laisseraient jamais partir, ces zèbres-là. Si j’étais resté au patelin avec eux, je passerais mes samedis soir au Macumba situé à 60km de là, je roulerais bourré pour y aller, j’aurais une majorité de potes agriculteurs et je voterais fièrement Sarkozy en crachant sur les feignasses aux 35 heures et les racailles que personne n’a jamais vues au patelin… Non pas que mes parents soient comme ça, mais bon, l’environnement, vous savez ce que c’est, ça déteint.

Mouais. C’est rare, mais je suis d’accord avec ma mère. Il était temps que mon frère se barre de là.

Violence des échanges en milieu privilégié

Je perds en assiduité, ces derniers temps. Je vous préviens, une fois de plus, ça ne va pas être drôle. La futilité n’empêche pas les soucis. Premier post de février, ce dimanche 3, donc. Désolé. Pas vraiment moyen d’avoir accès à l’ordinateur à la maison, trusté par mon frangin. Vous connaissez l’excuse, elle dure depuis que ce blog existe. Ce fut un week-end bien long. Pas pour le mariage présidentiel de samedi matin dont je me tamponne le coquillard si fort que je pourrais me faire mal. Non. Mais pour de petits incidents et autres instants de flottement qui me laissent, en ce dimanche soir, le coeur vidé, la tête pleine et le pied nerveux. Pour le vendredi après-midi fort instructif passé à Paris, d’abord (ou pourquoi il va falloir que je revoie toutes mes candidatures de stage). Pour le vendredi soir et son épique engueulade familiale, ensuite. Pour les réflexions entendues le samedi. Pour la soirée longue comme rarement qui suivit. Pour ce froid dimanche de pluie, enfin.

Je n’aurais jamais pensé, moi qui ne suis pas du genre à pleurer (ou alors, seulement si j’ai l’assurance que personne ne le saura jamais), que mes parents finiraient par réussir à le provoquer chez moi. Bon, il y a bien eu l’époque des 14 ans « Ô, monde cruel et parents si incompréhensifs, vous ne souhaitez donc que ma mort, à me refuser la boum de Magalie??! ». Mais depuis, je suis bien moins hystérique. D’ailleurs, nous ne parlions même pas de moi, ni d’eux. Non, nous parlions d’un fait divers tragique. Mais ça a viré au pugilat. Parce que je ne crois pas à la peine de mort, parce que je n’ai pas toujours la solution pour résoudre les problèmes, parce que non, tuer un jeune branleur qui vient foutre la merde chez toi avec une barre de fer n’est pas un évidence pour moi. Il devrait toujours y avoir une autre solution. Et les arguments poujadistes qui consistent à dire que notre justice est pourrie, qu’elle est soumise au politiquement correct et que « ce sale arabe l’avait bien mérité », ça me fait toujours bondir. Gestes équivoques, cris qui fusent, incompréhension de toute part. Je passe pour un relativiste mou, un idéaliste gaucho-candide. Non pas que je donne raison à quelqu’un qui agresse les gens. Mais si la légitime défense n’est pas avérée, si la personne qui a poignardé ce gamin a été écrouée, c’est qu’il devait bien y avoir un moyen de faire autrement que de le tuer… A moins que je ne me trompe. Je ne sais rien. Je n’étais pas là.

Toujours est-il qu’au bout d’une demi-heure à me faire abreuver d’insultes parce que je prenais la « défense » de ce « branleur qui l’a bien mérité », j’ai été fatigué. Fatigué de ne pas élever la voix pour rester poli, mais de faire face à un débit de voix de plus en plus puissant. Trois se sont arrêtés de parler de ce sujet visiblement épineux, sur ma demande. Une seule a continué. Je l’ai suppliée de se taire, d’arrêter. « Non, je veux pas arrêter! Puisque tu es si malin, tu ferais quoi? C’est quoi la solution? Des mecs s’introduisent à ta fête et foutent la merde, et toi tu penses qu’il ne faut rien dire!! Tu trouves ça normal!! Mais tu n’as aucun bon sens, mon garçon! Tu approuves les agresseurs?!! ». Bien sûr que non, mais s’il te plaît, arrête. Je n’ai pas de solution, j’ai juste un avis. Je respecte le tien, et nous ne tomberons pas d’accord, alors on arrête. Elle a continué. J’ai senti ma main qui tremblait depuis déjà dix minutes, et le flot qui montait.

C’est bien la première fois que ma mère me fait pleurer. Ou en tout cas, la première fois depuis longtemps. J’ai absorbé beaucoup de chocs verbaux. Ce soir là, j’aurais juste voulu qu’elle sache voir que j’étais lassé de tout ça. Je suis lassé de me battre avec eux à chaque week-end familial. Je leur ai demandé de ne plus me parler politique ou fait divers, ou au moins d’éviter. Ne vous méprenez pas, je les aime beaucoup. Nous avons des divergences politiques assez indépassables, mais nous nous en sortons bien. J’aime à croire que nous nous quittons à chaque fois en désaccord mais pas fâchés. Mais ce soir là, c’est moi qui ai quitté la table, vidé de courage.

Nous sommes dimanche soir, ça fait deux jours. J’ai fait bonne figure tout le week-end. Mais je sens quelque chose de cassé. J’espère que dans quelques jours j’aurai à nouveau envie de retourner chez eux.

edit de 22h35: ça devient de plus en plus drôle, ici. Bon, ne vous inquiétez pas, quand j’aurai trouvé un stage, je serai moins sur les nerfs et je serai capable d’encaisser un repas de famille!

Deux jours chez ma mère

Nan, je ne me la joue pas Weyergans, j’essaie juste de faire genre « sur ce blog, on a des lettres ». C’est pas forcément gagné. Ce week-end, pendant qu’on perdait Michel Serrault (et avouez que vous aussi, ça vous touche), je jouais les parisiens parasites, non loin de Honfleur, où il est décédé. La Côte Fleurie est vraiment une jolie région pour qui n’a pas trop tendance à tourner en rond à la campagne. Le moins qu’on puisse dire c’est que, comme dirait la dadame de l’affiche ci-contre « Qu’est-ce que c’est joooooli… C’est… c’est vert, hein… C’est la campagne, on est en plein dedans on peut pas être plus dedans ». Bon, il y a bien Deauville le nid à parisiens endimanchés qui regorge de touristes, mais ça reste quand même calme. La route de vendredi soir a été si bonne que j’ai même pu voir Véronique « à fond la randonnée » se faire sortir de Koh Lanta. Comme ça faisait deux semaines que je n’avais pas regardé, je m’étonnai au passage que la niaise vieille fille lilloise de cinquante ans qui nage comme un fer à repasser et qui servait de boulet officiel à son équipe soit encore là. Secret Story n’est décidément pas bien passionnant, et apparemment la prod’ a décidé d’abréger les souffrances de tout le monde en dégageant trois candidats dans une semaine. Pour info, ils ont viré Julien, l’escort boy qui a un peu forci dans le loft la maison et dont, déjà, vous ne vous souvenez plus. Quoi, comment ça, mon existence est vide?? Attendez, que voulez-vous que je fasse un vendredi soir à 22h dans l’appart’ de ma mère!?? J’vais quand même pas aller en boîte tout seul juste pour avoir des trucs à dire ici!

Le samedi, grâce à ma foutue habitude de me laisser gagner par le climat BCBG, a été une journée de débauche shoppingesque, comme souvent avec ma mère. Il faut dire qu’elle me pousse dans les magasins où je n’ose pas entrer d’habitude, pour me faire essayer des choses outrageusement bourgeoises. Je ne dirais pas que ça me dérange, juste qu’il ne faudra pas se plaindre si je me fais lapider dans la rue pour cause de JUMP attitude! Nous avons donc écumé les magasins de fringues (je ne suis pourtant pas en période d’inspiration, ça s’était vu à Tours), où des mères de familles sosies de la mienne (petites, fausses blondes à carrés, tailleur et bronzage de rigueur) trépignaient après leurs fillettes prénommées Agathe, Céleste, Aglaé ou Jade ou leurs fils de mon âge à jeans slims… Ouais, j’ai des a priori sur les gens qui donnent des prénoms pseudo intellos qui n’existent même pas à leurs gamins, et alors? Le temps étant dégueu’, toutes nos pintades à 4×4 de Neuilly n’ont pas été beaucoup plus intelligentes que nous et ne sont pas allées à la plage. Les magasins étaient donc blindés de ce que Corinne Maier nomme poétiquement des « merdeufs ». J’ai même eu du mal à retrouver ma génitrice lorsque je l’ai égarée parmi les pulls. Il y avait des modèles similaires partout. Le meilleur épisode, c’est quand même Hugu Buss, d’où je suis ressorti avec un T-shirt rose que je ne voulais même pas mais sur lequel Mère s’était extasiée, et qui coûtait aussi cher que l’intégralité des fringues que j’avais sur moi, et des mocassins qui vont me valoir des jets de pierres à la rentrée. Bizarre, quand même, de craquer sur un T-shirt rose pour moi alors qu’elle ne supporte pas la vue d’une sacoche à mon épaule (ça fait folle)… Je me suis alors demandé, parce que j’ai l’esprit mal placé, comment elle comptait me faire « payer » ça… Oui, oui, il y a toujours un contrecoup derrière ce genre de dépense ostentatoire visant à me faire plaisir au-delà du raisonnable: une remarque désobligeante, un chantage affectif autour d’une exigence quelconque, une engueulade qui tombe d’on ne sait où…

Je ne sais pas si le dimanche était une façon de m’embêter, mais si c’est le cas ça n’a pas marché. J’ai plutôt apprécié de me paumer dans le Pays d’Auge en bagnole avec ma mère qui gueulait sur le siège passager. « Tu roules trop vite!! », « Attention au fossééééééé!!! », « Mais fais gaffe, y a des gens! », « J’ai soif ! », « C’est vraiment une porcherie ta bagnole », « Elle me fait chier ta musique de merde », « Fallait tourner à droite, là! », « Attends, roule lentement, j’lis les panneaux! », « Nan mais t’es malaaaaaade!!! »… Ce qui est rigolo dans le Pays d’Auge, c’est que tu peux te paumer et rouler pendant 200 bornes à travers des patelins aux noms improbables, et toujours croiser des panneaux qui te disent que Pont l’Evêque est à moins de 20 km. Impossible de ne pas tomber sur une foire, une brocante ou un point de vente terroir. Tout ce qu’il faut pour flatter le désir d’exotisme de citadins en goguette, j’adore, j’adhère. Mère a fait une petite trouvaille gastronomique, et elle est très contente d’elle. Une auberge au milieu de nulle part. Elle va y ramener ses potes dans la semaine pour une murge un repas traditionnel avec le patron sympa. Je ne lui ai même pas fait remarquer qu’un mec de cinquante ans qui plaque Paris et s’achète une auberge/club privé au milieu de nulle part avec un « ami » chef cuisinier de son âge c’est un peu ambigu, de toute façon elle ne voit jamais rien, elle est si innocente… Mais j’ai quand même eu droit, le soir, à mon petit sermon habituel. « Quoi ?? Ma pote S****** sait que tu es h-h-h-homosessuel (ouais, elle a encore du mal à le prononcer)??? P-p-pourquoi tu lui as dit?? », « Et sinon, si un jour ça se termine avec ton mec, tu pourrais pas essayer de sortir un peu avec des filles, pour voir? ». Quand ça veut pas rentrer, hein…