Archives par mot-clé : Festival de Cannes

Juste la fin du monde

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C’est toujours une expérience intéressante de voir un film de Xavier Dolan. Jamais vraiment du temps perdu, même quand c’est un peu raté ou, comme c’est le cas de Juste la fin du monde à mon sens, décevant parce que surévalué. Grand Prix à Cannes en mai dernier, le film a emballé la critique et bon nombre de ses spectateurs en première semaine, au point qu’on s’attend, en entrant dans la salle, à découvrir un chef d’œuvre qui va changer notre vie, une œuvre qui réussit une synthèse parfaite des envolées esthétiques et philosophiques des précédents efforts du prodige canadien, tout en évacuant les défauts un peu anecdotiques qu’on leur reprochait parfois : grandiloquence, manque d’humour, se prend furieusement au sérieux, ressasse les mêmes thèmes depuis le premier film… Alors qu’on ne songerait jamais à reprocher à Alfred Hitchcock son exploration constante des troubles de l’âme humaine et des quêtes de vérité, ou à Woody Allen ses personnages centraux souvent bourgeois et tout le temps en plein doute existentiel. Mais chez Dolan, c’est forcément pas assez subtil, pas assez mainstream, pas assez intello, pachydermique… Bref, il ne peut jamais gagner. Mais alors là, j’ai un peu de mal à comprendre comment tout le monde se prosterne si facilement.

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Elle

 

elle paul verhoeven

 

C’était le piège à pronostics de Cannes 2016 : chaque année, il faut que la critique, notamment française, s’emballe pendant le festival, pour un film qui va, forcément, finir au palmarès. Bien souvent, c’est un film français. Bien souvent, il ne finit pas au palmarès, en tout cas pas au sommet qu’on lui avait prédit. Saint Laurent en 2014, The Artist en 2011, Des Hommes et des Dieux en 2010, Un Prophète en 2009, Les Chansons d’Amour en 2007… A chaque fois, on se pâme pour un frenchie, on l’annonce favori pour la Palme, et ça n’arrive pas. Exceptions ces dernières années avec Dheepan (mais personne n’a vraiment compris pourquoi il a été primé), La Vie d’Adèle et Amour, d’Haneke, qui était un faux film français, mais bon ça nous arrangeait. Bah c’est un peu ce qui s’est passé avec Elle, j’ai l’impression. Faute d’avoir été convaincue par les quatre films français en compétition (Mal de Pierres de Nicole Garcia, Rester Vertical d’Alain Guiraudie, Ma Loute de Bruno Dumont et Personal Shopper d’Olivier Assayas), la critique a reporté son enthousiasme francophile sur le film germano-français du réalisateur néerlandais culte de Basic Instincts et de Total Recall. Et c’est vrai que ça aurait eu de la gueule que le réalisateur de Showgirls obtienne la Palme d’Or. Mais c’était, bien évidemment, un leurre.

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César 2016 : les nommés probables

 

 

Ce mercredi 27 janvier, les nominations pour les César 2016 seront annoncées ainsi que, probablement, leur Présidence (en 2015, c’était Dany Boon). Du coup, on ne sait pas grand-chose de ce qui va se passer cette année au théâtre du Châtelet, mais on devrait avoir une idée un peu plus précise d’ici quelques heures. Outre le César d’honneur de Michael Douglas et l’animation assurée par Florence Foresti, annoncée il y a des mois, quelques incontournables se dessinent avant même l’annonce officielle. Comme chaque année, il faudra aller voir du côté des films français qui ont brillé dans les festivals internationaux et, à la rigueur, au box office hexagonal, pour avoir une idée préconçue des nommés de cette 41ème cérémonie des César, qui aura la lourde tâche de succéder dignement à un cru 2015 sinistre, dominé de bout en bout par Timbuktu, dans une ambiance globalement glaciale…

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Dheepan

 

dheepan voiture

 

Autant je ne fais pas forcément l’effort de me déplacer en salle pour une Palme d’Or systématiquement (Oncle Boonmee, franchement ça faisait pas trop saliver d’avance), autant quand c’est un film français qui l’emporte, j’essaye quand même de me dire que c’est l’occasion de remplir mon quota de l’année du trimestre. D’autant que Jacques Audiard, c’est un peu l’enfant chéri du cinéma français, celui qui rafle tout aux César dès qu’il est nommé, et dont certains se demandaient quand est-ce qu’il obtiendrait une récompense suprême de ce genre. C’est désormais chose faite et, la critique étant ce qu’elle est, on a désormais l’impression que c’est arrivé trop tôt, avec le mauvais film. Trop tôt, peut-être, oui. Ou trop tard, hein. Au point en tout cas d’y aller de publier des critiques qui semblent parfois à la limite de la mauvaise foi, invoquant encore plus fort que d’habitude la distanciation, forcément éclairée, avec le palmarès « officiel » (on attend de voir fleurir des « vraies palmes » et autres « palmes du cœur » dans nos Inrocks et Télérama des prochains mois).

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