Archives par mot-clé : Festival de Cannes

Amy Winehouse, star par accident

 

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J’étais, comme beaucoup de bobos de merde, curieux de découvrir le documentaire sur Amy Winehouse, dosage parfait de hype cannoise, de plébiscite critique et de curiosité malsaine pour une chanteuse morte qui combinait à merveille la respectabilité musicale des artistes adulés par Pitchfork et les frasques paparazzées d’une Lindsay Lohan. Amy Winehouse, un peu comme Whitney Houston, traînait une telle image d’épave toxicomane, qu’elle peinait à cacher lors de ses apparitions publiques, qu’elle était devenue une source de rigolade, et qu’on a tous été un peu mal à l’aise quand elle est vraiment morte de ses addictions, et que les nombreux sketches et vannes à son sujet ont pris un tour plus amer. Et c’est cela, semble-t-il, que le réalisateur Asif Kapadia a voulu explorer et, si possible, un peu corriger avec son documentaire Amy. Déjà auteur  d’un doc sur Ayrton Senna, sa manière d’aborder son sujet en tant que personne ordinaire poussée vers une vie extraordinaire a plu au label de la chanteuse, qui a probablement eu envie de réhabiliter l’artiste qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, était loin d’être ingérable quand elle était en état de travailler. En témoignent des séquences en studio et un duo avec Tony Bennett qui prouvent que, même lorsqu’elle n’était pas tout à fait clean, elle était sincèrement dévouée à son art, et très professionnelle.

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La loi du marché

 

vincent lindon loi du marché brizé

 

Peut-être un peu ébloui par les rumeurs qui hurlaient déjà au Prix d’interprétation cannois (course dans laquelle il fut à peine concurrencé par Michael Caine, Tim Roth et, dans une moindre mesure, Antonythasan Jesuthasan), je suis allé voir La loi du marché avant la fin de la Quinzaine, m’attendant à m’ébaudir de la performance exceptionnelle d’un acteur dans le rôle de sa vie. Et la vérité, c’est que si Vincent Lindon est excellent dans le film de Stéphane Brizé, il n’y est pas nécessairement meilleur que dans Welcome, Toutes nos envies, La crise, Ma petite entreprise, Les Salauds ou Quelques heures de printemps. Fidèle à ses réalisateurs fétiches (Jacquot, Jolivet, Cavayé, Lioret, Bizé), Vincent Lindon est surtout le Julianne Moore français : un acteur qui jongle subtilement entre popularité et reconnaissance de ses pairs, mais qui était long overdue pour une récompense suprême.

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Cannes 2015, en attendant les stars

cannes 2015 poster

 

L’organisation du Festival de Cannes 2015 a donc présenté une partie de ses sélections officielles ce matin, dont la majeure partie des films en compétition (17 pour le moment) : les éventuels ajouts de dernière minute, les séances Cannes Classics, la Quinzaine des Réalisateurs et les membres du jury présidé par les frères Coen seront, quant à eux, révélés dans les prochains jours. C’est bien évidemment sous prétexte de peaufiner des sélections dans des palabres qui durent jusqu’à quelques heures avant leur annonce, nous dit-on généralement, mais se leurre-t-on encore, en 2015, sur la stratégie RP qui consiste à annoncer le programme en plusieurs fois histoire que la presse en remette une couche toutes les semaines jusqu’à l’ouverture ?

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La vie est un long fleuve tranquille (mais au Japon)

tel père tel fils

 

Je vais voir peu de films asiatiques au cinéma, dans la mesure où c’est une partie du monde vers laquelle je ne me sens pas attiré. Un tort, probablement, tant c’est une partie importante du monde (démographiquement, un mastodonte) et tant tout le monde dit que l’Asie, c’est l’avenir. Tel père, tel fils, de Hirokazu Kore-eda, a obtenu lors du dernier festival de Cannes un prix bien particulier : le prix du jury. Ce prix, qui était auparavant le deuxième prix le plus important du festival (supplanté, depuis, par le Grand Prix) est un peu la chasse gardée du jury, le prix qu’il peut attribuer aussi bien à un acteur qu’à un technicien ou un jeune réalisateur à suivre, en guise de reconnaissance ou d’encouragement. C’est en tout cas l’un des prix les plus subjectifs du palmarès, l’un de ceux sur lesquels le jury ne prétend pas forcément à l’objectivité mais récompense son œuvre préférée, son coup de cœur « perso » du festival.

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