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Scream, du cinéma à MTV

 

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Depuis quelques mois, à mesure que les teasers et photos de tournage apparaissaient en ligne, j’étais de plus en plus sceptique quant à l’arrivée de Scream, saga ciné complètement essorée qui relança la mode du slasher dans les années 90 mais qui n’avait plus vraiment assez de souffle (ou de courage de tuer au moins l’un de ses trois personnages principaux) pour son quatrième volet en 2011, sur petit écran. Seul point « rassurant » : la chaîne, MTV, pas un gage d’excellente série, mais un média idéal pour un tel produit de la culture pop.

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La Cabane dans les bois, slasher ultime

Mes bâtonnets de Croustibat, tu sais peut-être que lorsque je vois un film d’horreur au cinoche, je me transforme en vraie lopette : je me cache les yeux quand le suspense devient musicalement trop haletant, je me protège la gorge de la main gauche de peur que le voisin de derrière ne m’égorge en même temps que la malheureuse victime à l’écran, pendant que de la main droite je triture nerveusement un seau de pop corn ou le bras du fauteuil… Bref, je suis au sommet de ma virilité. J’ai été très protégé dans ma prime jeunesse, et rien que le générique de X-Files me faisait flipper, il faut dire. Que dire des idées qui me viennent à l’esprit dès que je me retrouve seul dans une habitation de plus de deux pièces la nuit en me couchant. La grande mode des slasher movies qui a sévi à la fin des années 90 dans la lignée des Scream autres Souviens-toi… l’été dernier a donc eu des incidences dramatiques sur mon développement d’ado pubère, qui n’avait guère besoin de ça pour douter de ses couilles. Je ne parle même pas de la tendance torture porn vers laquelle ont dérivé les films d’horreurs de la catégorie survival dans les années 2000 (Saw & cie) : j’ai arrêté les frais au bout de deux essais.

Mais ce week-end, va savoir pourquoi, pendant que bien d’autres parisiens s’abandonnaient aux joies d’une bronzette sur la pelouse du jardin public du coin avec la plèbe, je tentai l’incursion vaguement plus civilisée dans une salle obscure climatisée. Sache-le, au risque de croire que je ne suis jamais content (ce qui n’est pas loin de la vérité, anyway) : je hais cette chaleur atroce qui s’abat sur nous depuis ce week-end, je déteste l’été, je déteste le soleil. Appelle-moi Madame Mim.
Et donc, parce que j’ai pas vraiment de suite dans les idées, je me suis retrouvé à aller voir La Cabane dans les bois, tu sais ce film avec l’affiche grisâtre chelou qui ornait les murs du métro il y a quelques semaines. Le truc, là, avec le chalet en Rubik’s cube. 

Je m’attendais à ce à quoi on s’attend quand on va voir un film avec un titre qui sonne comme une invitation à se tirer de cet endroit pourri, à la Wes Craven (La Dernière maison sur la gauche, La colline a des yeux) : un survival d’ados crétins et une pauvre final girl incarnée par une actrice de seconde zone dont on n’entend plus jamais parler ensuite. Je ne savais rien du pitch, et du coup, quelle chance ! Car le film se laisse a priori mieux découvrir quand on n’en sait rien avant. C’est pourquoi je ne te raconterai pas de quoi ça cause.
Mais par contre, je te recommanderai d’y aller. Ce film, même s’il réserve ses moments d’hémoglobines et de suspense que j’affectionne tant (mais mes ongles, nettement moins), est un peu plus que le film d’horreur de série B dont il a l’air. D’ailleurs, il y a Joss Whedon à la production, ce qui n’est pas étonnant tant Monsieur Buffy semble avoir basé toute sa carrière sur le précepte de ce film : prendre du recul sur la pop culture, le fantastique et les clichés de genre, pour mieux les contourner ou, et c’est encore meilleur, les épouser avec un peu plus de panache. Le réalisateur Drew Goddard a bossé sur les séries Buffy et Angel, un des acteurs du film était en vedette dans Dollhouse, un autre est un clin d’oeil manifeste au Buffyverse… En somme, il n’y a pas de hasard.
La Cabane dans les Bois est à la fois drôle, pop, glaçant, amoral, intello, débile et subtil. Cela deviendra, peut-être, un must de la culture geek, de ces petites sensations qui, à leur modeste échelle et avant de sombrer dans un tranquille oubli, auront réveillé les fans d’un genre de film, les auront dessoûlé de la litanie de séries B qu’ils engloutissent à longueur d’année et qui, pour une fois, a pris la peine de leur dire que ce qu’ils kiffent est aussi digne d’analyse et de recul que n’importe quel film cannois. Quand le cinéma nous prend par la main, nous secoue, se moque de nous et nous invite à réfléchir, non pas seulement à de bêtes thématiques de la vraie vie, mais au cinéma lui-même, on touche à une mise en abyme des plus rafraîchissantes et à la possibilité que tout cela soit finalement… de la culture. Et l’on s’interroge : La Cabane dans les bois est-il le « film-somme » du slasher movie ? Est-il encore utile d’en voir d’autres ensuite ? Ne serait-ce que pour cela, il faut aller voir le film de Drew Goddard…

Scream 4. Seriously ?

Mes ananas au mascarpone, je ne sais pas si tu kiffes les films d’horreur ou bien, mais je m’en va te conter une nouvelle anecdote de ma prime jeunesse, à défaut de pouvoir te causer à nouveau de Secret Story. C’est qu’en plus, le lectorat est exigeant et ne commente même plus en pilotage automatique, maintenant. Vous êtes décidément bien ingrats, mes suppositoires à l’eucalyptus (gné ?).
Quand j’étais minot, j’avais un peu peur de tout. C’est le syndrome « fils à maman », que dès que tu es contrarié ou que t’as pas envie de faire un truc, ta mamounette t’en préserve aussitôt. Résultat des courses : à 10 ans, t’es totally une fiotte, pas capable de te contraindre plus de trente secondes à quelque chose qui n’est ni sucré, ni doux, ni moelleux, ni d’une température raisonnablement chaude… Bref, tu es la princesse au petit pois alors que le monde entier (aka les mecs de la cour de récré) t’enjoint à devenir un « vrai » mec.
En résumé, tu es un faux mec. Une équation à haute teneur existentielle qui, si tu as le malheur de devenir pédé par la suite, ne va pas se résoudre tout de suite, mon pauvre petit pimousse.
Et donc, tout cela nous mène où, à la fin ? On ne va jamais réussir à pondre un post synthétique, ici, bordel ! Eh bien cela nous mène aux slasher movies. Tu sais, ces films avec plein d’ados joués par des acteurs de 30 ans, qui se font massacrer un par un par un tueur en série psychopathe (sauf l’héroïne, hein) (et, si elle a du bol, un ou deux de ses camarades de jeu), généralement à cause d’une faute originelle commise involontairement (quand ce n’est pas carrément à leur insu), et qui fleurissaient dans nos multiplexes dans les années 90. Cela portait de doux noms poétiques, du genre Cut, ou Urban Legend, ou I know what you did last summer et sa traduction tout pourrie. Mais tout cela n’est survenu que grâce au succès d’un premier film, qui relança le genre jusqu’alors supposé moribond : Scream, sorti en 1996 sous la férule du pourtant pas novice Wes Craven.

Et Scream, c’est devenu une trilogie lucrative, avec un deuxième volet sorti en 1998 puis un troisième sorti en 2000 (il y a seulement 10 ans ? La vache, on dirait que ça fait un demi-siècle). Comme pour beaucoup de slashers, ça pullulait d’acteurs plus ou moins connus ou de vedettes de séries télé qui testaient leur notoriété sur grand écran.
Et notamment la pauvre Sarah Michelle Gellar / Buffy, injustement massacrée au bout de vingt minutes du deuxième volet. Aujourd’hui, on peut dire que cette épreuve morale a forgé mon caractère et m’a permis de sortir de ma zone de confort filmesque. Parce que sur le coup, et bah je peux te dire que je faisais pas mon malin, moi, dans la salle obscure. Mes comédies romantiques et mes épisodes de Tintin enregistrés sur la 3 me manquaient soudain terriblement… Bon, à ma décharge, la scène introductive de Scream 2, quand on est dans un ciné bondé, elle fait réfléchir deux minutes, hein. Je dis juste ça à ma décharge. Et pis ma cousine s’est amusée à se planquer dans les placards et à en surgir en hurlant pendant une semaine, après, aussi. Alors que, concrètement, vu d’aujourd’hui (et après avoir revu le film plein de fois), ça me paraît bien risible.
Car ces slasher movies ne faisaient pas vraiment dans le gore (revoir le survendu The Faculty, présenté comme un film d’horreur à l’époque, donne une idée du niveau d’arnaque), et l’interdiction aux moins de 16 ans du premier Scream fait désormais doucement rigoler. Les boyaux de Drew Barrymore avaient vraiment fait leur petit effet auprès de ces messieurs les censeurs. Mais bon, au final, Scream, c’était juste des greluches qui se faisaient courser trois minutes avant qu’on voit un couteau s’abattre en contre-plongée. Soit, en 2010, un épisode ordinaire de série policière un peu sordide. Scream = New York Unité Spéciale chez les ploucs, point barre. Certes, il y avait une certaine ambiance, un suspense, et du sang, mais globalement, peu de sévices / massacres visibles. Ce sont surtout le côté parodique (les films dans le film, etc.) et les différents niveaux de lecture, qui faisaient l’intérêt de Scream. Un intérêt finalement tout relatif, et un peu surexploité (avec des restes aujourd’hui, puisque la franchise de parodies pas très finaudes Scary Movie semble increvable). 
Alors POURQUOI faire un Scream 4, dix ans après, apparemment prélude à une nouvelle trilogie ? Pour le blé ma brave dame. Et pour tester, à nouveau, le genre du slasher après des années 2000 plutôt marquées, côté horreur, par l’émergence des asiatiques mystiques et par celle, plus radicale, des survival movies, souvent de vieux remakes des 70’s adaptés à la sauce « uncensored 2000 » (The Texas Chainsaw Massacre, Saw, The Hills Have Eyes, House of Wax, ou encore l’un des films les plus insoutenables des 2000’s, Wolf Creek…). Franchement, c’est mal parti, vu les extraits qui filtrent. On dirait un peu de l’auto-plagiat avec des acteurs de seconde zone, un peu comme les derniers films de certaines franchises usées jusqu’à l’os (j’ai vu Urban Legend 3 : Bloody Mary à la télé il n’y a pas longtemps, j’ai beaucoup rigolé). Mais bon, en souvenir, on va laisser sa chance au produit.
Est-ce que la parodie et le petit jeu de cache-cache mortel entre ados va réussir à ré-émerger comme genre cinématographique à succès ? Neve Campbell fera-t-elle enfin carrière ? Courtney Cox et David Arquette surmonteront-ils leur divorce sur le tournage de la franchise qui les fit se rencontrer il y a quatorze ans ? Est-ce qu’ils vont zigouiller Hayden Panettiere ?? Et Save the cheerleader, save the world, alors ??
Autant de questions turlupinantes à laquelle des réponses seront apportées en 2011. Souviens-toi, l’été prochain.

Morfle, Ken ! Morfle !

Mes babas au whisky, aujourd’hui, causons tendance, et profitons-en pour mettre de l’homme dénudé sur ce bloug. 

Je sais pas si tu as remarqué, mais il y a une légère récurrence qui se dessine, dans le cinéma d’action US de ces derniers mois : se livrer au sympathique exercice de la torture sur des gravures de mode. Probablement un retour de bâton mérité pour ces salauds de gens beaux qui ont la vie trop facile. Mais du coup, je me demande si on ne tient pas là un créneau. Finalement, l’un des vrais morceaux de bravoure de La Maison de Cire, en 2005, ne consistait-il pas à voir Paris Hilton y passer en bonne et due forme (et pas comme dans sa sex tape, j’entends, hein) ? Et les tourments subis par Patrick Wilson dans Hard Candy, n’était-ce pas du pur sucre pour fans de glauque ? Faut-il se mettre à torturer les mannequins, poupées gonflables de tabloïds et autres fashionistas pour divertir l’audience de plus en plus demandeuse de sensations radicales ? Bientôt, un film avec Jennifer Lopez sous le joug d’un tueur à la tronçonneuse sadique ? Ou bien Ashton Kutcher (nu) torturé par le psychopathe de Saw ? Que de questions, de suspense et d’angoisses, mes juliennes de poireaux ! On peut imaginer plein de choses à base de gégène et de mannequins YSL, pour des films de  sous-genre action / thriller / épouvante-horreur habituellement qualifiés de séries B voire de séries Z, et  en principe peuplés d’acteurs inconnus au bataillon.

Dans quelques jours sortira en effet dans nos salles Buried, de Rodrigo Cortés, avec Ryan Reynolds à l’affiche.
Ryan Reynolds, pour mémoire, c’est ça :

Ouais, c’est Ken. Et il est marié avec Scarlett Johansson, comme ça tombe bien, dis donc. Ryan est un peu un acteur de seconde zone, et ses plus notables succès à ce jour sont un remake un peu raté d’Amityville en 2005, La Proposition avec Sandra Bullock en 2009 et X-Men Origins : Wolverine la même année. Pas l’acteur du siècle, quoi, mais un mannequin tout à fait convenable pour Hugo Boss, avec sa bonne bouille d’américain moyen et ses abdos un peu grotesques à la Antonio Sabato Jr. Et pour couronner ce succès abdominal/pectoral, il sera bientôt le héros de Green Lantern, et rejoint donc la famille fermée des acteurs qui ont eu leur film de superhéros à gros budget. Chouette.
Dans Buried, Ryan Reynolds subit l’un des cauchemars les plus courants de tout névrotique pur jus : il se retrouve enterré vivant. Une idée comme une autre de la torture, la configuration cercueil ne permettant guère de plans de pied pour admirer la plastique avantageuse du gossbô. Le film ayant obtenu le prix de la Critique Internationale et un joli score à l’applaudimètre du dernier festival de Deauville (ce qui ne garantit jamais rien, mais bon), je pense que j’aurai la curiosité d’aller le voir à sa sortie en salle.

Dans la même veine, Danny « Slumdog Millionnaire » Boyle (dont les producteurs ont oublié Trainspotting et La Plage depuis son triomphe sauce indienne il y a deux ans) (dans la même veine, on a Ridley « Gladiator » Scott ou James « Titanic » Cameron) va revenir en début d’année 2011 avec 127 hours, petite séance de torture du malheureux et pourtant très gay-friendly James Franco.
James Franco, c’est ça :

Bon, et c’est aussi ça, parce que décidément, c’est un garçon qui n’a pas froid aux yeux :

Bon, et le James Franco (Spider Man, Milk, Mange Prie Aime), lui aussi mannequin à ses heures (Gucci), et bah lui aussi, il morfle sa race dans ce film, puisqu’il y incarne Aron Ralston, alpiniste américain devenu célèbre en 2003 parce que… euh, je te laisse découvrir. En tout cas, ça va être rigolo.
Est-ce que tout cela relève d’une tendance naissante et durable ? D’une vaine et éphémère course aux Oscars en espérant réitérer l’exploit d’une Charlize Theron ? 
Et toi, tu torturerais qui ? Matt Damon (nu) ? Javier Bardem (nu) ? Josh Hartnett (nu) ? Jude Law (nu) ?
(Tu relèveras que j’essaye de rentabiliser au mieux les requêtes Go*gle, même en 2010 ça peut encore marcher).
Perso, je ne dirais pas non à film mettant en scène un petit dézingage en règle de l’omniprésent Bradley Cooper, mais bon, je ne veux pas non plus que tu te fasses des idées sur moi, hein.