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Le retour de No Doubt

Les revoilà donc. Pour ma part, j’ai toujours bien aimé No Doubt, sans pour autant être capable de me passionner durablement et de manière soutenue pour tout ce qu’ils font. Il faut dire que j’ai du mal à me passionner pour un groupe en règle générale. J’ai en fait préféré les bouts de carrière solo de Gwen Stefani à ses meilleures heures au sein de No Doubt. Non pas que The Sweet Escape soit une meilleure chanson que Just A Girl (loin de là, même). Mais j’ai toujours préféré les artistes solos aux groupes, l’identification et la « personnalité » qui s’expriment y sont toujours plus clairs, voire un peu moins factices que dans un groupe, je trouve.

Évidemment, il y a ces groupes qui existent moins en tant que groupe qu’en tant qu’association de songwriters et de producteurs de génie capables de produire du son easy listening au kilomètre (Coldplay, Keane), mais globalement, la notion de groupe me reste toujours un peu plus distante que celle de chanteur ou chanteuse solo : j’ai toujours l’impression que le truc vraiment intéressant de l’histoire se passe entre les membres du groupe, comme une sorte de private joke géante sur scène, dont même les spectateurs présents seraient exclus. L’artiste solo, sur scène, ne fait au moins pas semblant d’exister sans toi, puisque sa venue sur scène n’a que cet objectif : venir à ta rencontre, te montrer sa tronche de people en vrai et essayer de partager avec toi une version plus « vivante » de son répertoire. Les groupes, sur scène, sont dans la même démarche, hein, mais comme ils existent, musicalement, entre eux et sans la présence du public, la sensation n’est pas la même.
En bref, j’ai toujours préféré les artistes solos parce qu’ils incarnent une figure symbolique individualiste qui offre une illusion d’interaction en tête à tête, alors que les groupes sont dans leur délire « construit en groupe » et que j’ai l’impression de les déranger ou de ne pas tout comprendre (vu que ce qu’ils produisent est nécessairement le fruit de plusieurs visions, de plusieurs logiques que je suis incapable de synthétiser à moi seul)… Autant je trouve normal d’être mis à distance, physiquement et symboliquement, d’une diva comme Mariah Carey (ça fait partie de la mise en scène de ce qu’est une « star »), autant je trouve cette sensation désagréable quand ils sont plusieurs à me faire face. C’est bête hein ?
Toujours est-il que No Doubt est un de mes groupes préférés, même si je suis bien incapable de me définir comme un fan. D’ailleurs je l’avais déjà dit. La présence d’un leader charismatique, d’une figure de proue atypique, fun et blonde platine y a probablement beaucoup contribué.
Et donc, comme bien d’autres ex-adolescents accrochés à leur nostalgie de la fin des années 90, j’attendais de voir leur retour se dessiner. C’était un peu devenu l’arlésienne, dans la mesure où cette réunion était plus ou moins annoncée depuis 2008. Quatre ans pour pondre des moutards et coordonner leurs agendas entre eux et avec le chèque de leur maison de disques, c’est pas Rihanna qui aurait rencontré ce genre de contretemps… Du coup, on les attend un peu au tournant, car en plus de se faire désirer, No Doubt est désormais un groupe un peu vieillissant, dont le dernier album remonte à 2001 (avant un best of et un album de faces B en 2003). Un peu comme Blink 182, un autre groupe de rock un peu pop, léger et souriant adoubé par MTV qui n’a jamais su renouveler ses gros succès de la fin des 90’s, No Doubt est-il encore d’actualité ? Ils ont quarante piges et des enfants, déjà, et même si ce statut familial n’empêche pas Britney Spears de continuer à susurrer lascivement des « oooh baby » dans ses chansons, chez No Doubt, cela risque de passer pour de la naïveté ou du jeunisme, dans la mesure où leurs vies quotidiennes ne ressemblent certainement plus depuis longtemps à des fêtes improvisées dans des camions sur des parking crades. Britney ne fait probablement pas (plus) de plans à trois dans des soirées hollywoodiennes pleines de jeunes gens façon « Playboy Mansion », mais au moins elle n’a pas disparu pendant 10 ans sans continuer à entretenir son fond de commerce teen pop (même si plus personne ne croit en une hypothétique similarité entre sa vraie vie et l’image qu’elle renvoie dans ses clips).
Par ailleurs, là où le rock formaté FM avait bonne presse dans les années 90, les années 2010 font plutôt la part belle à des groupes faussement estampillés « vrai rock non commercial », ou alors à une soupe dance/R’n’B aux ambitions commerciales bien plus assumées : No Doubt, avec leurs tronches de rentiers de la culture de masse, ont désormais un peu le cul entre deux chaises.
Comment ça, « La couv’ est moche » ? Ah oui…
La bonne nouvelle, c’est qu’avec Settle Down (qui se traduit littéralement par « s’installer », domestiquement parlant) (ce que tous les membres de No Doubt ont désormais fait), le groupe ne semble pas chercher à faire semblant de rentrer dans une de ces cases actuellement à la mode : ils font du rock coloré et pop, teinté de ska et de reggae, comme ils l’ont toujours fait. Ils ne succombent pas aux sirènes du trash, de la dance ou du rock « sérieux ». Ce qui est au mieux une preuve d’intégrité artistique, au pire un calcul malin. Un peu comme les fans de Johnny Hallyday lui sont reconnaissants de ne jamais avoir eu de période disco, les fans de No Doubt leur seront toujours reconnaissants de ne pas avoir cherché à faire du Lady Gaga ou du Black Keys. Ils auront toujours fait du No Doubt, parce qu’ils ont compris que c’est pour ça qu’on les aime, et probablement, aussi, parce que c’est ce qu’ils aiment faire.
Là où je suis plus circonspect, c’est sur l’efficacité FM de Settle Down, qui ne casse quand même pas trois pattes à un canard. Du coup, pour le moment, et à moins que les médias (ou un deuxième single ?) ne viennent sauver ce come back à coups de matraquage, je vois plutôt No Doubt nous faire un schéma classique de « come back de groupe culte des 90’s » : façon Texas ou The Cranberries, fidèles à eux-mêmes et capables de faire quelques nouveaux albums sans faire de vagues, mais adieu désormais aux ventes faramineuses et aux hits FM. C’est fou, d’ailleurs, d’imaginer qu’au petit jeu des come back nostalgiques des années 90, ceux qui semblent s’en être le mieux sortis à ce jour soient… les Take That.

#30DaySongChallenge (11) : Une chanson de mon groupe préféré

Pfff, c’est trop d’introspection, cette histoire de challenge de trente jours de la chanson (de qualité, hein, la chanson)…
Je l’avoue, j’ai vachement hésité sur ce coup-là, parce que je n’ai clairement pas de groupe préféré, dont j’achèterais genre tous les albums et que je me damnerais pour voir en concert. J’ai plusieurs albums de Coldplay, mais en fait je les déteste (je suis à chaque fois obligé de m’incliner devant leur efficacité, mais je trouve qu’ils ont désormais l’air de gros vendus de l’easy listening qui semblent de plus en plus s’autocaricaturer à chaque nouveau disque) (en gros). J’ai adoré Travis à la fin des années 90, mais en fait maintenant je me fous un peu de ce qu’ils deviennent aujourd’hui. Pareil pour Texas. The Cranberries ont surgi trop tôt pour moi, je les ai un peu loupés. Je me tamponne le coquillard de Blur et d’Oasis (une guéguerre survenue un peu trop tôt pour moi, également). U2 est un groupe fossilisé qui ne fait plus que capitaliser sur la sympathie accumulée auprès du grand public depuis les 80’s et sur leur réputation sur scène. Les Killers sont cools mais au final je ne les connais que peu… J’aime beaucoup Depeche Mode mais de là à dire que j’achète tout ce qu’ils pondent, faudrait voir à pas déconner…
Nan, vraiment, c’est embêtant cette histoire. J’aime les pop-pouffes, moi, et les clips avec des gens beaux et dénudés dedans, et les earworms à dancefloor, et les chansons tristes aussi…
Attends, j’allais quand même pas désigner Cascada, quoi ??
Ma solution, étant donné que je ne suis rien qu’une dinde : voter pour Gwen Stefani. Ou pour No Doubt, dont j’attends toujours la réunification. Ce qui revient précisément au même, nan ?

Mon 30-Day Song Challenge :

Day 01 – Ma chanson préférée
Day 02 – La chanson que je déteste le plus
Day 03 – Une chanson qui me rend joyeux
Day 04 – Une chanson qui me rend triste
Day 05 – Une chanson qui me rappelle quelqu’un
Day 06 – Une chanson qui me rappelle un lieu
Day 07 – Une chanson qui me rappelle un certain évènement
Day 08 – Une chanson que je connais par cœur
Day 09 – Une chanson qui me fait danser
Day 10 – Une chanson qui m’endort
Day 11 – Une chanson de mon groupe préféré
Day 12 – Une chanson d’un groupe que je déteste
Day 13 – Une chanson ‘guilty pleasure’
Day 14 – Une chanson que personne ne penserait que j’aime
Day 15 – Une chanson qui me décrit
Day 16 – Une chanson que j’aimais mais que maintenant je déteste
Day 17 – Une chanson que j’entends souvent à la radio
Day 18 – Une chanson que j’aimerais entendre à la radio
Day 19 – Une chanson de mon album préféré
Day 20 – Une chanson que j’écoute quand je suis en colère
Day 21 – Une chanson que j’écoute quand je suis heureux
Day 22 – Une chanson que j’écoute quand je suis triste
Day 23 – Une chanson que j’aimerais entendre à mon mariage
Day 24 – Une chanson que je voudrais qu’on joue à mon enterrement
Day 25 – Une chanson qui me fait rire
Day 26 – Une chanson que je sais jouer sur un instrument
Day 27 – Une chanson que j’aimerais pouvoir jouer sur un instrument
Day 28 – Une chanson qui me fait me sentir coupable
Day 29 – Une chanson de mon enfance
Day 30 – Ma chanson préférée à la même époque l’année dernière