Archives par mot-clé : In Memoriam

George Michael In Memoriam

Evidemment que George Michael ne fait l’objet que de nécros et de rétrospectives parlant de ses frasques, de sa sexualité et de ses addictions. Comme Whitney Houston et Michael Jackson, deux de ses contemporains dont la mort prématurée a également eu un gros impact médiatique, ce géant de la pop était une gloire de l’industrie musicale (et un des rares non-Américains à avoir remporté le Grammy Award de l’Album de l’année, pour Faith), qui avait connu son apogée artistique et commerciale plus de deux décennies plus tôt et qui, surtout, avait cessé de créer, enfermé dans ses démons et capitalisant sur un back catalogue somptueux. Et pourtant oui, comme eux, c’était un phénomène pop, une cash machine dans ses grandes années, et une bête de scène lorsqu’il était en forme. Et comme eux, il a contribué à définir les contours de la pop masculine contemporaine, de Robbie Williams à Justin Timberlake en passant par Ricky Martin ou Adam Lambert, ou même les plus minets Justin Bieber, Zayn Malik ou Nick Jonas, dont les débardeurs et les poses lascives ne sont pas sans évoquer les jeunes années de Georgios Panayiotou.

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50 ans : Marilyn Monroe In Memoriam

Sam Shaw, 1957
50 ans jour pour jour. C’est un peu convenu, mais existe-t-il une icône plus importante, plus marquante, plus influente, dans la pop culture de la seconde moitié du XXème siècle ? S’il ne devait en rester qu’une ? Et pourtant, la plupart d’entre nous n’ont vu qu’un ou deux, ou même aucun de ses films. De toutes les stars, c’est probablement celle qui traverse le mieux les générations qui la suivent. On sait bien que c’est en grande partie parce qu’elle est morte jeune, dans des circonstances mystérieuses et qu’elle s’est révélée a posteriori être seule et malheureuse. Mais cette image, ce sourire, cette blondeur, cette présence, ce Warhol, ces déboires, ce sex-appeal… Plus encore que toute autre vedette morte trop tôt, plus encore que James Dean, John Lennon, Kurt Cobain, Marvin Gaye, Jayne Mansfield, Françoise Dorléac, Jim Morrisson, le visage de Norma Jean Baker hante la pop culture. Je ne pouvais pas ne pas y penser un peu ce matin, alors que je m’envole pour Berlin.

How To Marry A Millionaire, 1953
Gentlemen Prefer Blondes, 1953
Rive Of No Return, 1954
The Seven Year Itch, 1955
Some Like It Hot, 1959
The Misfits, 1961
Bert Stern, 1962

Vinsh, le blog qui fonctionne environ une semaine par mois

Oui, je sais, je me suis absenté. Longtemps. Presque un mois, oui. C’est que contrairement aux apparences, et une fois de plus, le mois de juillet ne rime pas avec vacances. Ce qui est un peu l’arnaque la plus sournoise du monde adulte. Je te jure, parfois, avoir 6 ans et rien à foutre en attendant la rentrée du CP apparaît presque comme une situation enviable. Heureusement qu’il nous reste le shopping. Et encore, ça, c’est seulement quand on ne se foire pas dans le choix des tailles (note pour plus tard : ne plus jamais faire les soldes sur le web). Life sucks, mes oursons en guimauve, life sucks.
Et toi, sinon, ça va ?

Bon, le pire dans toute cette histoire, c’est qu’il y en avait, des trucs à commenter, tweeter, facebooker, bloguer et loler ce mois-ci. Entre les guerres, les crises, les attentats, Tristane Banon, la Grèce et la mort d’Amy Winehouse (suspense insoutenable d’ici quelques jours : mort accidentelle ? Overdose ? Suicide ? Chute dans les escaliers ? Asphyxie avec une miette de biscotte ? Y avait-il des chansons prêtes pour le prochain album ? Comment les ayants droits vont-il gérer et exploiter le cadavre encore tiède sans que ça ne se voie trop ?), c’est vrai qu’on rigole…
Le manque d’inspiration a pu me frapper, aussi, de même que la flemme. Pas vraiment que ça manquait d’actualité morue à te disséquer amoureusement, nan, juste une petite flemme, en rentrant du boulot le soir, à saisir l’ordi et le clavier pour y coucher plus de 140 signes. Oui, Twitter a frappé. Chez moi comme chez plein de blogueurs. C’est que c’est tellement plus simple, de lâcher un micro-commentaire lapidaire sur Matthew Raymonde-Barker de Nouvelle Star X Factor ou la dernière gaffe d’un agriculteur romantique de Misère sexuelle agricole L’amour est dans le pré. Plus rapide aussi. Et la rapidité, tu sais, c’est important sur le ouèbe. J’ai lu ça dans Elle.
Hier soir, vers 23 heures, l’ex-co-loque me téléphonait pour m’informer du décès d’Amy Winehouse. Bon, j’étais au courant depuis plus de trois heures, mais elle était coincée chez sa mémé en Corrèze et venait seulement de recevoir l’alerte de son opérateur sur son téléphone, privée par conséquent de la tourmente qui s’était emparée de toutes les TL Twitter et Facebook. Outre la probable véritable raison de son appel (« je m’ennuie à mourir en Corrèze »), le sujet de son appel éclairait la rapidité et la réactivité du micro-blogging dans les situations de grosse actualité (qu’elle soit people, musicale ou d’un autre ordre). Cette conversation à base de « T’as vu ? Amy Winehouse est morte !! » était complètement à la ramasse, niveau timing. Mais le fait est que, depuis hier soir 20h, il m’a été impossible de rencontrer quelqu’un sans que le sujet de cette pauvre Winehouse ne soit évoqué.
27 ans, c’est presque mon âge. 27 ans, pour crever, c’est moche, très moche. Même sous la houlette glamour du Club des 27. Et surtout à notre époque de surexposition médiatique, où nous avons tous regardé Amy Winehouse sombrer, commentant de temps en temps ses turpitudes, riant de son côté épave rock’n’roll, affirmant doctement qu’elle était incorrigible et qu’elle serait toujours une pauvre camée célèbre, coincée pour toujours entre deux désintox’. C’est qu’elle avait enfoncé le clou dès son premier tube international en 2007 en chantant son refus d’aller en cure. Je ne savais pas ce que signifiait le mot rehab avant qu’elle n’en fasse un tube, et bizarrement elle a contribué à le populariser dans la bouche des français et de leurs médias. On ne lit ni n’entend plus beaucoup le mot désintox’, depuis Amy Winehouse. Elle est en rehab, ça sonne mieux. Mais malgré ce qui ressemble aujourd’hui à un funeste instant musical de lucidité, qu’avons-nous fait pour la sauver ? Rien. Pouvions-nous faire quelque chose ? Probablement pas. Sans faire partie de l’entourage proche de cette fille, comment l’aider, la raisonner, lui arracher sa seringue des mains ? D’ailleurs, même en les côtoyant pour de vrai, peut-on, nous qui ne sommes ni médecins ni rien, aider des toxicomanes de manière décisive ?
L’amour des fans est une source de motivation énorme, paraît-il. Mais le grand public, blasé, qui ne croit qu’aux tubes, a-t-il jamais eu une réelle inquiétude pour le sort de cette rock star toxico ? Cela fait partie du plaisir du rock, probablement, d’admirer quelqu’un qui se brûle les ailes et la vie, quand soi-même on en serait bien incapable, à construire notre existence dans les clous de la société et à nous encanailler dans les seuls produits culturels. Alors pourquoi, et de toute façon comment, aurait-on pu dire à cette fille d’arrêter la descente ? La postérité d’une étoile filante, pouvait-elle espérer mieux ? Une question que se poseront peut-être d’autres starlettes camées dans les prochains mois. Alors, si c’est possible, tentons de nous amender : sauvons Lindsay Lohan.