Archives par mot-clé : Jay-Z

La Pop-Pouffe de juin

 

 

 

Mon problème avec Beyoncé a toujours été le même : la disproportion entre sa célébrité et sa capacité à pondre des hits, entre son talent exagérément loué et ce qu’elle apporte réellement au paysage popculturel mondial. Elle occupe la place de la diva en chef, quoi, réveillez-moi quand ça devient original. Ce problème ne s’arrange guère ces dernières années, la donzelle ne cherchant même plus à passer à la radio, et monnayant à prix d’or sur Tidal le moindre titre un peu boring, le moindre clip outrageusement pompé à des performers du spectacle vivant underground et de l’art contemporain (dont on fait ensuite semblant de s’étonner de constater qu’elle ne l’a pas inventé et mis en scène toute seule, alors que son staff passe l’année à benchmarker les phénomènes underground auxquels elle peut donner « de la visibilité » de deux secondes dans un clip tout en leur suçant leur street cred’) (sans déc’ ?) qu’elle daigne produire pour ses fans, qui continuent à avoir une caisse de résonance énorme en ligne, et à générer un suivisme médiatique qui me laisse parfois pantois. Ouais, c’était bien, son tour de chant au Super Bowl, c’était politique, et tout ; c’est bien qu’une artiste de son calibre crée la conversation sur le sujet du traitement et des dangers subis par les noirs pour le simple fait d’être noirs. Bon et sinon personne n’a remarqué que le titre Formation était chiant ? Que la meuf n’a plus fait un hit mondial depuis plus longtemps que les nettement plus décriées Lady Gaga ou Madonna ?

 

Pourtant, en 2016, le plan de com’ fonctionne à merveille, même si Formation n’a pas fait autant de bruit que Beyoncé en 2013. Derrière toute cette prétention visuelle, il y a un « discours » politisé bien sûr, mais surtout toutes ces rumeurs d’infidélités de Jay-Z, à mon avis savamment orchestrées par le couple lui-même : on veut savoir si Beyoncé est bien une cocue vengeresse qui médiatise le slut shaming de son mari pour qu’on sente bien que c’est elle qui tient les rênes, et on guette les indices. La pop de 2016, post-sextapes, post-TMZ, post-Snapchat, quoi. C’est toujours pas avec ça qu’on va tenir le nouveau Crazy In Love

Le tube d’il y a dix ans : Rihanna – Pon de Replay

 

 

 

C’est difficile à croire, et en même temps pas tant que ça, tellement elle est établie dans le paysage pop mondial et semble, par moments, avoir toujours été là, mais cela fait pile dix ans que Rihanna s’est révélée au monde, à une échelle internationale. Qui se souvient du paysage musical mainstream avant cette faiseuse de hits, dont on se demande bien quand est-ce qu’elle va se décider à sortir le best of qu’elle remplira facilement d’une vingtaine de tubes planétaires ? Signée par Jay Z, chez Def Jam Records, en début d’année 2005, la jeune barbadienne de 16 ans sort un album dès le mois d’août de la même année, porté par un single, Pon de Replay, sorti en mai, qui a peu à peu grimpé les échelons dans les charts mondiaux tout au long de l’été, jusqu’à être un véritable tube planétaire à la rentrée.

Continuer la lecture de Le tube d’il y a dix ans : Rihanna – Pon de Replay

La Pop-Pouffe de février

 

Ah, merveilleuse Kylie. Bientôt 46 ans et toujours cette fraîcheur primesautière, ce sourire de pin-up ravie, ce regard à la fois carnassier et d’une bienveillance tellement apaisante… Dire qu’on la compare si souvent avec Madonna pour la seule raison qu’elles sont les deux seules chanteuses à avoir eu des hits mondiaux dans les 80’s, les 90’s et les 00’s. Et peut-être, aussi, pour le public gay qui les suit religieusement (pour les encenser comme pour les descendre, d’ailleurs). C’est négliger les différences fondamentales dans l’ADN musical et symbolique de ces deux figures décisives de la pop contemporaine. Ambiance, discours, styles musicaux expérimentés, la pop de Kylie n’a jamais été la même que celle de Madonna. Le son comme les accessoires ne sont jamais vraiment les mêmes. Là où l’image déployée par Madonna a toujours été subversive et provoc’ (ou presque toujours, disons), Kylie a toujours été la petite fiancée souriante du monde, jouant tranquillement et sans vraie période trash l’émancipation progressive d’une jolie pin-up teenager un peu manipulée par ses managers à la mini-bombe sexuelle maîtrisant totalement son destin. Contrairement à Madonna, Kylie Minogue n’a jamais eu une image de figure féministe, de virago opportuniste ou de diva robotique et botoxée, selon les périodes et les points de vue qui l’ont contemplée. Elle est juste cette nana sympa et souriante, qui a toujours l’air sincèrement ravi d’être là, et qui chante une pop dansante et sucrée pour laquelle elle n’hésite pas à jouer le jeu habituel des mini-jupes et des décolletés. Dans une même « branche » de la musique mainstream, on peut en fait difficilement faire plus éloigné.

  Continuer la lecture de La Pop-Pouffe de février

Ring The Alarm

BEYONCE album 2013

 

La fenêtre de tir dont disposait Ciara pour vendre quelques milliers d’albums en adoptant le brushing de Beyoncé vient officiellement de se refermer. C’est ce qu’on appelle un coup. Le contrepied marketing. Ou comment, en sortant son nouvel album, en catimini au milieu de la nuit, sans teaser préalable ni rumeurs savamment orchestrées sur le web (on en parlait hier soir encore avec l’Homme, on n’attendait pas de nouveau single de Beyoncé avant le printemps prochain) (comme quoi…), l’ex-leader de Destiny’s Child a peut-être lancé une nouvelle tendance dans la promotion musicale.

 

Continuer la lecture de Ring The Alarm