Archives par mot-clé : Joaquin Phoenix

Irrational Man

 

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Comme chaque année, le Woody Allen est adulé par les uns, conchié par les autres, il se trouve toujours un titre de presse pour dire que c’est « le meilleur Woody Allen depuis Annie Hall » ou « le meilleur Woody Allen depuis Match Point », et d’autres pour dire que c’est un cru mineur, que ça marque une « période » de la carrière du cinéaste (en l’occurrence, pour les plus récentes, il y a eu une « période européenne », une « période Scarlett Johansson », et désormais on semble être dans une « période Emma Stone », tant la jeune actrice semble, après Magic In The Moonlight, s’imposer en muse de Woody Allen pour les années 2010, sorte de véhicule léger et ingénu pour ses intrigues prise de tête tordues). Pour ma part j’ai bien aimé, notamment pour sa deuxième partie.

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Cannes 2015, en attendant les stars

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L’organisation du Festival de Cannes 2015 a donc présenté une partie de ses sélections officielles ce matin, dont la majeure partie des films en compétition (17 pour le moment) : les éventuels ajouts de dernière minute, les séances Cannes Classics, la Quinzaine des Réalisateurs et les membres du jury présidé par les frères Coen seront, quant à eux, révélés dans les prochains jours. C’est bien évidemment sous prétexte de peaufiner des sélections dans des palabres qui durent jusqu’à quelques heures avant leur annonce, nous dit-on généralement, mais se leurre-t-on encore, en 2015, sur la stratégie RP qui consiste à annoncer le programme en plusieurs fois histoire que la presse en remette une couche toutes les semaines jusqu’à l’ouverture ?

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Her : aux confins de la solitude urbaine

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Cette allumeuse de Siri… Bon, c’était facile de résumer Her de Spike Jonze (Oscar du meilleur scenario, prix d’interprétation féminine pour Scarlett Johansson au festival de Rome alors qu’elle n’apparaît jamais à l’écran) à son pitch « simplifié », tellement commode pour racoler le spectateur : comment un trentenaire fragile et sensible, en instance de divorce, va se retrouver à tomber amoureux de son OS. La thématique est pourtant bien plus classique qu’elle en a l’air, puisqu’entre les robots humanoïdes et les réflexions de la SF post-apocalyptique, cela fait en fait des décennies que le cinéma d’anticipation tente d’entrevoir nos rapports futurs avec une technologie robotique de plus en plus avancée vers l’intelligence artificielle. Que ladite intelligence artificielle soit soumise, manipulatrice, plus intelligente que l’utilisateur lambda ou apte à développer sa propre autonomie et à souhaiter la destruction de l’humanité (coucou Terminator) importe peu : Her n’est jamais qu’une variation romantique sur le mythe de l’intelligence future des robots. Que l’on donne à ces derniers le visage de Wynona Ryder, de Jude Law, ou de personne, n’y changeant en définitive pas grand-chose.

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