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Kaboom (Shebam ! Pow ! Blop ! Wizz !)

Salutations, mes tartelettes à la rhubarbe, c’est encore moi.

Lundi soir, je suis allé au cinéma. C’est passionnant, n’est-ce pas ? Mais pas pour une séance basique, mes agneaux. Nan nan nan, c’était pour l’avant-première de Kaboom, le nouveau film de Gregg Araki, au cinéma UGC des Halles (où, comme chacun sait, c’est la zone) (mais là, on pouvait plutôt jouer malgré notre déplorable absence de gaydar à « Y a-t-il un hétérosexuel dans la salle ? »). Ce film, qui était en sélection officielle au Festival de Cannes 2010, y a obtenu la Queer Palm, un prix remis à un film à thématique LGBT qui pose de bonnes questions et fait avancer le schmilblick. Une manière comme une autre pour le Festival de Cannes de s’aligner sur ses concurrents, au premier rang desquels le Festival de Berlin et son Teddy Award. Dit comme ça, ça sonne un peu lobbying, de caser un prix « communautaire » au beau milieu d’un festival de cinoche, et on pourrait se demander, dès lors, pourquoi pas un prix du meilleur film avec une héroïne blonde, un autre du meilleur film sur les questions de racisme, ou encore un autre du meilleur film européen de la sélection, histoire de diluer complètement la compétition et de transformer la Cérémonie de Clotûre en gigantesque numéro de L’Ecole des Fans (mais en robes de gala et smokings) où tout le monde finit par avoir un prix.
Mais après tout, ça n’a pas beaucoup moins de sens que les Festivals entièrement consacrés aux films LGBT (films qui ont une fâcheuse tendance à être quand même bof bof, d’un point de vue cinématographique, avec des acteurs souvent inconnus voire semi-pro qui jouent comme des fourchettes, des dialogues gnan-gnan sur la solitude et le « je veux seulement être aimé » et/ou du cul à tout va).
Lundi soir, donc, on a eu droit à une petite remise de prix improvisée pour Gregg Araki. Même pas il était allé chercher son prix à Cannes, l’autre. C’est trop Pialat de l’attitioude ! C’était rigolo de le regarder recevoir son prix et causer de son film, tout petit et tout intimidé devant la salle de ciné (pleine comme un oeuf) : on aurait dit qu’il était encore étudiant en cinéma il y a cinq ans. Alors qu’en fait, trop pas (ouais, aujourd’hui je parle comme quand j’avais 18 ans, que j’étais beau comme un enfant fort comme un homme, tout ça) : le Gregg Araki, d’après sa fiche Wikipediu, il est né en… 1959. Il a cinquante piges, quoi. Je suis sur le séant, mes rutabagas, je suis sur le séant.
Ouais, bon, on en vient au fait, ou bien ?? Donc, Kaboom, qu’est-ce que ça pouvait bien donner ? Alors déjà, on a le CV de Gregg Araki pour se rassurer. Mysterious Skin, notamment, est cultissime. Et traumatisant. Certes, son cinéma est plutôt gay (Totally F***ed Up, The Doom Generation), mais sur l’ensemble de sa carrière, il semble y avoir un vrai projet, un ton, une patte. Et pis il y a cette sélection cannoise, aussi. Certes, ce n’est pas la garantie d’un bon film (loin de là), mais au moins la garantie d’un VRAI film, pas une espèce de sous-téléfilm destiné au rayon direct to DVD.
Et concrètement ? Bah je ne peux pas trop te parler du film, parce que te raconter ce que j’ai pensé de l’intrigue, de la narration et de la mise en scène, c’est déjà en dire trop. Le climat général est très « Arakien » (quand on adjectivise ton nom, pour un réalisateur, c’est quand même plutôt bon signe), avec sa manière habituelle de mêler des corps jeunes et farouches, du surnaturel, du bizarre, du queer et du sexe. Je ne peux que te conseiller d’y aller :
1) parce que sans être un excellent film, Kaboom est un exercice très amusant et réjouissant qui joue avec les règles du cinéma, avec les identités de ses personnages et avec la complémentarité des styles. Titillé, désarçonné, inquiet, j’ai quand même bien rigolé. Et je vois mal comment tu pourrais ressortir du film dans un autre état que : A/ enthousiasmé par tant d’audace et de délirium tremens, ou B/ scandalisé d’avoir raqué pour une telle daube (« Remboursay !! »).
2) parce que j’y ai rencontré ma nouvelle idole de la semaine du mois, Juno Temple, sorte de néo-Renee Zellweger cochonne et FAP perdue enchaînant les répliques biatch-cultes et les poses boudeuses savoureuses, et que je suis sûr que toi aussi tu vas l’aimer.

… et surtout :

3) parce que tu ne vas quand même pas te contenter de mon avis pour décréter qu’un film est bien ou pourrave, nan ??? Feignasse, va.