Archives par mot-clé : KPOP

Missy Elliott feat. Pharrell Williams – WTF (Where They From)

 

 

 

Le retour était attendu depuis la dernière mi-temps du Super Bowl, c’est désormais chose faite : Missy Elliott, la déesse du hip-hop US, qui a pavé la voie du rap féminin vers le grand public pour toutes les Nicki Minaj, Eve et autres Lil’Kim, qui ont généralement proposé une approche plus franchement sexualisée, notamment dans leur image publique. Car ne nous méprenons pas : sous prétexte qu’elle n’était pas un canon de beauté conventionnel, un peu trop ghetto, un peu trop grosse, un peu trop butch pour que son label la vende comme une bimbo nympho féministe bigger than life, il ne faut pas croire que la rappeuse a renoncé à parler de sexe dans ses chansons. Son répertoire, au contraire, regorge de textes qui parlent de cul. C’est aussi le cas de WTF (Where They From), sur fond de battle de danse, qui lâche quelques Boys wanna jump on this pussy cat, I come into this bitch like liquid et autres I’m a big mack make you wanna eat that

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La Pop-Pouffe de mai

 

Alors que je ne comprends toujours pas vraiment l’hystérie qui semble, chez certains, entourer le phénomène de la K-Pop, que je ne vois toujours pas se concrétiser en tubes FM, ventes faramineuses de singles et classements mirobolants dans les charts occidentaux (y’a un moment où, concrètement, industrie du disque en berne ou pas, c’est quand même le meilleur moyen de jauger le succès d’un artiste), quelques clips et singles, çà et là, me donnent au moins tort sur un point : il y a une influence esthétique de la K-Pop sur la musique occidentale.

 

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Les 50 chansons de 2013

 

50 songs of 2013

 

Pour clore l’année, et mettre fin à cette série d’articles, ici et partout sur le ouèbe, qui se veulent un bilan de 2013, voilà un dernier listing, un peu plus épuré que ses prédécesseurs (car moins commenté) : celui des 50 chansons qui ont meublé l’année 2013. Bien souvent des singles, car cela reste le moyen principal par lequel je vais à la rencontre de la musique, mais pas que. Du subjectif, oui, mais bon, ça c’est déjà le cas d’habitude. Et du discutable, donc. Dans la mesure où je suis allé piocher deux-trois titres à la fin de l’année 2012 (mais bon, comme je fais pas dans l’early adopting, parfois je découvre une chanson au bout de six mois, aussi), on peut quand même dire que l’année 2013 a été un peu pauvre en smash hits définitifs. Belle année, néanmoins.

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Pourquoi je ne succombe pas à la K-Pop

Il y a quelques jours, suite à la lecture de ce très bon article de Virgoblog, j’ai entamé une réflexion (ce qui, dans mon univers, se résume à un mal de crâne carabiné et des pertes de concentration pendant trois jours, le temps d’être capable de pondre un post, quoi) sur ma relation à cet étrange objet culturel qui, nous promet-on, envahira l’Europe d’un instant à l’autre : j’ai nommé la K-Pop. Ou Kpop. Ou kpop (franchement, je sais plus). Alias des post-adolescentes coréennes habillées comme Sailor Moon et chantant du sous-Spice Girls, comme on pourrait le résumer si, comme moi, on était de mauvaise foi…

Le principal problème que j’ai avec la K-Pop (outre le fait que c’est de la merde), c’est que je la subis de manière intempestive (mais néanmoins quotidienne) depuis des mois. Depuis que Lady Gaga a décidé de sombrer peu à peu dans le has beenisme à force de n’être pas capable de reproduire le climax de sa carrière survenu avec le clip ultra-léché et ultra-chorégraphié de Bad Romance (qui remonte quand même à fin 2009), l’Homme est en effet en manque de clips mettant en scène de la dinde en groupe s’agitant sur des mélodies entrainantes. Soit. J’entends… J’entends même beaucoup. Trop. Ce n’est pas que je tombe sur lui en train de danser en slip devant des clips de K-Pop tous les soirs dans le salon, mais pas loin. Quand bien même, ça n’a pas d’importance : le vrai problème, c’est que, à la manière de mon frère dans ses pires périodes de fanitude hardcore de Korn ou de System Of A Down, il écoute, en tout et pour tout, dix chansons sur lesquelles il danse, cherchant frénétiquement sur YouTube toutes les prestations scéniques et télévisuelles qui les illustrent. Du coup, je ne saurais te dire combien de fois j’ai entendu ça, ou ça.
Le summum de l’insupportable ayant été atteint l’été dernier avec ça :

… charmante ritournelle qui après des heures et des heures de chorégraphies et de montage est devenue ça :

Oui, j’ai subi, plus que de raison puisque pas concerné du tout, le douloureux accouchement de cette dernière vidéo, dans la mesure où le montage, réalisé chez moi, m’a amené à l’entendre environ 100 fois en un week-end (les fans de K-Pop ADORANT faire des vidéos-hommages et autres cover versions de leurs chansons préférées) (oui, un peu comme s’ils avaient 12 ans) (du coup, c’est devenu, en quelque sorte, mon tube de l’été involontaire, ce qui implique le viol de mes tympans).
Ce qui est bizarre, c’est que je DEVRAIS aimer ça. Après tout, j’ai bien aimé les Spice Girls, alors que c’était un produit pop de merde conçu sur casting, de manière marketée, composé de filles qui n’auraient jamais foutu les pieds dans un studio ou mené de projet musical à terme sans l’intervention des gars qui les ont réunies, tout ça pour nous vendre du Pepsi et un message néo-féministe foireux… Mais là, ça m’insupporte. Peut-être parce que j’ai grandi. Peut-être parce que les chansons sont bêtement laides et répétitives. Ou bien est-ce simplement l’hystérie incroyable qui entoure ces « groupes » qui me consterne…
Car je le martèle sans cesse dès qu’on essaye d’argumenter en faveur des groupes de K-Pop en ma présence : c’est de la daube, c’est grotesque, cela se voit, exactement comme la Tecktonik, les Tokio Hotel ou Justin Bieber. Dans trois ans, vous aurez tous honte de retrouver le CD au fond d’un de vos placards, et pourtant c’est prévisible dès aujourd’hui, tant les ficelles sont grosses. Du coup, je ne comprends pas pourquoi il y a emballement et développement d’énormes fan base, autour de ce genre de produits musicaux clairement périssables.
D’ailleurs, en termes de ventes, ça se traduit comment, ces « phénomènes de société » ? A part la centaine d’adolescentes hystériques qu’on croise devant un Virgin Megastore dans les séquences gag du Petit Journal de Canal Plus, il est où le phénomène ? Elles sont où les ventes ? Les diffusions radio ? Les tubes qui dépassent la sphère des fans ? Encore une fois, j’ai du mal à comprendre pourquoi on entend tant parler de ces chansons alors que je ne connais que quatre ou cinq personnes, en tout et pour tout dans la vraie vie, qui les écoutent… L’emballement médiatique est d’autant plus agaçant.
Alors ouais, je vois bien que les filles sont jeunes et fraîches, un peu comme Britney à ses débuts, et que tout cela est visuellement très réussi, très pro, très pop, très acidulé, et over-pédé. Je sais bien que ça devrait me plaire. Que c’est dans la même veine que des Britney, des Sugababes ou des Cheryl Cole, que j’ai le mauvais goût d’apprécier depuis longtemps. Mais voila, la K-Pop,  je trouve que ça n’a pas d’âme. Que ça n’a pas d’histoire, pas d’aspérités, pas d’incarnation. Que les filles sont interchangeables, sans identité (pas seulement parce qu’elles sont asiatiques et que, même si c’est moche à dire, du point de vue occidental une coréenne de 19 ans en mini-short ressemble quand même beaucoup à une autre coréenne de 19 ans en mini-short). Qu’elles sont trop nombreuses (je parie que les Girls Generation ne sont pas 9 mais en réalité 18, et qu’elles se relaient sur les plateaux et les scènes pour ne pas trop se fatiguer). Que les mélodies sont à chier et que, même pour de la pop « pourrie » et dénigrée par la méchante critique mais sauvée par le gentil public, c’est un problème. Que ce retour culturel à des girls band et boys band , dont on croyait s’être débarrassés au tournant de l’an 2000 et qui ne font rien pour cacher qu’ils sont complètement artificiels a quelque chose d’inquiétant…

Bref, j’aime pas la K-Pop.