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Too little too late : Lady Gaga a refait un clip

 

Bon, je n’en ai pas parlé, hein, du nouveau clip événementiel (pléonasme ?) de Lady Gaga, sorti en plein week-end dernier, à un moment où, théoriquement, les twittos et autres facebookiens qui zonent en loucedé sur les réseaux sociaux aux heures ouvrées (et qui, l’air de rien, fournissent une part significative de la « viralité » des vidéos YouTube) étaient tranquillement en train de ronfler ou de puter sur The Voice, mais ça ne veut pas dire que je ne l’ai pas regardé. Je n’ai juste pas grand-chose à en dire, voila tout.

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En finir avec Bridget Jones

Hier soir, pour la peut-être huitième fois en dix ans, la boîte à troubadours diffusait Le Journal de Bridget Jones. Une alternative probablement jugée vivifiante pour la tranche du public mal à l’aise devant l’obligation quasi-absolue d’être à donf’ sur les exploits de Teddy Riner, Camille Muffat ou Yannick Agnel (sous peine de perdre toute opportunité de conversation avec votre entourage, et donc de mettre votre vie sociale entre parenthèse dans les prochaines semaines). C’est oublier bien vite que le film est assez mauvais (mais pas pire que le 2, certes) (diffusé dimanche prochain, d’ailleurs), gaspillant de bonnes idées et donnant, faute de rythme pertinent, l’impression faussée que l’action se déroule en trois semaines, alors qu’elle se déroule en un an. Mais aussi que, à sa manière, Bridget Jones incarne la genèse de l’un des poisons de l’humour contemporain : l’auto-dérision du trentenaire urbain. Ou comment rire de soi, parce que c’est toujours mieux que pleurer.

Ce n’est pas que j’ai quelque chose contre Bref, Florence Foresti ou Cyprien, mais force est de constater qu’ils font tous un peu la même chose, et que c’est un peu au roman d’Helen Fielding qu’on le doit : le quotidien, la loose, la banalité, l’identification facile comme mécanismes du rire pour tous, mais avant tout pour nous public urbain jeune et vaguement CSP+ (ou aspirants), désormais incapables de rire d’autre chose que de nous-mêmes. Là où les années 90 faisaient plutôt la part belle, niveau comédie, à de la moquerie gentiment assumée envers les autres (parodies, clichés sur des milieux sociaux auxquels n’appartenaient pas les interprètes), un vent de psychanalyse et de masochisme semble être passé au cours des années 2000 sur l’humour grand public qui, dans le même mouvement qui l’a fait adopter la télé-réalité et la mise en scène de « vrais gens » auxquels on peut s’identifier, a choisi de pousser le public à rire de lui-même. Peut-être pour rendre l’humour plus fin et profond que la moquerie bête et méchante qu’il peut facilement devenir, mais surtout parce que l’égo est un truc universel, si tu veux mon avis. Les Kaira de Franck Gastambide rient de leur jeunesse de loose en banlieue, Dubosc rit de son image de vieux beau un peu précieux, Foresti s’amuse de son physique ingrat qui ne chope que le chanteur de Gold, Kyan Khojandi nous fait sourire à nous montrer qu’on est tous unis par les mêmes galères, qui vont du mélange des fins de paquets de pâtes à l’impossibilité de surmonter son manque d’assurance quand on en aurait pourtant le plus besoin. On constate, on rit, on ne résout rien, mais souvent la chance le fait pour nous. Avec en vue, pour tous, l’une des deux issues à happy ending possible : s’accepter tel que l’on est, ou sortir de notre condition médiocre. Pas en changeant trop, hein, plutôt en mettant un meilleur maquillage ou en trouvant le Marc Darcy ou la Mena Suvary qui nous acceptera comme on est. Comme si cela allait se passer comme ça pour toi, dunaze.

L’humour qui te parle, depuis Bridget Jones, c’est pourtant ça. Parle-moi de moi, de mes travers, de mes qualités, de ce que je peux faire pour changer, pour être meilleur. Mais glorifie quand même mes habitudes, mes petits riens. Fais de mes maladresses des sujets de rires tendres. Renvoie-moi à moi-même. Ris de moi. Valorise ma normalité, ma médiocrité. Dédramatise. Montre-moi que celui qui vit sous les projecteurs se prend, lui aussi, des râteaux en boîte de nuit. Qu’il a des périodes de misère sexuelle, de doute dans le célibat. Qu’il a des problèmes de fric. Qu’il dit parfois des énormités en société et se paye l’affiche. Qu’il est un peu couard et menteur, comme moi, mais que ce n’est pas grave. Dis-moi que je ne dois pas complexer à propos de mon gros cul, même s’il me rend aussi comique à regarder qu’un culbuto. Dis-moi que la presse féminine a tort de mettre en scène des mannequins de seize ans qui font quarante-cinq kilos pour un mètre soixante-quatorze, même si en sortant de la salle je redeviendrai la petite ronde du bureau. Je serai probablement plus équilibrée que la jolie collègue qui s’épuise à manger vert et bio à tous les repas pour avoir droit à sa mini-place au sommet de la chaîne alimentaire de la baise. Dis-mois que je suis comme tout le monde. Oublie, en revanche, de me rappeler que si c’est rigolo de se dire qu’on traîne tous en slip devant des séries bêtifiantes le dimanche après-midi au lieu de faire le ménage, la vraie vie, elle, nous somme d’être performants, de séduire, d’être en forme, d’être propres, d’être classes, d’être heureux, de kiffer notre boulot, de prendre plaisir, de jouir de tout et de préférence mieux que le voisin. Fais-moi oublier que ma consommation et mes loisirs conditionnent non seulement mon image publique, mais aussi et surtout l’image que j’ai de moi. Fais-moi oublier que la vraie vie me perçoit comme une sous-crotte médiocre victime de sous-développement intellectuel, fais-moi oublier qu’à part en consommant du Club Med Gym, du panier de légumes bio, du week-end à Prague et des vestes The Kooples, je ne serai jamais « à niveau » ou « un mec qui se respecte » pour la plupart des gens qui fréquentent les mêmes sphères que moi. Fais-moi oublier que je suis sommé d’adorer des choses qui ne m’intéressent pas, mais que c’est le seul moyen d’intéresser les gens qui me plaisent ou m’intéressent. Fais-moi rire de moi, ça me fera oublier que c’est vraiment la loose d’être moi.

Lorsque la blogosphère, notamment féminine, a explosé, il y avait deux catégories de blogueuses, essentiellement (même si les raccourcis sont et restent des raccourcis) : en gros, d’un côté les Carrie Bradshaw qui se rêvaient prêtresses de la mode et du lifestyle, et de l’autre les Bridget Jones qui s’appliquaient à chroniquer, sous couvert d’humour, leurs complexes, leurs ruptures en règle, leurs VDM et leur volonté de montrer, à travers leurs récits d’expériences et les goûts affichés à travers leurs actes de consommation, qu’elles sont comme toi, comme nous. Qu’elles appartiennent au tout. Qu’elles aussi, elles voudraient bien être mieux payées, baiser plus, avoir plus de fringues et partir en week-end à Londres ou à New-York tous les mois même si elles ont pas trop les moyens. Et puis qu’elles ont un cerveau, aussi, un ME-SSAGE, une mission divine au-delà de valoriser le mode de vie superficiel auquel elles ont choisi, comme moi, de se livrer : on a le droit d’aimer les Louboutins et de lutter pour une société plus juste, d’être un peu schizo entre féminisme et soumission à un moule fashion. Parce que le moule fashion, il est si bien fait qu’on peut l’adapter à soi-même, et donc conserver son unicité, son éthique, son estime de soi. Certes chérie, cette robe te fera te sentir comme un boudin, mais tu peux désormais la customiser, l’accessoiriser, la biz’artiser et te tuner toi-même la gueule à base de tatouages, de maquillage rouge pétard ou noir emo : Bridget Jones t’a montré que tu avais le droit d’être inadaptée et que ça peut être valorisant quand même. Lady Gaga aussi, d’ailleurs. n’empêche qu’il n’y a toujours pas de cellulite en Une de Elle, ni de maigrichon en Une de GQ. Le modèle à suivre, ce n’est toujours pas toi, mais au moins la production comique et ton propre journal te permettent-ils de le croire un peu.

Chez les blogueurs garçons, c’est pareil. Mais la filiation avec Bridget Jones est encore moins consciente, encore moins assumée. On va pas non plus avouer qu’on a été inspirés par un roman (ou pire, seulement par le film adapté du roman) pour devenir auteur de saillies quasi-journalières sarcastiques. C’est qu’on a des couilles à mettre en avant, nous, qu’est-ce que tu crois.

Bridget Jones a fait cela pour nous tous, lorsqu’elle est passée de succès de librairie aux Royaume-Uni il y a quinze ans, à phénomène culturel planétaire (la chick lit et son business disent merci à Bridget Jones, au passage) : elle a montré qu’une héroïne pas franchement glamour, qui ne fait pas trop rêver a priori, a quand même le droit de voir ses histoires de cœur et de cul élevées au rang de modèle intéressant à suivre pour jeunes gens qui aspirent à traverser la vie sans rentrer dans un moule de perfection. We can be heroes. Elle a juste oublié de nous dire qu’il ne fallait pas forcément chercher à être comme elle ; pas plus qu’il ne faut chercher à être comme Naomi Campbell. Il faut, à chacun de nous, trouver sa voie (professionnelle, amoureuse, financière, sexuelle) sans qu’elle passe nécessairement par la minceur, ou par le succès mondain, ou par la complaisance vis-à-vis de son rythme de gentil branleur, ou par la rassurance superficielle de savoir qu’avoir de la cellulite c’est normal même si on trouve ça moche… ou par un Marc Darcy. Parfois, la vie n’offre aux gens normaux / médiocres / pas spécialement beaux (rayer la mention inutile) qu’un célibat prolongé, ou qu’une carrière ratée à force de n’avoir eu ni bol ni flair, ou qu’une vie sociale un peu plate, ou qu’un Jean-Claude Dusse. Et même si tu sais rire de ces choses, à la fin de la journée, elles sont quand même ta vraie vie, et il n’y a bien que les humoristes et les films comiques, dans ton quotidien, pour te dire que c’est pas si mal.

Ce qui est à la fois réconfortant et complètement illusoire.
(… Je déprime un peu en ce moment, ça se voit ?)

Mes plans dragues foireux…

C’est bizarre comme on peut se sentir totalement insignifiante pendant plusieurs jours et recevoir d’un seul coup les assauts de quelques prétendants. C’est exactement ce qui s’est passé pour moi hier. Bon, à la différence près que mes princes étaient peu charmants.
Dans la série peu flatteuse, je voudrais « Jaquouille »! Et oui, le premier est exactement le sosie de ce fameux personnage, sans les guenilles et le poncho mais avec l’odeur et la crasse. Je vous assure, ça fait rêver! Donc, ce charmant jeune (?) homme est apparu hier dans l’embrasure de la porte du restaurant Truelle où je travaille. Comme à son habitude (oui, parce qu’en plus c’est un habitué), il nous a raconté des anecdotes, des « le saviez-vous » et de comment il va sortir un disque de textes lus pour France Culture. Mmmmh, moi ça m’a fait fondre. Je ne vous ai même pas parlé de l’odeur qui a envahi le restaurant ou de comment je me suis retrouvée accroupie derrière le bar pour lui échapper (pas de mauvais esprit!).
Bref, il a fini par nous laisser travailler en paix et sans odeur. Mais, ô surprise, 45 minutes plus tard, il appelle au resto pour dire : « J’aime beaucoup votre serveuse. Elle est d’une telle grâce (il était donc saoûl). Je lui laisse mon numéro et dites lui de m’appeller à n’importe quelle heure. » Alors là, évidemment, j’hésitais entre hurler ou mourir de rire. Le pire de tout c’est qu’il a rappelé 30 minutes plus tard pour demander pourquoi je n’avais toujours pas appelé!
Non, mais sans dèc, maintenant j’attire des clochards psychopathes. Autant vous dire que là je ne rigolais plus du tout et que je commençais à me voir morte dans une rue sombre de Bordeaux, version Jack l’Eventreur du XXI° siècle.
Moralité de l’histoire : faut vraiment que j’aille chez le coiffeur, ya un truc pas net avec ma tête !

Mais attention, parce que cette soirée ne serait pas réellement mémorable, deuxième plan drague à l’attaque. Et oui, le cuisinier de Truelle restaurant, après avoir passé 6 mois à m’ignorer, s’est soudain transformé en loveur-chevalier servant. Après avoir eu des compliments pendant tout le service (c’était son quota non-utilisé pendant 6 mois, j’imagine), il s’est gentiment proposé pour me ramener chez moi, au cas où Jack l’Eventreur surgisse! Bon, jusque là rien d’anormal, sauf que je me suis retrouvée à boire un verre avec lui dans un bar à côté de Truelle restaurant. Et là, petit moment de doute : le beau cuisinier marocain au regard ténébreux est en fait le fils d’un imam, sa soeur porte le voile et il considère que s’il se met avec une fille c’est pour se marier…
« Mais qu’est ce que je fous là ? » Donc là j’ai balancé mon attirail de grognasse : « Moi, faut que je sois libre », « j’aime pas qu’on me pose des limites », « je veux pas m’engager », « je veux pas d’enfants »… Ben, visiblement, il va falloir que je le peaufine parce que Monsieur le Cuisinier compte me revoir… ou pas!

Tout ça en une soirée… qui dit mieux?

Turpitudes de la vie !

Je ne sais pas pourquoi on essaye désespérément de vouloir programmer nos vies!

On fait des plans (sur la comète), on essaye d’y voir clair dans nos « plans de carrière », on mène des projets… et puis parfois, souvent, un petit quelque chose change et tout change ! Un coup de battement d’ailes de papillon, ou un malentendu et voilà que ce que l’on avait prévu ne se fait plus, ou évolue!
C’est pas toujours un problème, parfois ceci permet de faire de belles choses, les surprises peuvent être agréables, mais parfois c’est désastreux!
Je ne sais pas s’il y a une fatalité ou de la chance ou ce que vous voulez … en tous cas, je reste persuadée que certaines choses doivent se faire et pas d’autres ! On y peut pas grand chose et c’est ce qui est le plus déstabilisant!
La cacahuète ne pensait certainement pas se retrouver aux Urgences en se rendant à un cours de danse, on ne sait pas toujours qu’un « au revoir » peut être un « adieu ».
On sait que les accidents arrivent, mais on ne peut pas toujours vivre dans l’expectative ou le stress du pire! Et c’est tant mieux! Apprenons à vivre avec cette donnée, profitons de la vie, et amusons nous! C’est tout, pour le moment!
Toute cette réflexion, un peu sinistre, pour vous annoncer ma déception!
Je ne vais plus à Vancouver et à Seattle. C’est pas grave, y’a des choses plus graves dans la vie! Mais je suis déçue! Voilà, c’est dit.