Archives par mot-clé : Michael Caine

Youth

 

youth michael caine harvey keitel

 

Et s’il n’y avait pas de bonne façon de vieillir, si ce n’est de ne pas de ne pas perdre de son envie et de sa sagacité ? Deux ans après le triomphe de La Grande Bellezza, reparti bredouille de Cannes mais qui a ensuite semblé tout rafler sur son passage (dont l’oscar du meilleur film étranger), Paolo Sorrentino revient avec un nouveau film, lui aussi boudé à Cannes, qui explore sur un mode différent ses thématiques de l’âge, de la vulgarité et de la laideur. Mais cette fois-ci, au lieu du cadre de Rome et du casting italien, c’est un hôtel luxueux, qui fait office de maison de repos pour riches personnalités ayant pour la plupart leur fiche Wikipédia (un compositeur / chef d’orchestre à la retraite, un réalisateur de films culte, un acteur de cinoche, une Miss Univers, un footballeur qu’on devine être une sorte de Diego Maradona), au pied des Alpes suisses, et un casting international qui font office de décor.

 

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Les oscars 2016

 

oscar winners 2015

 

Encore un début de mois de juillet calme au niveau des séries, clips et sorties ciné (du moins, me concernant), ce qui me donne une nouvelle occasion de faire un petit tour d’horizon des projets cinés, plus ou moins en post-production ou déjà prêts depuis la saison des festivals, qui devraient honorer les Golden Globes puis les oscars de leurs prestigieux castings, début 2016. Si Julianne Moore et Eddie Redmayne ont fini leur marathon à awards 2015 avec la récompense suprême, je ne les avais pas nécessairement vus venir (même Moore, dont le triomphe cannois dans Maps To The Stars ne me semblait pas assez oscar-friendly, et dont Still Alice n’était pas passé sous mon radar il y a un an), mais l’automne devrait jeter un coup de projecteur sur quelques habitués pour les catégories Meilleur acteur et Meilleure actrice.

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Cannes 2015, en attendant les stars

cannes 2015 poster

 

L’organisation du Festival de Cannes 2015 a donc présenté une partie de ses sélections officielles ce matin, dont la majeure partie des films en compétition (17 pour le moment) : les éventuels ajouts de dernière minute, les séances Cannes Classics, la Quinzaine des Réalisateurs et les membres du jury présidé par les frères Coen seront, quant à eux, révélés dans les prochains jours. C’est bien évidemment sous prétexte de peaufiner des sélections dans des palabres qui durent jusqu’à quelques heures avant leur annonce, nous dit-on généralement, mais se leurre-t-on encore, en 2015, sur la stratégie RP qui consiste à annoncer le programme en plusieurs fois histoire que la presse en remette une couche toutes les semaines jusqu’à l’ouverture ?

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Interstellar, grand film malade

 

interstellar anne hathaway

 

Le vrai génie de Christopher Nolan, ce n’est pas celui de créer des œuvres cinématographiques SF amples, mêlant exigence intellectuelle et accessibilité de blockbuster. Il suffit de voir la volée de bois vert que se prend Interstellar sur les internets depuis sa sortie en salle : comparaisons avec Kubrick, critiques des clichés et des raccourcis scientifiques, grand-guignol de la dernière demi-heure… Alors que le film concourrait, avant même sa sortie, parmi les favoris des prochains oscars, l’élan positif mais pas complètement unanime non plus qui a accueilli le film risque de lui nuire face à des concurrents plus « oscar-friendly » comme The Theory of Everything, The Imitation Game ou Selma (encore une grosse année pour les biopics). Une surprise ? C’est oublier bien vite que Nolan n’est pas vraiment un favori de la profession, en dépit de quelques nominations prestigieuses et de la course en tête d’Heath Ledger, à titre posthume, pour l’oscar du meilleur second rôle dans The Dark Knight en 2008 : même Inception, son film à ce jour le plus unanimement salué, n’a jamais fait figure de favori, en 2010, face à The King’s Speech, The Social Network ou Black Swan. Il a pourtant gagné 4 oscars techniques, mais qui s’en souvient ? Ambitieux, les films de Nolan bouffent leurs interprètes, souvent boudés des nominations, avec leurs scénarios alambiqués et leurs galeries d’acteurs cinq étoiles qui se battent pour y avoir ne serait-ce qu’un caméo (voir le rôle de Matt Damon, dans Interstellar, dont la sous-intrigue est l’un des points les plus critiqués du film, ou de Casey Affleck, réduit à jouer les utilités sans une once de profondeur psychologique offerte à son personnage de sceptique paysan bas du front). Difficile, dans ces conditions, de réellement marquer l’année « académique » du cinéma avec un de ses films. J’attends avec impatience le moment où Christopher Nolan s’attaquera à une histoire plus intimiste, moins ample, sans avoir besoin de trente acteurs-stars au casting principal, pour voir si ça marche toujours auprès du public et, surtout, pour voir si la profession ne lui tendra pas alors les bras.

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