Archives par mot-clé : Musique

George Michael In Memoriam

Evidemment que George Michael ne fait l’objet que de nécros et de rétrospectives parlant de ses frasques, de sa sexualité et de ses addictions. Comme Whitney Houston et Michael Jackson, deux de ses contemporains dont la mort prématurée a également eu un gros impact médiatique, ce géant de la pop était une gloire de l’industrie musicale (et un des rares non-Américains à avoir remporté le Grammy Award de l’Album de l’année, pour Faith), qui avait connu son apogée artistique et commerciale plus de deux décennies plus tôt et qui, surtout, avait cessé de créer, enfermé dans ses démons et capitalisant sur un back catalogue somptueux. Et pourtant oui, comme eux, c’était un phénomène pop, une cash machine dans ses grandes années, et une bête de scène lorsqu’il était en forme. Et comme eux, il a contribué à définir les contours de la pop masculine contemporaine, de Robbie Williams à Justin Timberlake en passant par Ricky Martin ou Adam Lambert, ou même les plus minets Justin Bieber, Zayn Malik ou Nick Jonas, dont les débardeurs et les poses lascives ne sont pas sans évoquer les jeunes années de Georgios Panayiotou.

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Les 50 chansons de 2016

Bon, deux mois sans toucher au blog, c’est pas la joie niveau assiduité et motivation, ici. Pour être honnête, c’est un mélange de temps occupé (= c’est devenu très compliqué cette année, comme en atteste le rythme de publication déclinant depuis quelques mois), de motivation perdue (= plus très envie de passer des demi-heures à rédiger des articles entre deux missions) et d’esprit plus vraiment là (= écrire, c’est du temps mais aussi de l’inspiration, de l’envie de partager, de commenter, de pousser ses contenus sur toutes les plateformes social media, des articles qui vous traînent dans la tête pendant des jours, et des clips, des films, des sorties ou des livres dont vous avez absolument envie de faire un compte-rendu de 40 lignes). Et, comment dire, tout cela n’est pas vraiment au rendez-vous ces dernières semaines. Des journées bien remplies sans pauses « perso » et des soirées bien comateuses ayant formé le cocktail mortel pour l’activité de ce blog depuis quelques mois. Ce qui ne m’a pas empêché de continuer à écouter, à sortir, à lire ou à voir des films. Simplement, ça ne s’est pas transformé en articles. Même la Pop-Pouffe du mois de novembre a sauté. Et plus le temps passe plus c’est difficile de reprendre. On reconstruit une motivation, une audience, une ligne éditoriale, un rythme de publication, et ça ne se fait pas en un jour.  Comme on arrive fin 2016 (une année musicale bizarre, dont il n’a pas été très facile de tirer 50 hits mémorables pour la postérité) et que je suis en simili-vacances, un sursaut de motivation me prend, et je me chauffe pour mon habituel classement de fin d’année. On y notera les absences des plus grosses stars du game de la pop, les unes parce qu’elles étaient absentes ou avares en nouveautés cette année (Madonna, Christina Aguilera, Lorde…), les autres parce que leurs efforts de 2016 ont globalement peiné à m’atteindre ou me convaincre (Britney Spears, Gwen Stefani, Lady Gaga, Robbie Williams…). Le statut de superstar installée ne garantit plus rien, et pourtant ces gros noms et leur science du single qui tue devraient faire mouche, en cette période moribonde où tous les petits nouveaux se tournent vers des sons hipsters ou hip-hop (tendance pas marrant) pour s’assurer une street cred face à des ados désormais impitoyables, même scotchés à NRJ : même la plus petite daube pop qui aurait été conspuée par Les Inrocks et la presse musicale il y a cinq ans doit désormais passer le double contrôle de la programmation radio ET de la validation de la critique musicale pour trouver grâce aux yeux de nos teenagers. Finis, donc, les phénomènes qui nous échappent et les one hits wonders un peu pourris comme ATC, Stacie Orrico, les Cheeky Girls ou Dante Thomas. Le moindre petit hit, même estival (mais c’est l’été toute l’année grâce à la house tropicale), doit être porté par un auteur-compositeur-interprète à bonnet et chemise de bûcheron, à la Tom Odell, qui nous assène sa dépression et son discours sérieux sur le processus créatif. Adieu les stars en plastique, donc, tandis que les phénomènes pour ados à la Justin Bieber, désormais sommés de justifier leur fanbase hystéro par un peu de crédibilité artistique, passent aussi à un son plus « mature » que ne renient plus les journalistes musicaux ni les hipsters. On peut enfin s’amuser avec du son pris au sérieux par les adultes, goûter les guilty pleasures sans risque de faute de goût, entre deux discussions sur la Syrie ou le taux de chômage. Pas de doute, ça valait la peine de devenir trentenaires : on a désormais une pop alignée sur les critiques récurrentes qu’on lui a fait au cours des 15 dernières années, quand on la trouvait trop dance, trop vocodée, trop artificielle, trop gay, pas assez arty, trop folk, pas assez rock, trop lookée et pas assez chic à la fois. Même Kylie Minogue semble remballer les gaules et se replier vers sa fanbase avec ses reprises outrageusement relookées « Noël » : il ne faudrait pas qu’on risque de prendre sa pop au premier degré, alors on emballe tout ça dans une promotion chez Yann Barthès et des costumes de mère Noël disco pour bien se mettre à distance et ne pas laisser de doute sur le fait que c’est pour écouter au second degré parce qu’on est cool et qu’on s’est pas compromis à VRAIMENT aimer les chansons des Bee Gees, hein. On a désormais une pop bien rutilante, bien classe, bien respectée par les rappeurs, les hard-rockeurs à mèche et les journalistes musicaux. Mais du coup, est-ce encore de la pop ? On vit une drôle d’année, une drôle d’époque, une drôle de pop. Go go go, et vivement 2017.

 

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Moby & The Void Pacific Choir – Are You Lost In The World Like Me

 

 


 

 

Les critiques de la modernité sont toujours un peu bateau, surtout dans un format aussi court que le clip musical. Moby ne sort pas particulièrement du lot avec les thématiques abordées dans son dernier clip Are You Lost In The World Like Me : incommunicabilité, technologies de l’information qui nous isolent, violence des rapports humains, industries polluantes, perte de sens… En résumé, nous sommes malheureux à cause de systèmes (le dernier album de Moby s’intitule These Systems Are Failing) qui étaient supposés nous rendre plus libres et plus heureux, mais qui nous enferment et nous insensibilisent : écrans, villes, industries, médias… Isolement, égoïsme, vulgarité de plus en plus poussée des contenus mainstream, imprudence, pollutions : la vie des occidentaux en 2016, philosophiquement, c’est tout pourri. Bon, rien de bien révolutionnaire en termes de message, dans une société que nous sommes prompts à dénoncer mais dont nous avons toujours autant de mal à nous affranchir. Pourtant, le titre n’est pas désagréable (pas vraiment tubesque non plus), et la vidéo est assez réussie, avec ses animations créées par Steve Cutts et inspirées par les comics des années 30-40 (Betty Boop, Popeye…), ce qui devrait assurer un minimum de visibilité au titre. Reste que ce n’est pas encore cette année que Moby va revenir en grâce dans les playlists NRJ.

Bruno Mars – 24K Magic

 

 

 

Pas évident de revenir au premier plan de la scène pop quand on sort de trois succès consécutifs et « croissants » qui ont fait de vous une valeur de plus en plus incontournable de la musique mainstream mondiale (Doo-wops  & Hooligans < Unorthodox Jukebox < Uptown Funk). Il faut quand même assurer derrière. D’autant que, l’air de rien, le dernier album a déjà 4 ans. C’est plutôt bien parti pour Bruno Mars, qui cumule 15 millions de vues sur YouTube en à peine 3 jours avec le clip de 24K Magic, lead single d’un futur album éponyme, prévu le 18 novembre prochain, et qui pourrait trouver sa place facilement au pied de quelques sapins de Noël s’il s’inscrit dans la lignée de ses précédents efforts. Il faut dire que le chanteur n’a rien perdu de son aura et n’a pas vraiment déserté les ondes, son duo avec Mark Ronson ayant eu un impact considérable en 2015.

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