Archives par mot-clé : Natalie Portman

Manic Pixie Dream Girl

 

kate winslet eternal sunshine of the spotless mind

 

« Too many guys think I’m a concept, or I complete them, or I’m gonna make them alive. But I’m just a fucked-up girl who’s lookin’ for my own peace of mind; don’t assign me yours. » L’une des répliques cultes du non moins culte Eternal Sunshine Of The Spotless Mind, en 2004, sortait de la bouche de Clementine, le personnage de Kate Winslet, s’adressant au héros Joel Barish et rejetant le trope de fiction dont elle était pourtant l’incarnation consciente : la Manic Pixie Dream Girl. La Manic Pixie Dream Girl (littéralement, la fille de rêve un peu folle et un peu féérique), c’est ce stéréotype allant encore plus loin que la Cool Girl dénoncée par Amy Dunne dans Gone Girl. Ce n’est pas une espèce de garçon manqué qui boit de la bière et accepte tous les défauts de son mec tout en arborant un corps de rêve comme dans Mary à tout prix : c’est sa version plus « sensible ».

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Cannes 2015, en attendant les stars

cannes 2015 poster

 

L’organisation du Festival de Cannes 2015 a donc présenté une partie de ses sélections officielles ce matin, dont la majeure partie des films en compétition (17 pour le moment) : les éventuels ajouts de dernière minute, les séances Cannes Classics, la Quinzaine des Réalisateurs et les membres du jury présidé par les frères Coen seront, quant à eux, révélés dans les prochains jours. C’est bien évidemment sous prétexte de peaufiner des sélections dans des palabres qui durent jusqu’à quelques heures avant leur annonce, nous dit-on généralement, mais se leurre-t-on encore, en 2015, sur la stratégie RP qui consiste à annoncer le programme en plusieurs fois histoire que la presse en remette une couche toutes les semaines jusqu’à l’ouverture ?

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La nouvelle Julia Roberts

J’ai récemment entrepris de retenter la lecture de Mainstream, le bouquin de Frédéric Martel paru en 2010 sur lequel je ne pouvais que me jeter, compte tenu de son sujet et de la grande tournée de promotion faite à l’époque par l’auteur sur à peu près tous les plateaux télé imaginables. Le tort principal de Frédéric Martel ayant été de morceler son ouvrage en chapitres et sous-chapitres très clairement identifiables dans la table des matières. J’ai alors retrouvé mon vieux réflexe d’étudiant consistant à aller consulter en priorité les chapitres et sous-chapitres qui m’intéressaient le plus, en fonction de leur intitulé. Au hasard, les passages qui parlaient de Britney, de Lady Gaga ou de la télé-réalité. Du coup, j’avais feuilleté le bouquin dans le désordre, sans vraiment me plonger dedans cover to cover. Une véritable insulte à la démarche globale de l’auteur, en somme. Et même si les chercheurs sont habitués à l’idée que des lecteurs, bien souvent étudiants, aillent piocher dans leurs essais les seuls chapitres qui les intéressent (d’où, probablement, leur gentille et prévenante habitude de livrer un plan ultra-détaillé du bouquin dans la table des matières) (j’en profite pour remercier les chercheurs et autres spécialistes du droit constitutionnel : je n’ai sincèrement lu aucun de leurs ouvrages en entier, de toutes mes études, grâce à cet aimable geste), je me sentais un peu mal à l’idée de vaguement compulser un livre à 22,50€ que j’avais acheté de mon plein gré, et dont le sujet était supposé m’intéresser. On n’est plus étudiants, on a la liberté tellement désirée de ne lire que ce qui nous intéresse, il s’agirait d’y faire un peu honneur, bordel.

Après m’être flagellé comme il se doit, j’ai donc rangé le livre de Frédéric Martel dans un coin en me promettant de m’y replonger plus sérieusement lorsque temps libre et motivation viendraient miraculeusement à coïncider. Deux ans plus tard, et alors que Lady Gaga a clairement marqué le pas et que certains pontes de l’industrie de l’entertainment interviewés par Martel à l’époque ont eu largement le temps de mourir, voila donc que je me replonge dans son livre. Force est de constater que les essais, à chaque fois que je tente de m’y plonger, me tombent un peu des mains. Je les lis souvent dans l’avion ou dans le train, ou encore tard le soir dans des chambres d’hôtel au lieu de m’ennuyer devant la télé. Du coup, ils me font un peu mal au crâne / mal des transports, et c’est difficile de rester concentré. Ma vie est bien compliquée.

Bon, tout cela pour dire (parce qu’en vrai, je ne veux même pas parler de Mainstream, mais que cela me fournissait une entrée en matière de trente lignes inutiles comme je les aime – et comme le lecteur de blogs les déteste) que j’en suis péniblement arrivé à la page 28, où se trouve la phrase suivante :

Seul un très petit nombre d’acteurs – Johnny Depp, Brad Pitt, Matt Damon, Tom Cruise, Tom Hanks, Leonardo DiCaprio, Nicole Kidman, Julia Roberts, Harrison Ford, George Clooney, Will Smith notamment – peut permettre à un film de sortir partout à travers le monde.

Voici donc la liste, non exhaustive apparemment (l’entertainment n’est pas une science exacte) des acteurs hollywoodiens « universels », connus de tous, bankable partout dans le monde. Parmi eux, deux femmes, donc. Et même pas Meryl Streep. Il faut dire que même si tout le monde aime Meryl, elle fait rarement sauter la banque au box-office, et que son nom au générique d’un film n’est toujours pas, en 2012, la garantie que ce film va sortir sur 500 écrans français. Seulement deux femmes, donc, a priori susceptibles de voir distribué partout dans le monde un film dont elles tiennent l’affiche. Nicole Kidman et Julia Roberts.
La première, ultra-dominatrice au début des années 2000, dans la foulée de son divorce avec Tom Cruise, a su mener à bien sa quête symbolique de l’émancipation (= j’existe et je suis une grande actrice sans avoir besoin d’être la femme de) et de l’Oscar de la meilleure actrice : Moulin Rouge !, The Others, The Hours, Cold Mountain… ont jalonné un parcours fructueux, peu à peu freiné par quelques fours critiques et/ou commerciaux (Birth, L’interprète, Dogville, Ma sorcière bien aimée) jusqu’à entériner sa chute dans un méga-mélo orchestré par celui qui fût pourtant l’artisan de sa montée en puissance, Baz Luhrmann, Australia (qu’à ma connaissance, personne n’a vu, en dépit de résultats corrects au box-office, et que les critiques se sont empressés de descendre en flèche en soulignant la niaiserie et la mono-expressivité du personnage de Kidman) (laquelle traîne, depuis des années, la réputation de se botoxer la tronche plus souvent qu’à son tour). Si Nicole Kidman a semblé ces derniers temps opérer un retour en force dans un cinéma, si ce n’est populaire, au moins susceptible de lui rapporter de nouvelles statuettes (Rabbit Hole, Paperboy), ses grandes années semblent maintenant finies. Toujours est-il qu’elle fait partie des quelques actrices (avec Meryl Streep, Cate Blanchett, Kate Winslet, etc.) aujourd’hui encore considérées comme des valeurs sûres, non pas des résultats au box-office, mais au moins au niveau de leur exigence et de leurs choix de collaborations artistiques.
La seconde, égérie des années 90 qui firent d’elle la nouvelle Meg Ryan (= reine des comédies romantiques à succès) et l’actrice la mieux payée d’Hollywood (Pretty Woman, L’expérience interdite, L’affaire Pélican, Le mariage de mon meilleur ami, Coup de Foudre à Notting Hill, Ocean’s Eleven…) jusqu’à la consécration en 2000 (Erin Brockovich, Oscar de la meilleure actrice à la clé), a mis un coup de frein (volontaire semble-t-il) à sa carrière lorsqu’elle a fondé une famille au tournant du siècle. Plus discrète depuis le milieu des années 2000 avec quelques performances sympa mais oubliables (Full Frontal, Le Sourire de Mona Lisa, La guerre selon Charlie Wilson, Closer, Duplicity, Eat Pray Love), Julia Roberts reste pourtant, aujourd’hui encore, l’un des noms et des visages les plus connus du cinéma mondial, et continue de traîner l’aura d’une grande star de notre époque. Mais elle n’est bien évidemment plus tout à fait la jeune première rigolote qui tentait de dérober Dermot Mulroney à Cameron Diaz en 1997, et il va bien falloir qu’on se trouve une nouvelle star des comédies romantiques capable de s’immiscer dans un cinéma plus sérieux tout en restant populaire.
Depuis dix ans, Julia ayant donc privilégié son temps libre, ce sont des Cameron Diaz, Jennifer Aniston, Reese Witherspoon, Sandra Bullock et autres Drew Barrymore voire Jennifer Lopez, qui ont tenté de s’imposer dans cette enviable place d’America’s sweetheart, sans toutefois jamais réussir à cumuler la longévité, les succès publics, le respect de la profession et le charisme tranquille de Julia. Tout ce petit monde, par ailleurs, n’a plus exactement 20 ans. Aujourd’hui, le statut de « plus grande star féminine mondiale du cinéma » reste, en somme, un peu vacant. Qui sera capable de porter cette lourde charge d’actrice la plus populaire et la plus sympa aux yeux du public d’ici 2020 ? C’est évidemment une question essentielle pour l’avenir de l’humanité, à laquelle je me devais d’apporter des éléments de réponse.
Anne Hathaway
Age : 30 ans
Succès notables / Palmarès : Le Diable s’habille en Prada, Valentine’s Day, The Dark Knight Rises
Nommée à l’oscar de la meilleure actrice en 2009 pour Rachel Getting Married
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 60%
Elle est sympa, Anne Hathaway. Mignonne sans être vulgaire, sans défaut rédhibitoire, souriante et a priori agréable avec les gens. Drôle aussi (c’est important). Elle n’a pas tout à fait le charisme ni le sourire à la fois carnassier et inoffensif de la Roberts, mais elle commence à sérieusement imposer le respect à Hollywood où, partie d’une franchise Disney un peu gênante (Princesse malgré elle), elle est devenue une girl next door tout ce qu’il y a de plus fréquentable. Son prochain gros film devrait être l’adaptation des Misérables, où elle campera un rôle pas très glamour, si toutefois le public français ne rejette pas en masse une adaptation américaine de ce monument littéraire français dont l’action se déroule quand même dans une France du XIXème siècle pas très anglophone.
Jennifer Lawrence
Age : 22 ans
Succès notables / Palmarès : X-Men : First Class, la déjà très lucrative saga The Hunger Games
Nommée à l’oscar de la meilleure actrice en 2011 pour Winter’s Bone
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 40%
Très demandée depuis le succès de The Hunger Games, la jolie Jennifer est un peu moins sympathique, de prime abord, que Julia Roberts. La faute à une mine renfrognée soulignée par des rôles sérieux. En attendant de la voir dans un registre plus léger au cinéma, on se contentera de remarquer qu’elle est très belle, avec un visage atypique et facilement reconnaissable, et que la profession lui fait déjà les yeux doux. Silver Linings Playbook (qui sortira en France sous le titre affreux de Happiness Therapy) pourrait d’ici quelques semaines l’imposer comme la jeune première romantique qu’elle n’est pas encore tout à fait.
Mila Kunis
Age : 29 ans
Succès notables / Palmarès : Black Swan, Sexe entre amis, Ted
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 40%
L’ex-fiancée de Macauley Culkin, aujourd’hui au bras d’Ashton Kutcher, est en train de profiter du succès critique et public de Black Swan pour tourner autant de films que possible, ce qui se manifeste pour l’instant sur nos écrans par quelques daubes manifestement destinées à la faire identifier clairement par un public masculin et hétéro. Tellement facile à mettre en couple, à l’écran, avec le premier bellâtre venu, Mila est bien sûr très belle, mais conserve aussi la sympathie de ceux qui l’avaient déjà remarquée et trouvée hilarante dans son rôle de Jackie dans That 70’s Show. Si d’autres réalisateurs de talent la remarquent et lui donnent de jolies partitions, elle pourrait toutefois se révéler comme une grande star de notre génération.
Emma Stone
Age : 24 ans
Succès notables / Palmarès : Easy A, The Help, Crazy, Stupid, Love., The Amazing Spiderman
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 50%
Catapultée rôle principal (mais surtout narratrice, en fait) un peu inutile du succès surprise de 2011 The Help (La Couleur des Sentiments, chez nous, car pourquoi se priver d’un titre français pourri, hein, pourquoi ?), Emma Stone est une fille rigolote et sympa, assez jolie, qui ressemble un peu à une Lindsay Lohan qui n’aurait pas mal tourné. Déjà adulée aux Etats-Unis où les MTV Awards et autres Teen Choice Awards l’ont déjà couronnée à la pelle, son explosion chez nous devrait être plus progressive, à moins qu’un gros rôle n’accélère les choses.
Kirsten Dunst
Age : 30 ans
Succès notables / Palmarès : The Virgin Suicides, Drop Dead Gorgeous, Bring it on, la trilogie Spider-Man de Sam Raimi, Marie-Antoinette
Prix d’interprétation féminine à Cannes en 2011 pour Melancholia
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 60%
Cela fait quand même longtemps qu’elle est là, Kirsten (Entretien avec un vampire en 1994, Jumanji en 1995, Belles à mourir et Virgin Suicides en 1999), et on a toujours l’impression que c’est une jeune première fraîche et pimpante, à la blondeur innocente, destinée aux rôles de filles douces et gentilles. Elle commence toutefois à « adultiser » sa filmo et à faire évoluer son registre vers des rôles de jolies jeunes femmes un peu plus torturées (Elizabethtown, Melancholia, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Bachelorette, Sur la route) et conserve cette aura hipster / fashion qui lui sera encore utile pendant un bon moment. On sent quand même, confusément, qu’elle va bientôt chercher à entrer dans la course à l’oscar de la meilleure actrice. L’année prochaine ? Dans deux ans ?…
Kristen Stewart
Age : 22 ans
Succès notables / Palmarès : Panic Room, Into the wild, Twilight 1, 2, 3, 4 et 4 bis
Nickelodeon Kids’ Choice Awards, Teen Choice Awards et autres MTV Awards pour sa performance monolithique de Bella Swan
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 30%
Maintenant que la saga qui a fait d’elle l’actrice la mieux payée d’Hollywood (et donc, en quelque sorte, la nouvelle Julia Roberts) est terminée, Kristen va pouvoir s’attaquer à de nouveaux projets et tester sa popularité à l’épreuve de films destinés à un public un peu plus large que les seules adolescentes chastes. Saura-t-elle composer avec de nouvelles expressions du visage ? Se remettra-t-elle de son incartade du printemps avec le réalisateur de Snow White and the Huntsman ? Lancée à 22 ans à peine sur la route d’une carrière qu’on lui souhaite longue, la jeune Kristen part en tout cas avec une bonne dose de notoriété d’avance. Mais comme pour les acteurs de Harry Potter ou les autres protagonistes de la saga Twilight, on va commencer par scruter, d’un œil sceptique voire craintif, si elle arrive à passer à autre chose.
Keira Knightley
Age : 27 ans
Succès notables / Palmarès : Joue-la comme Beckham, Love Actually, Pirates des Caraïbes, Atonement
Nommée à l’oscar de la meilleure actrice en 2006 pour Pride and Prejudice
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 50%
Encore une surdouée présente sur nos écrans depuis un bail (elle avait à peine 18 ans dans Love Actually) et propulsée au firmament par une franchise populaire. Un peu plus discrète depuis 2008 (Silk, Never let me go, The Duchess, Last Night, A dangerous method), elle s’apprête à revenir dans Anna Karénine (réalisé par Joe Wright, qui décidément l’aime beaucoup) et dans Jack Ryan. A 27 ans, elle est loin d’être une relique. Il faudrait juste qu’elle soit moins maigre à faire peur, peut-être. Mais comme elle est plutôt le sosie non-officiel de Winona Ryder que celui de Julia Roberts, elle crée la confusion…
Scarlett Johansson
Age : 27 ans
Succès notables / Palmarès : L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, Match Point, Lost in Translation, The Avengers
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 20%
Toujours pas nommée à un oscar et vaguement nommée aux Golden Globes pour Lost in Translation, Scarlett est condamnée à être perçue comme un objet de désir depuis que Woody Allen a transfiguré ses lèvres et ses seins dans Match Point. Elle serait plutôt une nouvelle Sharon Stone qu’une nouvelle Julia Roberts, en fait. Trop sexuelle, trop médiatisée pour être réellement prise au sérieux par la profession, mais suffisamment courtisée et sérieuse dans ses choix de films pour réussir, un jour, une attaque-surprise (Casino, anyone ?). Sa filmo manque singulièrement de comédies romantiques, pour une fille aussi universellement reconnue comme jolie. Un choix volontaire de sa part, peut-être.
Natalie Portman
Age : 31 ans
Succès notables / Palmarès : Black Swan, Léon, Star Wars – Episode III, V for Vendetta, Thor, Closer
Oscar de la meilleure actrice en 2010 pour Black Swan
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 40%
En voila, une pouliche gagnante… a priori. Sauf que même si elle a réussi à cumuler la plupart des succès de Julia Roberts (succès publics, comédie romantique plus ou moins réussie – Sex Friends, Un hiver à Central Park – et récompense suprême), Natalie Portman reste une actrice essentiellement connue pour ses rôles dramatiques, perçue comme « cérébrale », et pas tellement comme la bonne pote de comédies populaires.
Amanda Seyfried
Age : 26 ans
Succès notables / Palmarès : Mamma Mia, Mean Girls, Dear John, Chloe, Le Chaperon Rouge
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 50%
Pour le moment cantonnée à des films de série B que pas grand’monde ne voit (Jennifer’s Body, Gone, In Time) à moins qu’il n’y ait Justin Timberlake ou Megan Fox à l’affiche avec elle, Amanda Seyfried s’apprête pourtant à exploser dans le rôle de Linda Lovelace (l’actrice porno devenue mondialement connue suite au film Deep Throat et au rôle que celui-ci joua dans le Watergate) ainsi que dans celui , radicalement opposé, de Cosette dans Les Misérables. On aurait tort de négliger cette jeune ingénue dans la course à l’America’s Sweetheart
Katherine Heigl
Age : 33 ans
Succès notables / Palmarès : 27 Dresses, Killers, The Ugly Truth, Knocked-Up
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 10%
Révélée par la télévision (Roswell, Grey’s Anatomy) et bénéficiant d’une vague aura de sympathie après avoir tourné chez Judd Apatow, Katherine Heigl a fait tellement de pieds et de mains pour larguer la série qui l’a fait exploser qu’elle se traîne, depuis, une image de diva arriviste prête à toutes les compromissions artistiques pour être actrice de cinéma et surtout pas de télé. Avec une filmo globalement descendue par la critique et soutenue mollement par le public, elle évoque plus Jennifer Aniston que Julia Roberts. Les déboires avec Brad Pitt en moins. Et soulève une question : Katherine Heigl ne fait-elle que choisir les plus mauvaises comédies romantiques disponibles à Hollywood, ou Hollywood n’a-t-il plus de bonnes comédies romantiques à proposer, en 2012, aux jeunes actrices ?
Emily Blunt
Age : 29 ans
Succès notables / Palmarès : Le Diable s’habille en Prada, The Young Victoria, The Five-Year Engagement
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 40%
Alors qu’elle commence à se faire remarquer du public et des professionnels avec son air pincé mais sympa quand même au fond, Emily Blunt est en train de se faire un nom, tranquillement et sans rôle-culte à son actif pour le moment, dans le cinéma populaire oscillant entre la fibre Sundance (Sunshine Cleaning) et les gros moyens (The Adjustment Bureau, Looper). On a assez envie qu’elle continue.

Ellen Page
Age : 25 ans
Succès notables / Palmarès : Juno, Inception, To Rome With Love, Hard Candy
Nommée à l’oscar de la meilleure actrice en 2008 pour Juno
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 20%

Bien que charmante et pétillante comme pouvait l’être Julia Roberts à ses débuts, Ellen Page traîne sa petite taille, son minois désabusé et sa dégaine de geekette blasée qui la destinent probablement à des rôles d’héroïnes de comédies réalistes, plutôt qu’à des grandes chevauchées romantiques sur toile. Reste qu’elle est très mignonne, et que l’on peut imaginer assez facilement en moitié féminine des couples-phares de prochains films avec de jeunes premiers body-buildés. Il faudra juste avoir le courage de la maquer avec d’autres acteurs que Michael Cera ou Jesse Eisenberg (bien que je n’aie rien contre eux).

Emma Watson
Age : 22 ans
Succès notables / Palmarès : La saga Harry Potter. Bizarrement pas grand-chose d’autre.
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 40%

Avec un nom pareil, on croirait presque qu’elle a toujours existé. Porteuse de la lourde étiquette de « celle qui a le plus de chances de faire des trucs bien après la fin de la saga Harry Potter », la jolie Emma a pour le moment été discrète et privilégié ses études (comme Natalie Portman avant elle) et ses apparitions fashion dans la presse, mais lance une première offensive cet hiver avec The Perks of Being a Wallflower, qui sent un peu le truc à oscar. Probablement pas pour gagner, mais pour rappeler qu’elle y pense.

Dianna Agron
Age : 26 ans
Succès notables / Palmarès : Glee, I am number four, Burlesque
Chances de devenir la nouvelle Julia Roberts : 30%

Un peu peste avec son sourire de tueuse et ses yeux qui disent braguette, l’ex-vilaine cheerleader de Glee commence à tourner pour le cinéma pour surfer sur la popularité peut-être éphémère que lui a apportée la série de Fox. Il se trouve qu’elle est assez charismatique, en dépit de choix de films pour le moment assez ratés. Elle a encore le temps de nous faire oublier Quinn Fabray et de nous laisser croire qu’elle est effectivement gentille.

A moins qu’on ne donne très vite un oscar ou rôle-culte à la Pretty Woman à l’une de ces meufs pour qu’elle se détende et qu’elle tourne des comédies romantiques bien premier degré sans se prendre la tête, je ne vois donc pas trop comment on va remplacer Julia Roberts. Le cinéma a changé depuis les années 90, la rom’com n’est plus le chemin tout indiqué pour qu’une actrice se fasse remarquer du public, le mythe de la « star » a un peu vécu, les nénettes qui se lancent dans le cinoche ont des envies de carrières « sérieuses » plutôt que des carrières de « stars » à la Demi Moore ou à la Sharon Stone. Alors si aucune de ces filles ne colle, qui pourra concurrencer les Clooney, Pitt, Depp et autres Cruise sur le rang de la célébrité mondiale ? On a besoin d’une, ou de plusieurs grandes stars féminines indéboulonnables au ciné, les gars ! Mais j’oublie peut-être des candidates. Voire des candidats. Est-ce que ce ne serait pas fabuleusement post-moderne que Justin Timberlake ou Taylor Lautner soit la nouvelle Julia Roberts ?

 

Black Swan : l’Oscar peut-il échapper à Natalie Portman ?

Mes tartelettes aux noix de pécan, sache qu’hier soir, je suis allé voir le it film de la semaine dernière (parce que j’ai pas peur d’être has-been, tant que c’est à une ou deux semaines près) : Black Swan, donc. Ou comment Natalie Portman va avoir l’Oscar de la Meilleure Actrice (sauf si Annette Bening vient la coiffer au poteau par surprise à la dernière seconde).

Je connais pas bien Darren Aronofsky. Requiem For A Dream, j’ai jamais eu le courage. Le bras en décomposition de Jared Leto, non merci. The Wrestler et ses agrafes, non plus. Black Swan ne fait pas trop exception à cette tendance anxiogène à mutiler les corps de ses interprètes, et c’est à la fois ce qui m’a le plus gêné et ce qui m’a le plus retenu dans l’intrigue de ce dernier film. Savoir, ou pressentir, que des trucs gore vont survenir a le don de me tenir éveillé : c’est ce qui permet à Black Swan d’être pompeusement qualifié de thriller, alors que c’est juste l’histoire, assez clairement voulue comme telle, d’une fille qui devient schizo.

D’ailleurs ça se voit…

Donc la Natalie Portman joue le rôle de Nina, une danseuse étoile du New York City Ballet. Cela fait quatre ans qu’elle se fait chier avec discipline dans le rang des jolies poupées sans formes, sans fesses et sans nichons qui peuplent cette fascinante tribu artistique. Sans connaître la danse classique, on sait déjà que ce milieu exige beaucoup de maîtrise de son corps, de privations et de difficultés, dans une espèce de quête d’absolu et de beauté dont nous, pauvres mortels nourris au Big Mac et aux conneries de blogging, sommes bien incapables. Et donc, Nina, ça fait un peu quatre ans, comme toutes les autres, qu’elle attend son heure.
Et son heure vient, puisque la compagnie décide de gicler sa vieille star Beth (Winona Rider, perturbante), pour « offrir au monde un nouveau visage » juvénile et frais. Le chorégraphe pervers (Vincent Cassel, grotesque comme souvent en anglais, mais apparemment je suis le seul à le penser) veut monter « sa » version du Lac des Cygnes, et choisit pour le double-rôle principal la gentille cruche Nina, pour sa maîtrise technique et son potentiel, mais il trouve qu’elle a un balai dans le cul. Ce qui n’est pas gênant pour incarner le cygne blanc, mais plus problématique pour entrer dans le peau du sensuel et manipulateur cygne noir… Nina va donc devoir se dépasser, chercher en elle son potentiel de femme… bref, c’est à partir de là que ça dégénère.
Drame en coulisse, crêpages de chignons (Showgirls chez les filles distinguées ?), folie rentrée mais de plus en plus évidente : finalement rien de bien révolutionnaire, mais tout (ou presque) réside dans l’interprétation. En plaçant le spectateur dans le regard de Nina (on ne la quitte pas d’une semelle de tout le film), le réalisateur s’amuse : de plus en plus fréquemment, on voit qu’il se passe des trucs bizarres, au point qu’on finit par ne plus faire la différence entre réalité et hallucinations. Evidemment, ce rôle, cette attente, ce désir, tout cela n’est pas anodin pour Nina. Cela nous est suggéré, avec de gros sabots, tout au long du film, parfois à coups de clichés : la mère abusive qui est passée à côté de sa carrière de danseuse et pousse sa fille à la vivre pour elle, la sonnerie de portable, la rivale sensuelle et pleine d’assurance avec ses ailes noires tatouées dans le dos (Mila Kunis, ex-That 70’s Show, très très bien), la boîte à musique probablement écoutée depuis l’enfance, les cygnes en peluche dans la chambre de petite fille… 
Bref, Nina a enfin le rôle de sa laïfe, elle n’a pas trop le droit de se planter sinon sa vie n’aura plus de sens, elle a un peu la pression, se monte la tête et va devoir traverser (et nous avec) sa peur de réussir, ses angoisses à dépasser, sa paranoïa grandissante, son corps qu’elle sollicite tant…
Personnellement, j’ai avant tout été bluffé par la performance de Natalie Portman, restant quelque peu insensible au glauque grand-guignolesque un peu usé d’Aronofsky. Portant le film de bout en bout (puisque le film consiste à la suivre et à « vivre » ce qu’elle vit), elle passe par de nombreux états et réussit à nous faire épouser son état d’esprit, ses névroses et ses angoisses. La fin est un peu bazardée, mais l’expérience que le film nous fait traverser aux côtés de la petite Natalie reste un tour de force. Quand on se souvient par ailleurs de prestations précédentes comme V for Vendetta, Closer ou Star Wars… On se demande comment Hollywood pourrait se priver de récompenser cette actrice déjà entrée dans l’histoire du cinéma, capable d’à peu près tout sans se départir de son regard légèrement soucieux.