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Juste la fin du monde

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C’est toujours une expérience intéressante de voir un film de Xavier Dolan. Jamais vraiment du temps perdu, même quand c’est un peu raté ou, comme c’est le cas de Juste la fin du monde à mon sens, décevant parce que surévalué. Grand Prix à Cannes en mai dernier, le film a emballé la critique et bon nombre de ses spectateurs en première semaine, au point qu’on s’attend, en entrant dans la salle, à découvrir un chef d’œuvre qui va changer notre vie, une œuvre qui réussit une synthèse parfaite des envolées esthétiques et philosophiques des précédents efforts du prodige canadien, tout en évacuant les défauts un peu anecdotiques qu’on leur reprochait parfois : grandiloquence, manque d’humour, se prend furieusement au sérieux, ressasse les mêmes thèmes depuis le premier film… Alors qu’on ne songerait jamais à reprocher à Alfred Hitchcock son exploration constante des troubles de l’âme humaine et des quêtes de vérité, ou à Woody Allen ses personnages centraux souvent bourgeois et tout le temps en plein doute existentiel. Mais chez Dolan, c’est forcément pas assez subtil, pas assez mainstream, pas assez intello, pachydermique… Bref, il ne peut jamais gagner. Mais alors là, j’ai un peu de mal à comprendre comment tout le monde se prosterne si facilement.

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Moka

 

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On voit déjà venir, parmi les habituées des César, les probables nominations, en janvier prochain, de Marina Foïs et d’Emmanuelle Devos, pour le César de la meilleure actrice 2017. C’est que leurs deux films, Irréprochable et Moka, sortis à quelques semaines d’intervalle, présentent de troublantes similarités, du moins dans le type de rôle féminin principal qu’ils proposent. Dans les deux cas, on a un thriller / portrait de femme quadragénaire moralement et psychologiquement en chute libre, au bord de l’explosion, qui stalke une « proie » inconsciente de ce qui se joue à quelques mètres de ses fenêtres en pleine nuit, dans un cadre de province bourgeoise, et une tentative manifeste, dans le scénario comme dans la mise en scène, d’ambiance chabrolienne voire hitchcockienne : la tension est palpable et on passe les trois quarts du film à redouter l’instant où le personnage va basculer, où les apparences policées vont sauter, où la décharge d’ultra-violence va intervenir. Moka diffère toutefois de Irréprochable dans ses intentions et dans sa folie borderline, nettement plus canalisée chez Diane, le personnage légèrement plus lumineux d’Emmanuelle Devos, que chez la Constance de Marina Foïs.

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