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Old sluts : Dana Scully (1993-2002)

Je n’ai jamais été un grand fan d’X-Files. Je ne sais même pas comment la série se terminait, si Fox Muler a retrouvé sa sœur disparue ou s’il était juste toqué, s’il est mort ou s’il a fini par céder à la tension sexuelle qui polluait en toute innocence ses relations professionnelles avec Scully. Peut-être tout ça à la fois, en fait. Bref, je ne suivais pas trop. Déjà parce que je pigeais pas grand’chose (j’avais huit ans, quoi). Ensuite parce que, il faut bien le dire, je flippais ma race (re-j’avais huit ans, quoi). Notamment pendant le générique, avec les silhouettes bizarres qui bougeaient sur fond noir (j’ai très peur des silhouettes dans le noir) (si un jour tu veux me faire peur, coupe la lumière le soir, et déplace-toi silencieusement autour de moi : je deviendrai hystérique en environ 43 secondes). Heureusement il y avait Dana Scully. Ah Dana…

Il faut dire que les mioches de moins de douze ans qui tombaient sur Tooms et autres créatures bizarres mais néanmoins humaines (ou alors pas tant que ça) qui croisaient la route du duo policier en prenaient à chaque fois pour une nuit pénible après extinction des lumières, aussi. Quelle idée, franchement, dans les années 90, de programmer les soirées des kids avec des histoires pareilles (réveillez-vous, les gars : si le public de la série est supposé avoir 15-16 ans minimum, ça veut dire que les 8-12 ans vont se jeter dessus comme la misère sur le pauvre monde) (donc OUI, X-Files était une série pour enfants). Une figure féminine rassurante, oserai-je dire presque maternelle, était donc la bienvenue (lol).
Tooms, un mec sympa (surtout si tu as des canalisations bouchées)
Avouons-le, ce qui a fait le succès de X-Files pendant cinq bonnes années (puis quatre années de mort lente et douloureuse en termes d’audiences), ce sont évidemment les thématiques freaks et les aliens, qui donnèrent un joli sursaut à la fanitude des « believers », esprits perchés et autres théoriciens de la zone 51 (un peu comme Jurassic Park relança l’intérêt de toute une génération de gamins pour les dinosaures et comme Sauvés par le Gong ou Beverly Hills donnèrent leurs lettres de noblesse aux années lycée dans la pop culture mondiale). C’est d’ailleurs épatant de constater le nombre de séries qui, plus ou moins consciemment, dérivent de X-Files, de la fascination que la série a relancée pour le FBI et les phénomènes paranormaux. Sans X-Files, il n’y aurait peut-être jamais eu Roswell, Profiler, Battlestar Galactica, Les Experts ou Les 4400. En fait, l’essentiel des séries 90’s qui, quelques années après les début d’X-Files en 1993, ont nourri la culte Trilogie du samedi de M6, sont probablement nées dans le sillage de la série de Chris Carter.
Mais l’autre force de la série, c’était évidemment son duo d’acteurs, qui distillaient une subtile tension sexuelle / amoureuse sans jamais sombrer dans le vaudeville (l’imagination des fans faisait le travail), tout en menant une touchante quête existentielle pour la vérité qui, espérait-on, finirait pas guérir Mulder de ses névroses. Fox Mulder, le rôle qui rendit David Duchovny célèbre bien avant Californication, était parano et conspirationniste, pendant que Dana Scully était sceptique et rationnelle. Et c’est ce qui nous faisait aimer Scully (enfin, ça et son téléphone portable de la taille d’un frigo « Mulder c’est moi ») : son scepticisme, sa manière de nier les fantasmes aliens de Mulder jusqu’à exposition de vraies preuves, son calme olympien… Scully était parfaite. Calme, belle, intelligente, Dana Scully / Gillian Anderson incarne peut-être l’archétype de l’anti-héroïne de série dans les années 90 : pas drôle, pas séductrice, pas névrosée, pas particulièrement lookée, féminine sans chercher à en jouer, jamais pigeonnante du décolleté ou chouinante sous la pression, elle était tout simplement unique, y compris parmi les héroïnes « masculiniséees » de séries policières (Lily Rush, Olivia Benson et autres), toujours tôt ou tard renvoyées à leur condition de femme, à leur statut de victimes de la violence masculine ayant un compte à régler ou à leur sensibilité amoureuse fleur bleue. Scully, elle, était l’égale absolue de Mulder : ni mieux, ni moins bien considérée, ni plus forte ni davantage dans le besoin d’être protégée que lui. Elle était son boulot avant d’être une potentielle love interest, et ce sont les fans qui faisaient l’essentiel du travail consistant à la « glamouriser ».
Dana Scully, c’est un peu l’héroïne des femmes d’aujourd’hui : sans jamais minauder, draguer, mettre une tenue plus sexy que son imperméable du FBI ou faire autre chose que son boulot, elle a réussi, du haut de son poste de jeune recrue du FBI (Gillian Anderson avait 25 ans en 1993), par sa seule personnalité courageuse et rationnelle, à incarner une jeune femme vraiment mature et à s’imposer comme l’une des icônes les plus sexy que la pop culture des années 90 nous ait livrées…Vraiment dommage que la carrière de Gillian Anderson soit devenue si discrète depuis.

Old Sluts : le come-back de la lose d’Ace of Base

Bon, bah apparemment les Sugababes ne sont pas les seules à se dire en dépit de l’évidence que si les membres d’origines se barrent, ça reste le même groupe.
Ace of Base, qui comme Corona, Gala, Haddaway ou les organisateurs des soirées Dance Machine, compte sur ta nostalgie 90’s, ton consumérisme de dindon et le souvenir ému de tes premières boums pour te refourguer ses nouvelles galettes (parfois exactement la même chanson qu’en 1994, mais remixée façon 2010), propose donc aujourd’hui un come-back en forme de foutage de gueule.
Ainsi, et dans la même logique absurde qui voudrait que ce soit le même groupe si ses piliers fondateurs qui en ont été membres depuis le début ne sont plus là, exit les deux chanteuses « historiques » du groupe, les sœurs Linn et Jenny Berggren (qui méritent probablement ce qualificatif du fait qu’elles sont désormais des reliques ménopausées), et bienvenue à Clara et Julia, deux mannequins aux prénoms d’actrices porno à qui on ne demande même pas de savoir chanter. Nan, nan, faire un défilé lingerie et prendre des poses lascives en talons aiguilles et nuisette, tout en susurrant vaguement des paroles creuses sur la passion amoureuse, suffit amplement. Bienvenue dans le reboot Ace of Base 2010. Au secours.
Pendant que ces deux donzelles s’étirent et s’extasient dans les draps de soie d’une chambre d’hôtel quatre étoiles louée pour le tournage, les deux mecs du groupe, eux, sont les mêmes qu’en 1992. Autant dire qu’ils sont nettement moins frais que les deux bonnasses qu’ils utilisent désormais comme argument promotionnel. Leurs faux airs de DJs organisateurs de soirées à Ibiza (bagnole de kéké, coiffures peroxydées gélifiées de quadra sur le retour, lunettes Rayb*n et veste de créateur) n’en sont que plus tristes.
Car Ace of Base, c’était les 90’s, bordel : des clips approximatifs à base de mixes noir et blanc/couleur, de scénarisations sommaires et de plans chantés au premier degré face caméra ; des textes et ambiances bucoliques et naïfs qui ne pouvaient pas survivre aux années 2000 ni au retour en grâce du rock et de la hype ; des mélodies sirupeuses au synthé que les grues de la pop actuelle cherchent encore à reproduire
Ce sous-produit intitulé All for you, si par bonheur il passe un peu inaperçu, ne devrait pas trop entacher  de sa verve post-Ocean Drive feat. DJ Oriska l’aura niaiseuse et easy-listening d’Ace of Base. Parce que, franchement, si ça cartonne, je vais avoir beaucoup de mal à comprendre.
Allez, un petit coup de « c’était mieux avant » pour se remettre de toutes ces ondes négatives (mode vieux con Francis Cabrel on), et on ouvre les chakras :

Du coup, et toujours dans la veine de l’europop scandinave, je peux te dire que j’attends avec impatience (et appréhension) le come-back d’Aqua… ou mieux, tiens, celui de The Bucketheads.

Old Sluts : Lois & Clark (1993-1997)

Tiens, ça faisait longtemps que j’avais pas écrit de post « old sluts », moi. Faut dire que pour ce qui est du suivi, ici…

L’autre soir, je me suis collé devant la télé, et y’avait des rediffs de Lois & Clark : Les nouvelles aventures de Superman (qui ne sont plus très nouvelles depuis 15 ans, mais bon). Outre le fait que ça a vachement vieilli (effets spéciaux so 1992, brushings et fringues improbables, caractérisation des personnages tellement machiste que l’on se demande si une telle série pourrait voir le jour aujourd’hui…) et que ce n’est franchement plus aussi drôle que dans mon souvenir, j’ai été vachement surpris : les rediffs ont duré jusqu’à 5 heures du mat’, et j’ai tout regardé.

Comme quoi, à ce stade, la télé de qualité, c’est de la drogue dure.

Depuis cette époque, Teri Hatcher est passée par la case has been avant de revenir plus forte que jamais dans la peau de Susan Mayer, et Dean Cain… euh, je suis pas sûr, mais d’après wikipedia il fait encore des films (des direct-to-DVD ?). Le temps où il écrivait des sioupeurs articles pour le Daily Planet est bien loin, d’ailleurs je me demande aujourd’hui comment ils faisaient leurs recherches hyper poussées sur les suspects de leurs affaires criminelles improbables en moins de dix minutes, alors qu’ils avaient pas le ouèbe.

Un autre détail rigolo de la VF que je n’analysais point à l’époque, c’est que je me suis mis à reconnaître la voix de Buffy Summers dans la bouche de Lois et celle de Chandler Bing dans celle de Clark. La VF a au moins cet avantage là : créer un lien, voire, si on est pervers, un couple aussi improbable que Buffy et Chandler.

Dingue, non ?

Bon, je te laisse, y’a une rediff d’Hélène et les garçons, et là c’est l’épisode où Laly apparaît dans la série pour remplacer l’autre courge à cheveux courts totalement interchangeable qui l’avait précédée. Elle jouait mal dès le début, apparemment. Les scénaristes ont commis l’exploit de caser Laly avec Sébastien en un seul épisode, pour créer une belle symétrie quatre filles / quatre garçons / quatre couples.

Encore plus déglingo, non ?

Old Sluts : Screech (1989-1993)

Ok, ça va bien, les absents, tu vas rentrer de vacances ou bien ?

Aujourd’hui parlons culture, parlons abstraction, parlons trou noir esthétique des 90’s, parlons d’un programme emblématique de ta lointaine jeunesse. Saved by the Bell, si tu essayes de te la jouer « je vivais à New York en 1992 » (ringard), ça s’appelait Sauvés par le Gong

Mais si, souviens-toi. C’était diffusé dans Giga

Ah, tu te souviens pas de Giga. Ni de son sioupeur générique. T’es nul.

Bref.


Générique sauvés par le gong

Ça racontait (Sauvés par le Gong, hein, pas Giga) les aventures de cette espèce de fayot de Zack, le petit frère spirituel et mal dégrossi de Brandon Walsh (qui était déjà pas bien dégourdi) et le jumeau spirituel non diabolique de Parker Lewis ne perd jamais, qui racontait à la caméra ses mésaventures lycéennes que, du haut de mes huit ans, je trouvais über palpitantes. Le no life power en CE2, un drame social dont on ne parle pas assez. Engageons-nous, moi je dis.

Bon, et Zack, il avait une bande de potes stéréotypés comme dans toutes les séries américaines qui se passent dans un lycée. Il était amoureux de Kelly, la plus jolie pintade de son lycée qui avait un brushing qui lui nécessitait environ deux bombes de laque par jour et une personnalité de fille à papa. La petite princesse du lycée de Bayside, quoi. Ou la connasse, selon les interprétations (héritières : Kelly Taylor dans Beverly Hills, Cordelia Chase dans Buffy, Summer Roberts dans Newport Beach, Cassie Cartwright dans Greek).

Il y a avait un beau gosse sportif qui remplissait aussi la case latino dans la feuille de quotas de la prod’. Ça arrangeait tout le monde. Ce beau gosse, dont j’ai oublié le nom (mais pas le vrai nom dans la vraie vie : « Mario Lopez l’ex d’Eva Longoria ») était amoureux de Jessie, alias Elizabeth Berkley (dont j’ai déjà parlé) (faut suivre, j’t’ai dit) (t’es relou), alias la fille qui est jolie mais un peu moins que l’héroïne parce que plus complexée, qui est systématiquement la meilleure copine de l’héroïne justement (ça alors), et qui finit donc logiquement par tomber dans les bras du sous-fifre du héros. Jessie n’était pas laide, mais elle était grande comme une girafe et elle avait les cheveux frisés (pas de bol) (héritières : Joey Potter dans Dawson, Willow Rosenberg dans Buffy, Donna Martin dans Beverly Hills).

Enfin, pour compléter les quotas, il y avait une jolie black intelligente qu’on avait affublée d’un nom ridicule histoire de lui donner un potentiel comique : Lisa Turtle.

Et Lisa Turtle, elle était poursuivie des assiduités de… Screech.

Screech, qui c’était donc ? Bah c’était le meilleur pote de Zack, celui qui servait de caution comique à presque toute la série, parce qu’il était maladroit, un peu geek, nul en drague, mal sapé, attraction de foire quand il avait le malheur d’expérimenter un truc… Bref, celui qui se retrouve toujours célibataire à la fin, pendant que ses camarades batifolent dans les couloirs du lycée, se roulent des galoches et finissent même par convoler. Lui, il reste là à faire le guignol pendant toutes les années que dure la série (plus de dix ans si on compte les prequels, épisodes spéciaux et suites).

Mais il avait fini par sortir avec Tori Spelling dans la série (la chance !), quand même.

(Car ce qui est rigolo dans tout ça, c’est que Tori Spelling – la Donna Martin sous-fifre de Kelly Taylor dans Beverly Hills – avait un jour joué les guests dans la série et était sortie avec… Screech).

Bref, Screech, c’était un moche de service, quoi.

Comme tous les autres acteurs de ce sitcom cultissime, Dustin Diamond (de son vrai nom) a vaguement essayé de préserver sa gloire passée. Mais bon, ce fut un peu peine perdue. Il a quand même fait une sex tape en 2006, qui aurait fuité plus ou moins indépendamment de sa volonté (mais bien sûr…) sur le ouèbe. Malheureusement, il (ou son agent, peu importe) ne semblait pas avoir réalisé que PERSONNE ne veut voir une sex tape de Dustin Diamond.

Depuis je sais pas trop ce qu’il devient, mais j’ai entendu quelque part qu’il voulait faire un livre plein de révélations sur l’époque de la série (genre qui sautait qui, qui était une bitch en plateau, qui sniffait de la coke dans sa loge… chouette). Mais bon, le temps que ça traverse l’Atlantique, hein…

Tout ça pour dire que Screech, quand j’étais petit, il me faisait plutôt rire.

Et puis lorsque j’ai réalisé plus tard (genre en CM1) que j’avais plus le potentiel d’un Screech que d’un Zack, il a bien fallu que je compense cette triste réalité par un sens aiguisé de la LDP : quitte à ressembler à Screech, autant être son double maléfique.

Merci, Dustin.