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Le Labyrinthe

le labyrinthe

 

 

Je sais pas trop pourquoi, mais les blockbusters adolescents post-apocalyptiques me divertissent toujours avec succès. Je dois avoir le bon âge, ou être de la bonne génération pour cela. Alors certes, tous ne sont pas hyper réussis, et n’ont pas la profondeur psychologique ni le sens jouissif du Grand-Guignol d’un Battle Royale, mais ce sont toujours d’agréables moments en salles. Le fond de sauce est toujours le même : un héros / une héroïne teenager « spécial », qui va foutre le bordel dans un grand jeu de massacre injuste et tyrannique, imposé par des adultes pour des raisons souvent politiques, et qui va restaurer la justice et la liberté du monde entier à la seule force de son courage, de son ingéniosité et de son amûûûûûr. Il sera question de survie, de choix, de pertes d’êtres aimés, et si possible de communion avec la nature (pour le mode survie et la métaphore écolo), en arborant des fringues aussi intemporelles que possible pour que le stylisme futuriste ne rebute pas trop les téléspectateurs de Netflix en 2025. Et presque à chaque fois, le héros est le seul, de tous ses copains de galère remarquablement archétypaux et placides, à avoir un talent particulier qui va lui sauver les miches à de multiples reprises, ou des flashbacks hyper utiles pour faire avancer l’intrigue, ou une personnalité rebelle refusant la dictature quand tous les autres ont l’air d’avoir baissé les bras. Ou tout ça à la fois. Bon. C’est pas toujours hyper vraisemblable, mais il faut bien que le spectateur se projette dans quelqu’un en particulier, hein.

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Melancholia, sentiments mitigés

Mes Paris-Brest, et si on consacrait cette semaine de rentrée au cinéma ? Non mais oui (mais oui mais non), parce que c’est peut-être la rentrée (j’te jure, la rentrée en août) (je comprends pas de quoi je me plaignais au collège), mais on peut quand même faire semblant de conserver un semblant de vie culturelle sur les écrans, non ? Alors causons du film qui semble le plus diviser les gens que je croise depuis quelques semaines : Melancholia, le nouveau (psycho)drame apocalyptique de Lars Von Trier…

Je sais pas si tu te souviens, il y a deux ans, quand j’avais causé de Antichrist, je savais déjà pas trop quoi penser. Bon, ici, pas d’escalade de la violence, malgré un suspense haletant qui remue les tripes crescendo. Cela nous change des tortures sexuelles et des animaux mutilés repêchés dans un clip de Mylène Farmer. En revanche, comme pour Antichrist : 1) la présence hallucinée de Charlotte Gainsbourg (encore meilleure ici que dans Antichrist), et 2) l’esthétique léchée des images et la formidable qualité des lumières et des couleurs.
Deux séquences seront retenues par tout un chacun, et elles feront date dans la filmographie de Lars Von Trier : il s’agit bien évidemment des fameuses cinq premières minutes du film, dont tout le monde parle comme étant une « réponse » à The Tree Of Life de Terrence Malick, et des cinq dernières, d’une intensité rarement atteinte sur un écran (surtout avec si peu de moyens et d’effets spéciaux).
Le problème, c’est ce qui se passe entre ces deux scènes : pas grand chose. Bon, ce n’est pas le vrai problème, car il peut ne pas se passer grand chose dans un film, mais avec une atmosphère et un enjeu fort dans l’attente des personnages qui crée la tension et maintient l’intérêt (exemple, dans un registre complètement différent : Des hommes et des dieux). Mais là, hors des états d’âmes très clairement exprimés par le personnage de Claire (Charlotte Gainsbourg) dans la deuxième partie du film, on ne comprend que peu les motivations et problèmes rencontrés par les personnages.
Kristen Dunst épouse Eric Northman, le scoop de Melancholia
La première partie du film, consacrée au mariage de Justine (Kristen Dunst, prix d’interprétation cannois finalement mérité) (avouons quand même que ça sentait le prix de consolation politiquement correct), n’aide pas vraiment. Les mariés sont heureux et complices (mais en fait pas vraiment), les gens se parlent en se lançant des sous-entendus à la figure (mais ne les expliquent jamais), le père et la fille ont des trucs à se dire (mais on ne sait pas lesquels et ils ne se les disent pas), la patron de la fille a l’air rigolo (mais en fait il est méchant) (et on ne comprend pas trop pourquoi il veut qu’elle lui ponde un slogan immédiatement)… Bref, on ne comprend rien aux motivations des personnages. Juste qu’ils sont sacrément névrosés et qu’on ne sait pas trop quel est leur problème ou leur objectif…
Mais comme c’est la première partie du film et qu’elle dure bien une heure, bah ils m’ont un peu perdu en route. Le mariage se termine mal et on ne pige pas trop pourquoi ni comment, mais on s’en fout presque, tellement il y a eu peu d’éléments compréhensibles jusqu’alors. On s’en sort en se disant que Justine est dépressive et que sa dépression se révèle à cette occasion (malvenue). Mouais.
Charlotte Gainsbourg mariée à Jack Bauer, l’autre scoop de Melancholia
La deuxième partie, assez déconnectée de la première même si elle se déroule au même endroit et avec une partie des mêmes personnages, est centrée sur le personnage de Claire. Tout aussi dépressive et névrosée, cette seconde partie fait pourtant beaucoup plus sens, elle est bien plus limpide (limite simpliste, en fait) : il y a une vraie histoire, de vrais enjeux, un fil conducteur à peu près logique. La planète Melancholia, sur laquelle on avait eu quelques indices dans la première partie du film, s’approche désormais de la Terre. Pas vraiment de trace de frénésie populaire ou de tourbillon médiatique autour de cet évènement : on en est réduit à écouter ce que les personnages savent ou croient savoir. Claire, un peu parano, se laisse influencer par les théories alarmistes du web. Sa sœur Justine, qui a donc fait un mariage foireux dans la première partie, est en dépression et vient se reposer auprès d’elle. Les antagonismes et différences de caractère entre les deux sœurs vont surgir à l’occasion de cette période de flip. Les rôles s’inversent peu à peu, l’une perdant pied quand l’autre semble accepter, voire apprécier l’inéluctable. Les dialogues, tensions et rebondissements vont s’accumuler peu à peu, jusqu’à un final éblouissant et étrangement libérateur.Et au coeur de tout cela, cette planète, Melancholia, qui s’approche, s’éloigne, se rapproche, et qui comme les phases de la Lune semble jouer subtilement sur les émotions et les perceptions de chacun. Un travail de sape qui a peut-être commencé dès le mariage de la première partie, mais comme le reste, ce n’est pas très clair. Le seul personnage à peu près rationnel, John (Kiefer Sutherland, bien), nous abandonne à notre sort de spectateur en cours de route : nous devrons finir le chemin entamé avec les deux sœurs névrosées…

Visuellement, c’est l’un des plus beaux films de l’année, en tout cas. Ce qui vaut peut-être le coup de se laisser tenter et de détester cordialement, comme bien fréquemment, le cinéaste danois, son film ampoulé, ses états d’âmes grandiloquents, et sa « grosse branlette »

Kaboom (Shebam ! Pow ! Blop ! Wizz !)

Salutations, mes tartelettes à la rhubarbe, c’est encore moi.

Lundi soir, je suis allé au cinéma. C’est passionnant, n’est-ce pas ? Mais pas pour une séance basique, mes agneaux. Nan nan nan, c’était pour l’avant-première de Kaboom, le nouveau film de Gregg Araki, au cinéma UGC des Halles (où, comme chacun sait, c’est la zone) (mais là, on pouvait plutôt jouer malgré notre déplorable absence de gaydar à « Y a-t-il un hétérosexuel dans la salle ? »). Ce film, qui était en sélection officielle au Festival de Cannes 2010, y a obtenu la Queer Palm, un prix remis à un film à thématique LGBT qui pose de bonnes questions et fait avancer le schmilblick. Une manière comme une autre pour le Festival de Cannes de s’aligner sur ses concurrents, au premier rang desquels le Festival de Berlin et son Teddy Award. Dit comme ça, ça sonne un peu lobbying, de caser un prix « communautaire » au beau milieu d’un festival de cinoche, et on pourrait se demander, dès lors, pourquoi pas un prix du meilleur film avec une héroïne blonde, un autre du meilleur film sur les questions de racisme, ou encore un autre du meilleur film européen de la sélection, histoire de diluer complètement la compétition et de transformer la Cérémonie de Clotûre en gigantesque numéro de L’Ecole des Fans (mais en robes de gala et smokings) où tout le monde finit par avoir un prix.
Mais après tout, ça n’a pas beaucoup moins de sens que les Festivals entièrement consacrés aux films LGBT (films qui ont une fâcheuse tendance à être quand même bof bof, d’un point de vue cinématographique, avec des acteurs souvent inconnus voire semi-pro qui jouent comme des fourchettes, des dialogues gnan-gnan sur la solitude et le « je veux seulement être aimé » et/ou du cul à tout va).
Lundi soir, donc, on a eu droit à une petite remise de prix improvisée pour Gregg Araki. Même pas il était allé chercher son prix à Cannes, l’autre. C’est trop Pialat de l’attitioude ! C’était rigolo de le regarder recevoir son prix et causer de son film, tout petit et tout intimidé devant la salle de ciné (pleine comme un oeuf) : on aurait dit qu’il était encore étudiant en cinéma il y a cinq ans. Alors qu’en fait, trop pas (ouais, aujourd’hui je parle comme quand j’avais 18 ans, que j’étais beau comme un enfant fort comme un homme, tout ça) : le Gregg Araki, d’après sa fiche Wikipediu, il est né en… 1959. Il a cinquante piges, quoi. Je suis sur le séant, mes rutabagas, je suis sur le séant.
Ouais, bon, on en vient au fait, ou bien ?? Donc, Kaboom, qu’est-ce que ça pouvait bien donner ? Alors déjà, on a le CV de Gregg Araki pour se rassurer. Mysterious Skin, notamment, est cultissime. Et traumatisant. Certes, son cinéma est plutôt gay (Totally F***ed Up, The Doom Generation), mais sur l’ensemble de sa carrière, il semble y avoir un vrai projet, un ton, une patte. Et pis il y a cette sélection cannoise, aussi. Certes, ce n’est pas la garantie d’un bon film (loin de là), mais au moins la garantie d’un VRAI film, pas une espèce de sous-téléfilm destiné au rayon direct to DVD.
Et concrètement ? Bah je ne peux pas trop te parler du film, parce que te raconter ce que j’ai pensé de l’intrigue, de la narration et de la mise en scène, c’est déjà en dire trop. Le climat général est très « Arakien » (quand on adjectivise ton nom, pour un réalisateur, c’est quand même plutôt bon signe), avec sa manière habituelle de mêler des corps jeunes et farouches, du surnaturel, du bizarre, du queer et du sexe. Je ne peux que te conseiller d’y aller :
1) parce que sans être un excellent film, Kaboom est un exercice très amusant et réjouissant qui joue avec les règles du cinéma, avec les identités de ses personnages et avec la complémentarité des styles. Titillé, désarçonné, inquiet, j’ai quand même bien rigolé. Et je vois mal comment tu pourrais ressortir du film dans un autre état que : A/ enthousiasmé par tant d’audace et de délirium tremens, ou B/ scandalisé d’avoir raqué pour une telle daube (« Remboursay !! »).
2) parce que j’y ai rencontré ma nouvelle idole de la semaine du mois, Juno Temple, sorte de néo-Renee Zellweger cochonne et FAP perdue enchaînant les répliques biatch-cultes et les poses boudeuses savoureuses, et que je suis sûr que toi aussi tu vas l’aimer.

… et surtout :

3) parce que tu ne vas quand même pas te contenter de mon avis pour décréter qu’un film est bien ou pourrave, nan ??? Feignasse, va.

#30DaySongChallenge (24) : Une chanson que je voudrais qu’on joue à mon enterrement (ou pas)



Nan, je rigole. Evitez de glisser ça dans la playlist du buffet funèbre, mes loulous, ça risquerait de faire clamser mes parents s’ils ont le malheur d’être encore là pour ce sioupeur jour.
Nan, on va rester mainstream à pleurer (mais pas autant que les cruchasses qui auraient envie que leurs proches se passent « Goodbye my lover » de James Blunt à leur enterrement), et on va plutôt proposer au DJ de passer ça, pour vous faire guincher gaiement à côté du livre d’or et des canapés au saumon fumé (Note logistique pour les malheureux qui font se fader l’organisation : canapés, petits fours et pains, surtout que des trucs qui se bouffent à la main, s’ils passent à table ça va être glauque et certains de mes potes ne réussiront pas à s’incruster en loucedé) (si la mort doit servir à un truc, c’est au moins à bouffer à l’oeil en costard, non ?) :







L’un des chanteurs les plus sexuels de la planète avec une de ses ballades les plus sirupeuses… Cela devrait te faire pleurer et penser à mes goûts de chiottes, espèce d’ingrat !
Demain, on causera youplaboum et funky-town avec une chanson qui me fait rire (donc que tu devrais trouver affligeante) (dans le meilleur des cas).

Mon 30-Day Song Challenge :
Day 24 – Une chanson que je voudrais qu’on joue à mon enterrement
Day 25 – Une chanson qui me fait rire
Day 26 – Une chanson que je sais jouer sur un instrument
Day 27 – Une chanson que j’aimerais pouvoir jouer sur un instrument
Day 28 – Une chanson qui me fait me sentir coupable
Day 29 – Une chanson de mon enfance
Day 30 – Ma chanson préférée à la même époque l’année dernière