Archives par mot-clé : Oscars 2016

45 Years

 

45 Years boat scene

 

Bon, on va pas se mentir : ce serait une énorme surprise de voir Charlotte Rampling remporter l’oscar de la meilleure actrice cette année, en dépit de son prix d’interprétation au Festival de Berlin. Sa présence dans la sélection finale tient surtout à l’absence de Rooney Mara et Alicia Vikander, reléguées dans la catégorie « second rôle » (pour laquelle les producteurs de leurs films respectifs ont milité, puisque la concurrence y est moins rude), et ne devrait pas peser lourd face à Brie Larson, Saoirse Ronan et Jennifer Lawrence, qui ont largement plus brillé lors de la saison des awards. Et vu que l’Académie des oscars n’est pas connue pour ses palmarès surprenants…

Continuer la lecture de 45 Years

Carol

carol cate blanchett

 

Figure de proue du cinéma gay depuis Poison en 1991, Todd Haynes a su évoluer, de film en film, vers des productions capables de mêler thèmes subversifs et académisme policé. De Velvet Goldmine à Far From Heaven en passant par I’m Not There, l’homosexualité est ainsi toujours plus ou moins présente dans sa filmographie, à travers un narrateur, une androgynie ou un questionnement plus frontal des mœurs corsetées des sociétés occidentales. Toutefois, s’il avait bossé ces dernières années pour la télévision (Enlightened, Milderd Pierce), il avait plus ou moins disparu des salles, en tant que réalisateur, depuis près de dix ans.  C’était donc un petit événement de le revoir sous cette casquette, au Festival de Cannes 2015, avec Carol, un film qui a fait une belle unanimité sur la Croisette et qu’on prédisait aux plus hautes places du palmarès. Étrangement, il dû se contenter d’un prix d’interprétation féminine pour la seule Rooney Mara, négligeant au passage Cate Blanchett, peut-être punie pour son cabotinage de femme fatale bourgeoise 50s, ou peut-être pour ne pas trop encombrer la catégorie puisqu’Emmanuelle Bercot avait également été récompensée, ex-æquo avec Mara, et qu’on sait bien que Cate Blanchett, telle une Marion Cotillard ou une Meryl Streep, est à Cannes à peu près chaque année ; on a donc encore le temps, et d’autres occasions, de la récompenser à l’avenir. Reste que, parti si tôt parmi les favoris des oscars 2016, Carol s’est logiquement fait rattraper en route par les The Big Short, The Revenant et autres Spotlight, et ne devrait au final avoir de réelles chances de figurer au palmarès que pour ses costumes (et encore, il y a du lourd en face) et Rooney Mara, assez inexplicablement reléguée second rôle, si elle s’impose face à Alicia Vikander. Une bien étrange campagne de la part de la Weinstein Company, pour l’un des mélos lesbiens les plus ambitieux et les plus mainstream de ces vingt dernières années.

 

Continuer la lecture de Carol

Vanity Fair Hollywood Issue 2016

vanity fair hollywood issue 2016

 

En pleine polémique #OscarsSoWhite bis, Vanity Fair frappe juste avec son Hollywood Issue 2016, 100% féminin, 100% fierce, et ouvert aux minorités. Viola Davis est méconnaissable, Jane Fonda a réussi à s’incruster dans le premier tiers (qui, en-dehors de J-Law, semble avoir pris le parti de l’anti-jeunisme), Helen Mirren a l’air de s’ennuyer ferme. Mais c’est quand même, comme chaque année avec Annie Leibovitz, une des plus belles photos « résumant » le sommet de la chaîne alimentaire du showbiz US. On a donc, sous l’objectif de la photographe, 13 actrices qui ont fait 2015 à Hollywood, et qui vont faire 2016. Parmi elles, les cinq nommées de l’année à l’oscar de la meilleure actrice : Jennifer Lawrence, Cate Blanchett, Charlotte Rampling, Saoirse Ronan (dont on ne sait toujours pas trop comment prononcer le nom, mais apparemment c’est un peu comme Cersei Lannister) et l’ultra-favorite Brie Larson. Vanity Fair a eu du flair, ce shooting ayant probablement été réalisé avant les nominations. La thématique de l’année, le total look black, est élégante mais un peu austère, du coup.

Continuer la lecture de Vanity Fair Hollywood Issue 2016

Spotlight

 

Spotlight poster

 

 

Je comprends pourquoi Spotlight n’est pas un favori très clair pour les oscars 2016, et notamment pour l’oscar du meilleur film. Dans un palmarès où se côtoient de grands films et des vainqueurs que tout le monde, ou à peu près, a oublié, la tentation est grande récompenser un film qui fait tranquillement l’unanimité, plutôt que de se laisser gagner par le coup de cœur du moment, qu’on regrettera vingt ans après. Si certains gagnants de l’oscar du meilleur film brillent encore aujourd’hui au firmament de l’histoire du cinéma (Annie Hall, Titanic, Le Parrain, West Side Story), force est de constater que parfois, les votants se laissent influencer par la mode de l’instant, un momentum qui atteint son climax dans les temps, ou plus probablement une bonne campagne de lobbying, pour inscrire au Panthéon de l’histoire du cinéma des films que plus personne n’aura envie de voir trois ans plus tard. Pire, de désigner ce type de film alors qu’il y avait plus marquant, plus important en face. Il en va ainsi de Shakespeare In Love qui s’imposa contre Il faut sauver le soldat Ryan, Un homme d’exception contre Moulin Rouge, Danse avec les Loups contre Les Affranchis, Gandhi contre E.T., Crash contre Brokeback Mountain, Ordinary People contre Raging Bull, Qu’elle était verte ma vallée contre Citizen Kane, Le Tour du Monde en 80 jours contre Les Dix Commandements, The King’s Speech contre Inception, The Social Network ou même Toy Story 3. La responsabilité des votants des oscars, c’est d’inscrire au palmarès, chaque année, un film qui va rejoindre une liste sur laquelle figurent Autant en emporte le vent, Casablanca, My Fair Lady, Schindler’s List

Continuer la lecture de Spotlight