Archives par mot-clé : Pierre Niney

Vice Versa

 

Joy (voice of Amy Poehler) ©2014 Disney•Pixar. All Rights Reserved.

 

 

C’est quoi, d’abord, ce titre français ? Inside Out, le titre original, est tellement plus clair, plus logique, évoquant aussi bien l’action qui se passe à l’intérieur de l’esprit d’une fillette que les chamboulements qui mettent sa vie sens dessus-dessous. Vice Versa, ça renvoie à quoi, au juste ? Ce n’est pas bien grave, mais pour l’idée la plus perchée que Pixar (qui commence franchement à patauger dans la même logique de franchises que les grands studios, si réussies les suites de Toy Story, Le Monde de Nemo, Cars, Monstres et Cie ou Les Indestructibles soient-elles) ait eu depuis longtemps, c’est un peu dommage de perdre un peu plus le spectateur avec un titre abscons.

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Un homme idéal

 

UN HOMME IDEAL, un film de Yann Gozlan avec Pierre Niney et Ana Girardot

 

J’aurai mis le temps à le voir, celui-là. Je ressens régulièrement à l’égard des films ce que, je crois, la promotion cherche à nous faire ressentir : une forte envie de les voir dans les semaines qui précèdent leur sortie, une urgence à les voir dans les deux-trois jours suivant leur sortie, puis une légère indifférence, passé ce délai, si jamais je n’ai pas réussi à les voir. Le côté so semaine dernière, peut-être, et l’enthousiasme qui se refroidit une fois que la moulinette des critiques a dépecé le film. C’est comme ça, par exemple, que je suis passé à côté de Fifty Shades of Grey, assez indifférent au phénomène littéraire qui le précédait, imperméable à la période de promotion de ce que je percevais comme un Twilight avec des slings à la place des vampires, puis résistant à la pression des premiers jours de sortie, lorsqu’il était impossible de prendre le métro, ouvrir un magazine ou traîner en ligne sans tomber sur un contenu lié au film. Et bah une semaine après, c’est à peine si je me souvenais qu’il était sorti, et mon éventuelle curiosité pour le phénomène culturel avait totalement disparu. Comme quoi, les premières semaines d’exploitation d’un film sont bien les plus cruciales, blockbuster ou pas, envie de le voir ou pas. Mais dans ce cas précis, je me suis accroché, ma curiosité persistait, quitte à le voir trois semaines après sa sortie.

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César 2015 : le nommés probables

C’est ce mercredi que seront annoncées les nominations de la 40ème cérémonie des César, qui sera présentée par Edouard Baer et présidée par Dany Boon (!!). Bon, on ne s’attardera pas sur le fait que, comme chaque année, tout le monde semble s’en taper avant que les nominations ne soient effectivement annoncées (et encore…). C’est que, contrairement aux oscars, les César ne sont pas précédés de 150 cérémonies d’awards qui font monter la sauce autour des mêmes nommés. Mais bon, si on avait pu trouver quelqu’un d’autre que Dany Boon pour le 40ème anniversaire de la « grande messe » du cinéma français, ça ne m’aurait pas semblé déconnant non plus. Même Besson, à ce stade, j’y aurais davantage cru. De toute façon, la fournée 2014 du ciné français n’était pas fameuse-fameuse, surtout en comparaison avec les deux-trois dernières, qui ont vu de jolis succès pour des films estampillés « pas une grosse comédie bien grasse » émailler des saisons d’ordinaire un peu sinistrées. Mais bon. Petit jeu des pronostics, à vue de nez, des nommés possibles dans les catégories principales, au regard des succès publics et d’estime de l’année écoulée :

 

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Yves Saint Laurent, rien ne dépasse

yves saint laurent pierre niney charlotte le bon

 

Qui en a ras-le-bol des biopics ? Tout le monde, hein. Mais bon, le cinéma, français ou hollywoodien, continue à en produire à la pelle, et on continue à aller les voir, c’est un peu de notre faute, tout ça. Au passage, la tendance du biopic permet à de nombreux acteurs d’ajouter César, Oscar, BAFTA ou Golden Globe à leur CV : ils remercient donc Idi Amin Dada, Aileen Wuornos, Elizabeth II, Françoise Sagan, Virginia Woolf, Edith Piaf, Ray Charles, Leigh Anne Tuohy, Władysław Szpilman, Claude François, George VI, Serge Gainsbourg ou encore Abraham Lincoln. Et de profiter d’une grande vague culturelle érigeant le passé et la nostalgie en étalons de l’idéal de vie, étalant sous nos yeux forcément ébahis la mode, la naïveté, l’élégance et le kitsch des décennies les plus emblématiques du XXème siècle, qu’on autopsie sur pellicule pour sa postérité. C’est qu’au moins, dans les années 50, z’avaient la syphilis et le Maccarthysme, mais ils savaient s’habiller et fumer avec élégance. Ou comment Paris s’est rempli de jeunes gens arborant moustaches et gilets ringards qu’ils détestaient porter au primaire, juste pour faire la jonction entre le lifestyle des Trente Glorieuses et l’hyper-connectivité de 2014. Bref, comme on est en pleine criiiiiiiiise depuis six ans (ou plus, on ne sait plus) et qu’on a besoin de se lustrer l’égo national, on ne pouvait pas éternellement échapper à un mythe du made in France du calibre d’Yves Saint Laurent, dans la galaxie des biopics.

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