Archives par mot-clé : Pop Culture

Batman v Superman : L’Aube de la Justice

 

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Le parcours en salles de Batman v Superman aura été pour le moins bizarre : mal perçu dès que Ben Affleck a été annoncé au casting dans le rôle de Batman, vaguement fusillé par la critique à sa sortie, le film a dépassé les 785 millions de dollars de recettes mondiales en à peine quinze jours, et devrait sans peine dépasser Zootopie pour devenir le plus gros succès de 2016. Comme quoi, les franchises de superhéros, même hors de Marvel, continuent de déplacer les foules, les critiques ciné se révélant relativement impuissantes. Le bouche-à-oreille pourrait être défavorable et freiner l’ascension du film lors des semaines suivantes, mais de fait, l’immense rejet initial dont il a fait l’objet, mêlé à l’insurmontable curiosité de grand public qui s’y est risqué, a paradoxalement fini par aider le film. Car s’il y a bien un truc qu’on se dit en sortant de la salle, c’est que certes, Batman v Superman n’est pas un très bon film, certes, il a plein de défaut… mais ce n’est franchement pas la catastrophe industrielle intersidérale qu’on nous avait annoncé.

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Brooklyn

 

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Grand oublié du palmarès des derniers oscars, Brooklyn n’était malheureusement le favori d’aucune des trois catégories dans lesquelles il était nommé. Éclipsé par Spotlight dans la catégorie Meilleur film, par The Big Short dans la catégorie Meilleur scénario adapté (après les scénarios de An Education et Wild, Nick Hornby était pourtant un nom crédible, mais ce sera pour une prochaine fois)  et Brie Larson dans la catégorie Meilleure actrice, Brooklyn a bien vite été estampillé « petit film » remarqué à Sundance début 2015, mais qui n’avait plus aucune chance de faire autre chose que de la figuration une fois que, l’automne venu, les gros studios sortiraient leur artillerie lourde à l’approche des Golden Globes. Et c’est franchement dommage, car le film de John Crowley est l’un des plus jolis films de ce début d’année.

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50 couvertures d’albums qui traverseront le temps

 

 

Un peu comme avec les livres, une grande partie de la phase de séduction (et donc de décision) avant d’acheter (ou de cliquer sur le lien streaming, hein) un album, outre le fait de déjà connaître l’artiste ou d’en avoir entendu parler par la presse, par le web ou par une connaissance, va se jouer dans les quelques secondes dont dispose la couverture pour te marquer la rétine. Une habitude héritée du disque (vinyle ou CD), qui pourrait sembler obsolète aujourd’hui mais qui demeure un élément central du mix marketing de la musique en 2016. Un petit carré qui vient illustré la « fiche » ou la page de stream d’un album quel qu’il soit. On peut imaginer que dans quelques années on se sera affranchis de ce format carré, voire de la nécessité d’accoler une seule image à un œuvre donnée pour lui servir de « visage », mais en attendant la couverture, ça reste une part non négligeable de l’identité d’un album, qui peut t’en détourner ou te faire décréter que ça a l’air naze, ou pas pour toi, avant même d’avoir essayé. Pourtant, quelques-unes retiennent fortement l’attention au premier regard et, que ce soit parce que l’album en question a eu beaucoup de succès par la suite ou juste parce que le visuel est puissant, sont entrées dans l’histoire de la pop culture, de manière au moins aussi marquante que le matériau musical qu’elle promeuvent… A ce titre, même dans plusieurs décennies (et certains en ont déjà quelques-unes sous le capot), il y a fort à parier qu’elles continueront de fasciner et de pousser les novices à tendre la main (ou le clic) vers elles. Iconiques, graphiques, atypiques ou juste trop belles ou trop fortes pour qu’on ne s’y attarde pas, elles ramènent la musique à sa pleine dimension d’objet, et si possible de bel objet, pour que l’expérience esthétique soit complète. Et bien souvent sans que l’artiste (photographe, dessinateur) ne bénéficie de la même visibilité que les musiciens, alors que son impact sur le destin de l’album peut se révéler aussi fort que le contenu musical lui-même. Une petite cinquantaine de couvertures qui titilleront probablement la curiosité des internautes des futures générations dans vingt, trente ou cent ans, indépendamment de la qualité des contenus qu’elles cachent.

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Deadpool

 

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C’était LE sujet pop culture incontournable sur le web cette semaine : Deadpool, le succès « surprise » de Marvel au box-office mondial. Surprise parce que c’est un héros a priori moins connu du grand public (et donc moins bankable sur le papier) que Spider-Man ou Hulk ; surprise aussi parce que la tête d’affiche est Ryan Reynolds, un acteur réputé pour son absurde capacité à truster des premiers rôles alors qu’il enchaîne les fours commerciaux (un peu comme Taylor Kitsch), les gros studios lui manifestant une confiance assez hallucinante compte-tenu de son passif au box-office. D’ailleurs, Green Lantern avait déjà laissé une trace assez indélébile, côté blockbuster de superhéros, dans la filmo du pauvre Ryan, qui depuis 2011 n’a joué que dans des daubes qui se sont vautrées en salles (Echange standard, RIPD) ou dans des films indés dans lesquels il n’était pas mauvais, mais qui n’avaient de toute façon pas vocation à taper dans les 100 millions de dollars de recettes (The Voices, Captives, La Femme au tableau). Bref, Ryan Reynolds, c’était pas vraiment un foudre de guerre du box-office mondial, mais le garçon est tellement ridiculement un cliché du beau gosse américain bas du front mais plein de sex-appeal, et a tellement d’obstination et de suite dans les idées, qu’il a fini par, enfin, imposer le rôle qui devrait lui donner le statut de superstar mondiale, après lequel il court depuis vingt ans. Deadpool a en effet engendré 135 millions de dollars de recettes aux États-Unis en un week-end. Du jamais-vu pour un film Rated R, interdit aux moins de 17 ans, depuis Matrix. Ce lundi 15 février étant un jour férié aux États-Unis (le Presidents’ Day), les prédictions tablent même sur 150 millions de recettes sur trois jours.

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