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Drake – Hotline Bling

 

 

 

 

Apple Music pouvait difficilement rêver d’un ambassadeur hip-hop plus pertinent que Drake, même si Pharrell Williams a bénéficié d’un peu plus de visibilité quand il a signé avec eux. Car ne nous leurrons pas, tout attendu qu’il soit, pour illustrer un hit-surprise issu, parmi d’autres chansons-tests, du futur album Views From The 6 (où sont attendues, en guest, Beyoncé, Willow Smith et Tinashe), ce clip ne sert qu’à nous pousser, tous, moi compris, à faire tourner un lien Apple Music sur les internets, vu que c’est la seule plateforme sur laquelle nous le trouverons « légalement » ces prochains jours. C’est que l’esthétique overlookée, à la fois fashion et soigneusement épurée, bien souvent dépouillée de tout discours social ou aspérité ghetto, qu’affectionne le rappeur canadien, est en parfaite osmose avec la marque à la pomme. Surtout ici, avec cette inspiration puisée dans l’univers de James Turrell. D’ailleurs, à bien regarder le clip de Hotline Bling (le plus gros hit de Drake à ce jour aux États-Unis, numéro 2 au Billboard Hot 100) (car oui, en dépit du fait qu’il est outrageusement célèbre et que ses albums font l’événement à chaque parution, Drake n’a jamais eu de single classé numéro 1) (non, même pas Hold On We’re Going Home) (ni Started From The Bottom) (au pire, son featuring sur le What’s My Name? de Rihanna il y a cinq ans), on dirait une pub pour un iPod.

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Les filles de la pub

 

Ouch. On connaît le cliché de la femme ni-ni, et le petit stratagème employé par Octave Parango dans 99 Francs pour imposer sa copine Tamara dans une pub pour du yaourt (proposer une fille métisse à l’annonceur, qui s’exclame « Non mais qu’est-ce que c’est que cette noire ? »). Pénélope Bagieu a profité de son intervention lors d’une soirée de mobilisation contre le racisme organisée le 2 décembre au Théâtre du Rond-Point pour raconter une anecdote, assez similaire dans le fond, qui déroule le mode de pensée et le racisme ordinaire que la pub flatte et entretient, non pas par véritable mauvais fond, mais par sa bête et méchante nécessité de plaire au plus de monde possible, de ratisser large, de ne surtout pas gêner la sensibilité du consommateur, dont il serait trop bête de se priver du pouvoir d’achat juste parce qu’il est un peu raciste, m’sieurs-dames. Ou comment on se retrouve, toujours, avec des pubs lisses, merdiques, pas marrantes, juste parce que la différence, c’est flippant, c’est clivant, faudrait pas déranger les racistes, les grossophobes ou les misogynes dans leur confort intellectuel. L’objectif, c’est de vendre de la lessive, des plats cuisinés ou des appareils électro-ménagers (à très court-terme, donc), pas de changer le monde, d’essayer d’être disruptif ou de dépasser les préjugés. Le pire, c’est qu’à chaque diapositive de son Powerpoint, je voyais pourquoi l’annonceur allait dire non, en une demi-seconde, avant que Pénélope Bagieu n’ait eu besoin de l’expliciter (et encore, même la rousse retenue à la fin, ça m’a presque étonné). Preuve que, même si on voudrait se croire au-dessus et, en bossant dans le secteur concerné, s’imaginer capable de faire bouger les lignes, cette manière de réfléchir est bien plus implantée qu’elle en a l’air, et que bien qu’on la dénonce, on ne s’étonne même plus qu’elle existe.

Sébastien Chabal partout

Mes cocktails de crevettes, as-tu remarqué ce fléau ? Ces derniers-temps, une espèce de grande chose barbue nommée Sébastien Chabal, qui doit 95% de son « charisme » à son stylisme capillaire hirsute so atypique et au fait qu’il pratique le sport popularisé auprès du public lambda par le Calendrier des mecs à poil Dieux du Stade, a décidé d’envahir nos écrans publicitaires avec la voracité d’une colonie de poux. C’est carrément insupportable.
Dans un excès très Zidanesque, on retrouve donc le Chabal en porte-étendard d’une mutuelle inconnue au bataillon (spot dans lequel il est absolument navrant).

En joueur bluffeur pour un site de Poker en Ligne.

En ambassadeur d’une marque de bagnoles.

Aperçu vidéo

Le voila bientôt plus bardé de logos qu’un poulet fermier AOC. Alors certes, je veux bien que ce mec, à la base, il soit tourneur-fraiseur dans le rectum de la Drôme et que tout ce talent pour le rugby, toute cette popularité et tous ces contrats publicitaires, ce soit inespéré et qu’il ait envie de les exploiter à donf’ pour mettre sa petite famille à l’abri du besoin…
Mais franchement, du côté des marques, il faudrait peut-être se demander si on ne frise pas la surdose. Perso, je ne suis pas du tout le rugby : je m’en fiche un peu, j’aime pas les sports collectifs de mecs, je ne suis pas dupe du phénomène « Calendrier des Dieux du Stade », je comprends pas les règles et en plus il n’y a même pas de caméras cachées dans les douches. Ce sport n’a donc, dans les faits, aucun intérêt à mes yeux. Du coup, en tant que non-aficionado pas submergé par les informations sur la Coupe du monde de rugby (ce truc de 2007, là, seul moment, ces dernières années, où il était vraiment impossible d’y échapper au quotidien) (et encore, c’est parce que la France était pays hôte), et bah pour moi, Sébastien Chabal, ça fait juste 3 ans qu’il n’a rien fait d’intéressant ou de marquant.
Que fait donc ce has-been dans des pubs, 3 ans après la Chabal-mania ??
Bon, je reconnais qu’en me renseignant un minimum sur le palmarès du monsieur, j’ai pu constater qu’il en avait encore dans les jambes et qu’il n’était pas exactement un has been. Mais 1) est-ce que le téléspectateur moyen qui ignore que Sébastien Chabal est encore en activité hors équipe nationale prend le temps d’aller se délester de ses doutes sur Wikipediu, et 2) est-ce que cette omniprésence n’est pas, de toute façon, vaguement irritante et antipathique, quand bien même Chabal n’est pas has been et a le charisme deus ex sportiva de Zinédine Zidane (un autre à avoir un peu trop tiré sur la corde publicitaire, à sa grande époque) (un peu comme Jo-Wilfried Tsonga ou Sébastien Loeb, d’autres têtes de gondoles un peu surexploitées également) ?
Maintenant qu’il fait la pute le porte-parole pour trois marques, je me demande qui sera le prochain pilou qui utilisera Sébastien Chabal pour vendre sa came. Une marqué de pâtes qui donnent des sucres lents pour tenir tout l’après-midi sur le terrain de rugby ? De shampooing pour soigner sa crinière emblématique dans les vestiaires ? De céréales pour être en forme toute la journée et que même que s’il n’avait pas mangé ces céréales-là depuis la petite enfance il serait jamais devenu sportif de haut niveau ? Dans tous les cas, je serais bien curieux de savoir si le Chabal joue vraiment au Poker en ligne, s’il conduit vraiment une Seat et s’il était à la SMATIS avant d’en faire la pub…

Put your hands up in the air

Ami des arts scéniques, bonjour. Ennemi des arts scéniques, dégage (bon, nan, en fait tu peux rester) (je vais pas faire le difficile si tu kiffes pas les concerts, non plus) (je peux pas me permettre, vu que tu ne me lis déjà pas trop en masse et que dès que je ne te propose pas un article destiné à me vanner, tu fuis) (ma vie n’est pas facile, tu sais).

Je sais pas toi, lectorat, mais moi je la trouve cool cette affiche Rock en Seine 2009. Et par affiche, j’entends bien sûr la programmation qui nous est proposée, mais aussi la création visuelle.

The Offspring, ça fait des années qu’ils ne m’intéressent plus, mais j’en garde des souvenirs du collège, et surtout un gros regret, en classe de seconde, lorsque j’ai eu l’immense privilège d’assister à la première partie de leur concert… et ce fut tout. Oui, oui : la première partie, un obscur groupe pseudo métalleux qui ne m’intéressait pas le moins du monde et dont je n’ai rien retenu. Car quand le groupe de Dexter Holland est enfin arrivé sur scène, nous avons dû repartir. Petite précision, pour une meilleure compréhension : j’y étais avec une coupine, ma chère génitrice (bah ouais, on avait que quinze ans) (mouarf)… et un intrus.

Mon petit frérounet.

Cette pôôôôôvre petite chose fragile…

Qui ne supportait pas l’odeur de la beuh, à l’époque.

Et qui, soudain immergé dans cette salle bondée de djeunz futurs fans de Sum 41 (mouarf), façon rebel without a cause (mais avec quand même une puissante revendication de leur droit aux consommations végétales alternatives), s’est donc mis à faire ceci un peu partout:

« Hi Stan ! »

Masse blase j’étais, comme dirait l’autre, puisqu’avec le frérot dans cet état-là, une deuxième personne est mécaniquement devenue intruse de ma soirée « concert rebelle » : ma très chère mère, qui ne pouvait supporter de voir sa progéniture se vider ainsi la panse sans réagir. Partir il fallut. Autant te dire que ce soir là, moi, pas de pitié : le frangin, je l’aurais achevé à la pelle pour rester. Je suis un grand frère formidable, je suis sûr que tu aurais adoré imiter mes moindres faits et gestes entre tes 2 et tes 19 ans si j’avais été le tien. Tu aurais eu tort, mais tu aurais adoré quand même. Et ce soir là, toi aussi tu aurais essuyé sans broncher les reproches assassins émis par ma voix à demi muée. Mais bon, en vrai, j’ai dû me contenter de faire la gueule pendant tout le trajet du retour (et les deux jours suivants aussi) (je t’ai déjà dit que j’avais été un ado sage mais exécrable ?).

Bref, on s’égare avec tes billevesées, là, où on en était ?

Ah oui, donc il y aura The Offspring à ce festoche. Et pis Oasis, aussi. Je suis pas un fan absolu mais ça doit rendre bien, sur scène, quand les frères Gallagher ne s’engueulent pas cinq minutes avant le début dans les coulisses. Et j’ai quelques souvenirs de The Prodigy. Si, si, toi aussi. Si l’on ajoute à cela que je serais assez curieux de voir ce que valent les MGMT sur scène, je commence à me dire why not (et conséquemment, so what), pour le festoche Rock en Seine 2009.

Juste une petite réserve, tout de même : bah, et Amy Winehouse, alors ?… Moi, à la place des organisateurs, je l’aurais aussi annoncée sur l’affiche, just for fun…